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24/09/2009 à 15:41
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Abdoulaye Wade est accusé de soutenir le chef de la junte Abdoulaye Wade est accusé de soutenir le chef de la junte © AFP

Le chef de l’Etat sénégalais affirme n’avoir aucun candidat favori pour la présidentielle guinéenne du 31 janvier prochain. Une mise au point inévitable à l’heure où Abdoulaye Wade est accusé de soutenir le chef de la junte.

Wade ne roule pas pour « Dadis », qu’on se le dise. Le président sénégalais a affirmé dans un communiqué que, depuis le putsch du 23 décembre 2008, Dakar n’a eu de cesse de « convaincre le capitaine Moussa Dadis Camara, qui le considère comme son père, de respecter son engagement » de ne pas se présenter à la présidentielle prévue le 31 janvier 2010.

Mises au point

Mardi, c’était au tour du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement d’assurer que « le Sénégal n’a pas de candidat en Guinée et ne saurait en avoir ». Moustapha Guirassy, qui s’exprimait sur la Radio Télévision Sénégalaise (RTS), a ajouté qu’il « ne saurait être question pour le Sénégal ou le chef de l’Etat de s’immiscer dans les affaires intérieures » de son voisin.

Pourquoi de telles mises au point ? Essentiellement pour faire taire les rumeurs selon lesquelles Abdoulaye Wade soutient le numéro 1 du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD, au pouvoir). Des rumeurs alimentées par les récents déplacements du président sénégalais en Guinée.

Multiples visites d’Abdoulaye Wade

Le 12 septembre, Abdoulaye Wade et la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf se sont rendus à Conakry pour s’enquérir des « nouvelles inquiétantes en provenance de la Guinée ». Etaient programmées des rencontres avec Moussa Dadis Camara et les forces vives (partis, syndicats, ONG), qui s’opposent à une éventuelle candidature du capitaine putschiste à la présidentielle.

Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Lors de cette visite, Dadis Camara a demandé à ses homologues de participer à un rassemblement de femmes favorables à sa candidature. Difficile de refuser sans froisser leur hôte. Wade et Sirleaf s’exécutent donc. L’heure passe et, finalement, les deux chefs d’Etat n’ont plus assez de temps pour s’entretenir avec les forces vives du pays…

Abdoulaye Wade a exprimé ses regrets après ce changement de programme, mais certains doutent de sa sincérité. D’autant qu’il avait l’intention de faire visionner un enregistrement vidéo de ce rassemblement à l’Union africaine (UA) afin de lui prouver que Dadis est actuellement tiraillé entre ses partisans, qui veulent le voir briguer la présidentielle, et ses détracteurs, qui rejettent cette option.

Sensibiliser l’Union africaine

« Le propos avait pour but de sensibiliser l’UA et l’amener à intervenir d’urgence par une présence quasi-quotidienne à Conakry », conclut le communiqué présidentiel sénégalais. Mais le rendez-vous avec les forces vives ayant été avorté, on peut supposer que les images ne présentaient que des partisans du chef de l’Etat guinéen.

L’autre événement ayant semé la confusion est la visite du président sénégalais, le 8 août dernier, à Conakry, pour présider la cérémonie du Conseil international des managers africains (Cima). Abdoulaye Wade, candidat à la présidentielle de 2012, a décerné à cette occasion les oscars du mérite et du courage à Moussa Dadis Camara pour sa politique de lutte contre la drogue et la corruption.

Lors de son discours, le président sénégalais aurait affirmé que la place des militaires était « dans les casernes » mais que si tous les chefs d’Etat africains étaient comme Dadis « l’Afrique serait relativement avancée ».

Le soutien de Kadhafi envers la junte complique les choses

Du coup, il est périlleux pour Abdoulaye Wade de prouver sa bonne foi lorsqu’il plaide son impartialité face à la situation de la Guinée. Une position d’autant plus inconfortable que l’UA a laissé un mois aux militaires pour promettre par écrit qu’ils ne se présenteront pas à la présidentielle. A défaut, les sanctions tomberont.

Rien ne dit toutefois que si les militaires guinéens ne suivent pas ses recommandations, l’UA aura la faculté de les inquiéter. L’instance panafricaine est présidée par le libyen Mouammar Kadhafi. Or ce dernier n’a jamais caché son soutien au chef de l’Etat guinéen…

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