01/12/2009 à 15h:03 Par Pierre Boisselet
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Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le 4 février 2009 à l'Elysée Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le 4 février 2009 à l'Elysée © AFP

Le ministre français des Affaires étrangères se réjouit du rétablissement des relations diplomatiques avec le Rwanda. Il écarte toute « repentance », mais veut rétablir la coopération culturelle.

« C’est une très bonne nouvelle », s’est réjouit le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur RFI le 30 novembre, après l’annonce de la reprise des relations diplomatiques avec le Rwanda. C’est le résultat « d’un long travail », a-t-il insisté, évoquant les rencontres entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue rwandais Paul Kagamé, ainsi que ses propres voyages à Kigali.

« Ce n’est pas Claude Guéant qui a décidé ! »
Il a en revanche écarté tout rôle décisif du secrétaire général de l’Elysée également conseiller sur les questions africaines, Claude Guéant. Agacé par les questions de Christophe Boisbouvier, il a fermement affirmé : « Ce n’est pas Claude Guéant qui, en une seconde, a décidé au dernier moment. Voyons ! » Le communiqué de l’Elysée annonçant le rétablissement des relations diplomatiques, faisait pourtant état d’un entretien entre Kagamé et Guéant à Kigali dimanche.
Interrogé sur ce qui a amené le président rwandais à réviser sa position, Kouchner a cité le déplacement de deux juges françaises au Rwanda « pour suivre des affaires qui concernent les deux pays ».
Il a en revanche réfuté toute intervention de l’exécutif concernant les mandats délivrés par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière contre neufs proches de Kagamé. Emis dans le cadre de l’enquête contre l’attentat qui a tué l’ancien président Juvenal Habyarimana - point de départ du génocide -, ces mandats avaient été à l’origine de la rupture entre les deux pays en novembre 2006.

Pas de repentance

Si le ministre français des Affaires Etrangères avait admis « une faute politique » lors de sa visite à Kigali début 2008, il a écarté toute idée de repentance de la part France hier. Bernard Kouchner a par ailleurs affirmé que la reprise des relations n’avait aucun lien avec l’entrée du Rwanda au Commonwealth.
Cela ne l’a pas empêché d’être offensif sur la place du français dans ce pays. « Le centre culturel [français à Kigali] est mangé par les rats », a-t-il dénoncé. Un an après que l’anglais est devenu la première langue étrangère enseignée dans les écoles rwandaises, il a annoncé sa volonté de « se battre pour que le français reprenne sa place ».
 

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