Blaise Compaoré en visite en Guinée

03/10/2009 à 12h:48 Par Frédéric Lejeal
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Le chef de l’Etat burkinabè devrait se rendre lundi dans la capitale guinéenne Le chef de l’Etat burkinabè devrait se rendre lundi dans la capitale guinéenne © DR

Le chef de l’Etat burkinabè devrait se rendre lundi dans la capitale guinéenne au nom de la Cedeao pour s’entretenir avec le chef de la junte.

C’est un Blaise Compaoré « extrêmement préoccupé » et « choqué » par la manifestation réprimée dans le sang le 28 septembre, à Conakry, qui s’est entretenu toute la semaine avec le capitaine Moussa Dadis Camara. Des appels qui, joints à ceux du sénégalais Abdoulaye Wade, ont permis d’obtenir de la junte qu’elle autorise l’évacuation à l'étranger des principaux leaders de l’opposition parmi lesquels l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo.

Mandat de la Cedeao

Compaoré, l’un des premiers chefs d’Etat à s’être rendu en visite officielle en Guinée, en avril dernier, quatre mois après le putsch du capitaine Dadis Camara, entend aller plus loin. Après avoir persuadé son homologue de tendre la main aux partis politiques, le président du Burkina devrait se rendre lundi dans la capitale guinéenne mandaté par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao).

Une délégation emmenée par le secrétaire exécutif de l’organisation sous-régionale, Mohamed Ibn Chambas, est arrivée vendredi, à Ouagadougou, pour discuter des contours de cette visite. L’objectif de ce déplacement est de « faire en sorte que ces exactions ne se reproduisent plus » et de permettre « l’ouverture de la scène politique » dans ce pays qui, depuis son indépendance, n’a connu que dictature et régimes militaires.

Compaoré dissuadera-t-il dans la foulée le chef de la junte de se présenter à la présidentielle du 31 janvier ? « Il tentera de le faire, mais sans aucune garantie de le convaincre », juge un diplomate.

Inquiétude sur la Guinée

Au-delà de la répression des Bérêts rouges, la préoccupation des pays de la sous-région est d’éviter une radicalisation du régime en place à Conakry voire une « liberiarisation » progressive du pays comme il se murmure dans les chancelleries occidentales. A l’instar des inquiétudes déjà soulevées au plus fort de la crise ivoirienne, « il n’est dans l’intérêt d’aucun Etats ouest-africains que la Guinée sombre dans une instabilité chronique », précise un proche du président Compaoré.

Pour le président burkinabè l’enjeu n’est pas seulement de calmer les ardeurs sanguinaires des militaires guinéens. Il vise aussi à prouver sa capacité à user de son statut de « doyen » et de stabilisateur de la sous-région au moment où plusieurs autres dossiers piétinent. « Il y va de son image de marque », souligne-t-on à Ouagadougou.

Malgré sa visite officielle en Côte d’Ivoire mi-septembre, la date du 29 novembre pour la présidentielle reste toujours hypothétique. Blaise Compaoré est également à la peine au Togo alors qu’il est le facilitateur de l’Accord Politique Global signé en 2006. Le consensus qu’il est parvenu à établir entre les différentes forces togolaises en juillet, lors de sa visite à Lomé, pour la répartition des sièges au sein de la Commission Electorale nationale indépendante (CENI), a volé en éclat le mois dernier avec la nomination à la tête de cette commission de Kinam Henri Lardja Kolani, personnalité critiquée par l’opposition. Une délégation des partis togolais est attendue ce samedi , à Ouagadougou.

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