31/10/2009 à 10h:46 Par Avec AFP
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L'ancien président français est renvoyé devant la justice L'ancien président français est renvoyé devant la justice © AFP

Après le renvoi de Jacques Chirac devant le tribunal correctionnel pour l'affaire des chargés de mission de la mairie de Paris, les réactions de la classe politique ne se sont pas fait attendre.

Le président Nicolas Sarkozy s'est refusé à tout commentaire: "Il existe un principe qui est celui de la séparation des pouvoirs. Je suis le président de la République, successeur de Jacques Chirac. S'il y a bien quelqu'un qui ne peut présenter le moindre commentaire, c'est moi. Quels que soient les sentiments que j'ai pu avoir à l'endroit de Jacques Chirac, je ne peux faire aucun commentaire", a-t-il insisté.

Ségolène Royal, présidente socialiste de Poitou-Charentes, est restée mesurée: "Même s'il le mérite, je pense que ce n'est pas bon pour l'image de la France". "Ce sont des affaires très anciennes" et "aujourd'hui Jacques Chirac a sans doute beaucoup de choses à se reprocher si la justice le poursuit mais en même temps il a donné beaucoup au pays". "Aujourd'hui, c'est un homme qui mérite d'être tranquille", a conclut la socialiste, tout en tempérant: "En même temps il faut que la justice soit la même pour tous", "pour les petits comme pour les puissants".

 Jean-Marie Le Pen, président du Front national a pour sa part estimé que le renvoi de Jacques Chirac devant la justice ne dévoile qu'une "toute petite partie de l'iceberg". 

François Hollande, l'ancien premier secrétaire du PS) a déclaré "Je ne veux pas exprimer ici je ne sais quelle joie, ce serait indécent, ou affliction, ce serait incompréhensible", a-t-il déclaré sur France Inter."Il y a simplement à laisser la justice travailler et à voir au cours d'un procès, s'il y a lieu, ce qui pourra éventuellement être reproché à Jacques Chirac", a ajouté le député de Corrèze, terre d'élection de l'ancien président et de son épouse Bernadette.

Pasqua dénonce un règlement de comptes

Charles Pasqua, sénateur UMP s'est montré surpris: "le système judiciaire qui juge plus de quinze ans après les faits me choque", déclare l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement Chirac (1986-1988) qui "trouve cela non seulement triste mais aussi un peu indigne". "Bien sûr, je sais qu'il y a eu la réforme de la Constitution pour mettre en place le système de l'immunité présidentielle, mais quand même", dit M. Pasqua, condamné mardi à un an de prison ferme dans l'affaire de l'Angolagate."Cela ressemble à un règlement de comptes; on sait que Bertrand Delanoë (maire PS de Paris) a porté plainte", poursuit-il.

De même  pour Jean-Pierre Grand, député UMP (villepiniste): "Je ressens comme un acharnement malsain. C'est d'ailleurs ce que me disent les gens dans ma ville. Jacques Chirac ne mérite pas ça. Au départ, on lui reprochait quelque 500 emplois fictifs, maintenant plus que 21 et on le renvoie en justice... A l'arrivée qu'est-ce qui restera ? Zéro emploi ? En tout cas, on aura usé physiquement et moralement un homme pendant des mois et des mois"

Bernard Bled, ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac a voulu soutenir son ancien patron: "Ma première réaction est une réaction un peu attristée", a-t-il déclaré. "Traduire un président devant un tribunal, ce n'est pas ordinaire dans notre pays et c'est aussi lourd de signification", a-t-il poursuivi, tout en considérant qu'"il n'y a absolument rien à dire" à cette décision de la justice.

Le système judiciaire en question

Jacques Le Guen, député UMP : "Cette décision scandaleuse, qui m'attriste, est d'autant plus surprenante qu'elle n'est pas conforme aux réquisitions du parquet (...) S'il ne peut y avoir dans notre pays de justice à deux vitesses, il ne faut pas non plus que des juges en mal de notoriété passent leur temps à inscrire les hommes politiques à leur tableau de chasse"

André Vallini, député PS, ancien président de la commission Outreau a de son côté exprimé des sentiments mitigés: "Si la justice doit être égale pour tous, elle doit aussi avoir un sens. Et pour avoir un sens, elle ne doit pas passer trop tard".

Olivier Besancenot, NPA: "on attend que le procès de Jacques Chirac ne soit pas uniquement le procès de 'Supermenteur' (la marionnette de l'ex-président dans les Guignols, ndlr) mais aussi le procès de l'immunité présidentielle".

 Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF s'est indigné, ironiquement: "La justice doit faire son travail. Elle doit être la même pour tous. Il n'y a pas aujourd'hui d'autres commentaires à faire. Le climat actuel est assez lourd et pendant ce temps, des millions de Français font face aux pires difficultés". Denis Baupin (Verts), adjoint au maire de Paris: "Certaines bonnes âmes estimeront sans doute que, tant d'années après les fautes, il faudrait passer l'éponge, une sorte d'amnistie politico-judiciaire qui ne dirait pas son nom (...). Mais ceux-là mêmes qui ont tout fait pour retarder l'échéance judiciaire sont de loin les moins bien placés pour regretter qu'elle arrive si tard !"

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