12/08/2009 à 12h:09 Par Jeune Afrique
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Le financement de la réforme ne doit pas grever davantage les caisses de l'Etat. Le financement de la réforme ne doit pas grever davantage les caisses de l'Etat. © Reuters

Pour convaincre, Barack Obama a eu recours à son moyen de persuasion préféré : un grand meeting en forme de débat, afin de défendre son projet réforme du système de santé, indispensable mais déjà très contesté.

Le président américain Barack Obama a défendu mardi son projet de réforme du système de santé en dénonçant la "tactique de la peur" mise en œuvre selon lui par ses opposants, au cours d'une réunion publique à Portsmouth (New Hampshire, nord-est).

Il s'est lancé lui-même dans le débat qui fait rage autour de son plan visant à fournir une couverture santé, qu'elle soit publique ou privée, à l'ensemble des Américains, sous la forme d'un meeting dans le style de ceux de sa campagne électorale.

"Parfois, la politique fonctionne de telle façon que ceux qui veulent voir les choses continuer comme avant tentent de faire très peur et créent des épouvantails de toutes pièces", a-t-il dit. Il a démenti les accusations de l'ancienne candidate à la vice-présidence, Sarah Palin, qui l'a accusé de vouloir mettre en place des "tribunaux de la mort" avec des "bureaucrates" qui décideraient qui a le droit ou pas d'être soigné.

"Je ne suis pas en faveur de cela, je veux être clair là-dessus", a-t-il dit.

Une réforme à haut risque

Les opposants au projet de réforme de Barack Obama l'accusent de vouloir faire passer l'ensemble du système de santé sous le contrôle de l'Etat, dictant les choix des Américains et diminuant la qualité de la couverture existante.

"J'espère que nous allons dialoguer et non pas crier les uns plus fort que les autres", a dit le président américain, dans une allusion à la rhétorique enflammée qui inonde les radios conservatrices et les chaînes câblées de télévision, contrastant avec le calme habituel du mois d'août. Une bataille des clips vidéos a d’ailleurs été engagée entre partisans et opposants à la réforme. Dans un montage ( voir ci-après), le camp républicain dénonce l’échec global d’Obama à la tête du pays "en seulement 200 jours". Dans le spot, une voix aux accents d’angoisse estime que la réforme de la santé promet d’être la plus dangereuse jamais lancée par le président.

 

 

Cette hostilité exprimée à l'égard de la réforme de la couverture santé, dont 46 millions d'Américains sont dépourvus, représente un risque élevé pour le président américain. Une défaite législative constituerait un revers politique majeur et entamerait grandement son capital politique.

Quel financement ?

En premier lieu, Barack Obama souhaite accéler la mise en vente de médicaments génériques. Il a également dénoncé l'attitude des compagnies d'assurance, les accusant de prendre en otage les familles américaines en ne couvrant que peu de risques ou en pratiquant des tarifs trop élevés.

Barack Obama a reconnu que son projet de réforme suscitait une certaine anxiété dans le pays quant à son financement. "Les gens sont sceptiques et c'est entièrement légitime", avait-t-il déclaré lors d’une précédente conférence de presse sur le sujet, fin juillet. "Mais j'ai bon espoir que quand ils réfléchiront au coût de ne rien faire, ils diront qu'il faut accomplir cette réforme".

La réforme se heurte non seulement à la résistance farouche de ses adversaires républicains, mais aussi aux fortes résistances des plus conservateurs de ses amis démocrates, inquiets de son coût alors que le déficit fédéral vient de dépasser les 1.000 milliards de dollars. Barack Obama a assuré que le projet ne viderait pas davantage les caisses de l'Etat, alors que le financement de la réforme est au cœur du débat.

Parmi les idées suggérées pour financer la réforme, l’instauration d’une taxe sur les boissons sucrées retient toutes les attentions. En effet, l’obésité, qui représente un véritable fléau aux Etats-Unis où 60% de la population est en surpoids ou obèse, est au cœur de la réforme que veut mener Barack Obama.

Les industries agro-alimentaires, puissants lobbies américains, sont déjà montées au créneau. Coca-Cola a affirmé que la population n’était pas prête a accepter de payer plus cher "un aliment de base".    (avec agences)

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