L’Afrique est sur le devant de la scène de la grand-messe des Nations Unies qui s’ouvrira demain à New York, aux Etats-Unis. Au cours de cette rencontre présidée par la Libye, plusieurs chefs d’Etats et de gouvernements du continent auront un tête-à-tête avec Barack Obama.
L'ancien secrétaire d'Etat libyen aux Affaires étrangères Ali Triki présidera à partir de mercredi, à New York, les débats de la 64 ème Assemblée générale des Nations unies qui doivent se dérouler jusqu’au 28 septembre. Le premier discours revient cette année au brésilien Lula da Silva. Il sera suivi par l’Américain Barack Obama puis par le Libyen Mouammar Kaddafi.
L’Afrique sera une nouvelle fois au centre des discussions puisque les chefs d’Etat auront à se prononcer dès l’ouverture sur « la sortie de l’affrontement Nord-Sud ». Parmi les autres thèmes discutés figurent la non prolifération nucléaire et surtout le changement climatique, un dossier qui a fait l’objet dès aujourd’hui d’un mini-sommet, prélude à la conférence de Copenhague, au Danemark, prévue en décembre.
Rajoelina présent
Une centaine de chefs d’Etats et de gouvernement sont attendus parmi lesquels le burkinabè Blaise Compaoré, l’ougandais Yoweri Museveni, l’ivoirien Laurent Gbagbo ou encore le togolais Faure Gnassingbé.
Andry Rajoelina, le président de la transition à Madagascar, sera également de la partie. Cela ne signifie pas que la Grande Ile, sous le coup de sanctions suite au renversement, en mars, de Marc Ravalomanana, soit de nouveau en odeur de sainteté. Le jeune leader « n’a pas reçu de carton d’invitation au banquet des chefs d’Etats africains de la Maison-Blanche », souligne en effet le site du quotidien Midi Madagasikara.
Grande première pour Kaddafi
Autre novice de la grand-messe onusienne : le dirigeant libyen Mouammar Kaddafi. Depuis qu’il a pris le pouvoir, il y a quarante ans, le « Guide » n’a jamais participé à cette rencontre. Ce sera la première allocution dans cette enceinte. Si le discours du successeur de George W. Bush est très attendu, celui du « roi des rois d’Afrique » - comme celui du chef de l’Etat iranien Mahmoud Ahmadinejad - est surtout source d’angoisse.
Il faut dire que l’homme est un habitué des déclarations fracassantes et des attaques politiquement incorrectes. On se souvient notamment du bras de fer qui avait opposé Tripoli et Berne, le premier reprochant au second l’arrestation en juillet 2008 d’Hannibal Kaddafi, le fils du « guide » accusé de mauvais traitement sur son personnel de maison.
Tripoli et Berne réconciliés ?
Le doyen des chefs d’Etat africains avait en outre suggéré de démanteler la Suisse : « La lutte contre le terrorisme exige l'assèchement de sa source matérielle par la dislocation de l'entité suisse (…) la Suisse est composée de communautés italophone, francophone et germanophone qui doivent revenir à l’Italie, à la France et à l’Allemagne », avait très sérieusement déclaré le président en exercice de l’Union Africaine (UA). Une sortie qui ne serait pas étrangère au différend né de « l’affaire Hannibal ».
Toujours est-il que la confédération helvétique avait fini par présenter ses excuses, provoquant la colère de la presse suisse. L’incident est-il clos ? Officiellement, les excuses suisses semblaient sceller la fin de la querelle. Mais d’après le magazine L’Hebdo, un arsenal diplomatique est en place pour organiser un entretien entre le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz et Mouammar Kaddafi. Histoire que la hache de guerre reste sous terre.
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Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]