Paris recommande aux Français installés en Guinée rentrer au pays. Raison invoquée : « La situation sécuritaire s’est détériorée à Conakry » depuis la sanglante répression du 28 septembre.
La France s’attend au pire en Guinée. « A la suite de la répression par l’armée d’une manifestation populaire, lundi 28 septembre, entraînant de nombreuses victimes parmi la population, la situation sécuritaire s’est détériorée à Conakry. Des actes de banditisme se sont multipliés, en particulier des attaques à main armée. Il n’y a pas de perspective d’amélioration à court terme », indique depuis le 14 octobre le site Internet du ministère français des Affaires étrangères.
En conséquence, le Quai d’Orsay conclut qu’il « est formellement déconseillé de se rendre en Guinée et il est recommandé aux Français présents sur place de quitter le pays ». Aucune évacuation n’est pour l'heure envisagée et si les quelque 2 500 ressortissants français souhaitent regagner l’Hexagone, ils devront le faire par leurs propres moyens, explique-t-on à l’ambassade de France à Conakry, chancellerie dont « l’ensemble du personnel » reste en poste.
La France critiquée
La France serait-elle visée si des troubles venaient à éclater ? « On peut tout imaginer, mais aucun élément ne permet de dire que ce sera effectivement le cas. Il y a eu des pressions sur des hommes d’affaires et des entreprises, mais elles n’étaient pas ciblées contre les Français », souligne-t-on à l'ambassade de France.
Reste que certains ne digèrent toujours pas les déclarations de la communauté internationale après la répression sanglante de la manifestation interdite du 28 septembre. La France, qui a suspendu sa coopération militaire avec la Guinée, avait notamment indiqué qu’elle ne pouvait plus « travailler » avec le chef des la junte au pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara.
Se présenter ou mourir
Résultat, précise un responsable sécuritaire, « le groupe de Bérets rouges qui soutient Dadis accuse la France de soutenir les Forces Vives », les syndicats, partis et organisations de la société civile à l’origine du rassemblement qui a tourné au drame. Et cette source d’ajouter que la France a « pleinement raison » de s’inquiéter car Dadis ne s’est toujours pas prononcé sur son éventuelle candidature à la présidentielle de 2010.
Le capitaine putschiste, et les autres militaires de la junte, doivent justement s’exprimer sur la question au plus tard samedi, la date butoir fixée par l’Union africaine. Qu’il décide de se présenter ou pas, Dadis semble pieds et poings liés. S’il brigue la magistrature suprême, les sanctions risquent de se succéder, aggravant son isolement. Si, conformément à sa promesse, il jetait l’éponge pour rendre le pouvoir aux civils, « ce sont les militaires qui l’ont mis au pouvoir qui lui mettront la corde au cou », prédit le responsable sécuritaire.

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