10/09/2009 à 16h:23 Par Frédéric Lejeal
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Le président Obama à l'issue de son discours Le président Obama à l'issue de son discours © Reuters

Fin de l’état de grâce pour Barack Obama. Hier dans la soirée, le président américain a dû recourir à tous les arguments et à ses talents d’orateur devant la Chambre des Représentants pour défendre son projet de réforme du système de santé.

Costume sombre, cravate rouge, souriant mais très offensif, le successeur de George W. Bush a montré durant plus de 45 minutes sa détermination à faire approuver ce qu’il considère comme le projet-phare de son mandat : permettre à chaque Américain d’avoir accès à des soins médicaux. « Depuis cent ans et l’époque de Théodore Roosevelt, maints présidents ont tenté de réformer la santé. Je suis résolu a être le dernier », a-t-il martelé.

Hostiles à ce projet, les Républicains montent au créneau depuis plusieurs semaines, parfois violemment, accusant le président Américain de vouloir « socialiser la médecine ». Lorsque Barack Obama a évoqué la désinformation autour de cette réforme, il s’est vu aussitôt rétorquer un retentissant « Vous mentez ! » de la part de Joe Wilson, représentant Républicain de l’Etat de Caroline du Sud.

46 millions d’Américains sont actuellement dépourvus de couverture médicale. Mais aux Etats-Unis plus qu'ailleurs ce type de loi provoque généralement une véritable guérilla politique car de nature, selon ses pourfendeurs, à remettre en cause le fondement même des Etats-Unis ou l’individualité l’emporte sur le collectif. Si cette réforme est aussi mal vue, c’est aussi parce qu’elle touche aux intérêts économiques des assureurs et des compagnies pharmaceutiques, qui sont sollicités pour en financer une partie.

De fait, les critiques visant à faire passer Barack Obama pour un « socialiste » se multiplient. Cette intervention devant le Congrès a d’ailleurs eu lieu le lendemain d’une polémique née à l’occasion d’un autre discours sur l’école. Un document adressé le même jour par le ministère de l’Education aux établissements suggérait que chaque élève donne des idées afin de mieux aider Washington à remplir ses objectifs en matière d’éducation. Un document mal formulé selon le ministère mais qui a soulevé la colère du camp conservateur accusant Barack Obama de « répandre l’idéologie socialiste » et « d’endoctriner ».

Sur fond de crise économique, de tensions sur le plan international (Irak, Iran, Afghanistan…) et de chute de sa côte de popularité, Barack Obama joue son va-tout avec cette refonte du système de santé dont le coût est évalué à 900 milliards de dollars sur dix ans. Le camp démocrate s’est levé 25 fois pour l’acclamer lors de cette soirée mais les obstacles sont nombreux. Pour parvenir à ses fins, le président Américain aura besoin de rallier les Républicains modérés, ce qui est loin d'être acquis. En cas d’échec, il rejoindrait son prédécesseur démocrate Bill Clinton, qui a buté sur la même réforme. Il en sortirait surtout plus affaibli.

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