G20 : les pays émergents sauront-ils se faire entendre ?

23/09/2009 à 16h:11 Par Lauranne Provenzano
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Photo de famille des dirigeants lors du G20 de Londres, en avril 2009 Photo de famille des dirigeants lors du G20 de Londres, en avril 2009 © DR

Les pays émergents, dont l’Inde, le Brésil ou encore l’Afrique du Sud, espèrent tirer leur épingle du jeu économique mondial. Le sommet du G20 à Pittsburgh, doit être pour eux l’occasion de participer réellement aux travaux de redressement après la crise.

A l’occasion du G20, les chefs d’Etat et de gouvernement se réuniront les 24 et 25 septembre à Pittsburgh, en Pennsylvanie, pour faire le point sur la réglementation financière mondiale. Pour les leaders du monde économique, l’objectif de cette rencontre est d’entériner les programmes sur lesquels planchent leurs experts depuis le précédent sommet, à Londres, en avril dernier.

A cette date, les pays du G20 avaient affiché un soutien mutuel et la ferme intention de pallier aux carences du système financier international. Qu’en sera-t-il aujourd’hui, au moment où les signaux de reprise se font sentir ? Les pays émergents notamment, peu responsables de cette crise mais qui sont pourtant les plus touchés, pourront-ils faire valoir leurs intérêts face aux Etats-Unis et à l’Union européenne ?

Les Etats-Unis et l’Europe dominent les débats

D’après les annonces faites par les dirigeants des pays industrialisés, la question des bonus accordés aux opérateurs des marchés sera au cœur des discussions cette semaine, à l’image de celle des paradis fiscaux, qui avait prévalu lors du sommet de Londres. Dès lors, les pays en développement risquent d’être écartés de fait des débats, au bénéfice des géants industrialisés bien plus concernés, et qui entendent ne rien lâcher sur la question. Ils espèrent en particulier des mesures en faveur de la relance et de la mise en place de politiques budgétaires plus efficaces afin de relancer leurs économies.

Très dépendants de leurs exportations, des pays comme la Chine, le Brésil ou l’Inde attendent, eux, des mesures concrètes pour empêcher la tendance au repli de certains pays nationaux soucieux de mieux protéger leur production. « Non au protectionnisme » réclament-ils en substance depuis le début de la débâcle économique. Alors qu’ils semblaient avoir été entendus au printemps dernier, ils craignent désormais un recul sur ces questions.

De Londres était ressortie la promesse d’engager à cet effet 1100 milliards de dollars comme remède anti-crise, en triplant notamment les ressources du Fonds Monétaire International (FMI). Ces subventions devaient permettre au grand argentier d’augmenter sa capacité d’aide vis-à-vis des pays en difficulté. Mais au-delà du soutien qu’on voudra bien leur accorder, les puissances montantes aspirent surtout à une véritable visibilité au sein des instances internationales de décision.

Vers une gouvernance mondiale ?

Car, pour l’heure, on est loin de l’unanimité sur la gestion de cette crise, et l’intérêt général est relégué au second plan face aux ambitions nationales. Pour preuve, la déclaration de Christine Lagarde, ministre française de l’Economie qui a déploré lors d’une conférence de presse organisée par l'association des journalistes économiques et financiers le 22 septembre sur le G20, que la Chine et le Brésil soient « peu mobilisés » sur la question de la limitation des bonus. Pour trouver un consensus, les économies du Sud doivent de leur côté pouvoir dépasser l’antagonisme qui les oppose encore aux pays industrialisés, le préalable étant l’existence d’instances internationales dans lesquelles elles pourraient se faire entendre. Mais on en est encore loin.

Seront présents à Pittsburgh les pays industrialisés du G8 (France, Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, Canada, Russie et Italie) ainsi que 11 nations dites « émergentes », à savoir : l’Inde, la Chine, l’Argentine, le Brésil, l’Australie, l’Indonésie, le Mexique, l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Afrique du Sud et la Corée du Sud. Quant au vingtième membre, il s’agit en fait de l’Union Européenne, représentée par un membre de la présidence tournante (la Suède) et un membre de la Banque Centrale Européenne (BCE).

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