26/11/2009 à 16h:18 Par Lauranne Provenzano
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les journalistes redoutent d'être indirectement censurés par la Fifa. Les journalistes redoutent d'être indirectement censurés par la Fifa. © AFP

Les médias sud-africains sont en colère : les organisateurs du Mondial 2010 leur imposent un règlement ambigu, qui selon eux pourrait attenter aux libertés de la presse.

Levée de boucliers dans le milieu journalistique sud-africain. La couverture du Mondial de football, l’année prochaine, pourrait être perturbée par le règlement restrictif imposé à la presse par la Fifa (Fédération internationale de football), selon le quotidien Business Day.

En cause, un paragraphe de l’accord signé entre la Fifa et les journalistes demandeurs d’une accréditation. Cette clause, pour le moins obscure, stipule que tout comportement nuisant à l’image de la Fifa ou du comité local d’organisation pourra être sanctionné par un retrait de l’accréditation.
D’où le malaise des reporters : qu’entend la Fifa par « comportement nuisible » ?

Pour le Forum des éditeurs sud-africains (Sanef), l’équation est claire : s’essayer à critiquer la Fifa ou ses comités reviendra à être privé de matches et de tous les événements en marge de la compétition.

La préparation de la Coupe du monde a été marquée par plusieurs grèves et manifestations, notamment des ouvriers chargés de la construction des stades et infrastructures sportives. Dans ce pays très syndiqué, l’enjeu est donc de taille. Si de nouvelles échauffourées éclataient alors que le monde aura les yeux braqués sur la nation arc-en-ciel, la Fifa ne manquerait d’être éclaboussée par le scandale. Or, la Fédération veut un Mondial calme, festif, et surtout pas générateur de tensions sociales.

La Fifa ambigüe

L’affaire fait d’autant plus polémique que les médias se sentent « piégés » : l’adhésion à la charte de la Fifa s’est faite via le site internet de la Fédération. Et ce n’est qu’une fois l’accord signé que les journalistes se sont aperçus du pot-au-rose et des restrictions qui les concernaient.

En outre, ils dénoncent une méthode arbitraire, qui ne contraint pas les organisateurs du Mondial à leur fournir une explication avant de leur retirer leur accréditation.

Le Sanef et la Fifa sont actuellement en discussion pour tenter de clarifier le problème. Celle-ci affirme qu’il ne s’agit que d’un « malentendu » sur les mots, et promet qu’elle n’entravera pas la liberté éditoriale des journalistes. Si la Fifa craignait d’avoir mauvais presse, il est trop tard...
 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Afrique du sud

Tennis : les Africains de Roland Garros

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du te[...]

Afrique du Sud : Chris Mahlangu reconnu coupable du meurtre d'Eugène Terreblanche

Chris Mahlangu, un jeune ouvrier agricole, a été reconnu coupable du meurtre d’Eugène Terreblanche, le sud-africain fondateur d’un mouvement pro-apartheid, retrouvé battu à mort[...]

Afrique du Sud : acte de vandalisme sur la toile représentant Zuma le sexe exhibé

La peinture polémique, qui représente le président sud-africain Jabob Zuma avec les parties génitales exhibées, a été vandalisée mardi 22 mai, dans la Goodman Gallery de [...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

Afrique du Sud : l'art, l'ANC et le pénis du président

Le ton monte en Afrique du Sud entre le Congrès national africain (ANC) et la Goodman Gallery de Johannesburg. Le parti au pouvoir s’est insurgé contre une œuvre de l'artiste Brett Murray qui y est[...]

Afrique du Sud : Frederik de Klerk en eaux troubles au sujet des bantoustans

L'ancien président sud-africain, Frederik de Klerk, a tenté d’éteindre, dans un communiqué publié mercredi 16 mai, la polémique née de son refus de s’excuser pour la[...]

France : Jean-Marc Ayrault, un Premier ministre à la fibre africaine

La France connaît le nom de son nouveau Premier ministre. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et maire de Nantes, remplace François Fillon à[...]

Union Africaine : toujours pas de solution à la question de la présidence de la Commission

Réunis lundi 14 mai à Cotonou, les huit dirigeants du comité ad hoc de l’Union africaine ne sont pas parvenus à trouver une solution face à l’épineuse question du choix[...]

Gabon - BTP : Ali double la mise

Le président Bongo Ondimba souhaite investir 18 milliards d'euros en cinq ans via l'Agence nationale des grands travaux. C'est deux fois plus que ce qu'il avait annoncé en octobre.[...]

Agrobusiness - Sucre : un déficit à combler

L'Afrique subsaharienne voit l'écart se creuser entre sa demande et sa production. Une opportunité pour les compagnies sucrières, qui commencent à se redéployer, notamment au Nigeria.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers