09/06/2009 à 14h:26 Par Marwane Ben Yahmed
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Omar Bongo Omar Bongo

Omar Bongo Ondimba, 73 ans, est parti comme il est arrivé au pouvoir, par surprise. On savait que la suspension de ses activités, décidée le 6 mai pour une durée indéterminée, n’augurait rien de bon.

Le « patron », comme l’appelaient ses collaborateurs, semblait las, amer, épuisé par la longue maladie de son épouse Édith et très affecté par le décès de cette dernière, le 14 mars, au point de négliger son diabète et son traitement. L’affaire, en France, des « biens mal acquis », le gel de certains de ses avoirs, l’offensive des médias hexagonaux contre un des derniers étendards de la Françafrique auront eu raison de sa volonté jusqu’ici inébranlable. Le vieux lion s’est abandonné entre les mains de son clan et du destin. Jusqu’à son départ en avion médicalisé pour la clinique Quirón de Barcelone, Omar Bongo Ondimba n’était qu’un homme épuisé. Un homme comme les autres, en proie aux souffrances que la vie peut dresser sur votre chemin.

Le mutisme ou les rares communiqués, tous plus lénifiants les uns que les autres, des autorités gabonaises ont commencé par mettre la puce à l’oreille des observateurs les plus avertis. Pourquoi tant de secrets ? Pourquoi une décision aussi lourde qu’une suspension officielle de ses activités, à des milliers de kilomètres de Libreville, s’il s’agissait uniquement d’observer une simple période de repos ? Le mystère entretenu autour de la santé d’Omar Bongo n’a fait que provoquer puis entretenir les rumeurs les plus folles. Déjà, le 21 mai, les premières annonces de sa mort se multipliaient dans les journaux et sur Internet. Tout le monde croyait détenir la vérité. Les occupants ou les soi-disant fins connaisseurs du village franco-africain comme les officiels. Le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, joue du « off » et du « on » à s’en mélanger les pinceaux et lâche le morceau : le président est gravement malade. S’ensuit une course morbide et effrénée des journalistes français et espagnols. Les sources ? « Proches du gouvernement français »… Une course pour être le premier à annoncer la mort du président gabonais, dernier vestige d’une autre époque. Un sujet en or pour vendre du papier, qui mêle exotisme, affaires d’État, corruption, réseaux occultes, franc-maçonnerie, secrets d’alcôve, pétrodollars et voitures de luxe… Tant pis si on se trompe de quelques jours, de quelques heures…

Le cancer intestinal qui rongeait l’ancien commis des postes devenu doyen des chefs d’État africains l’a emporté, donc, ce 8 juin à 14 h 30. La dernière rumeur, celle qui annonçait sa mort partout dans la soirée du 7 juin, aura presque été la bonne… Albert-Bernard, Omar, le « patron », le « boss », le « Vieux » s’en est allé. Il laisse un pays orphelin, inquiet pour son avenir. Quoique l’on puisse penser de son bilan, du niveau indécent de (sous-)développement d’un pays tant gâté par la nature, des excès de l’homme et de son système de gouvernance, et si l’envie de changement éprouvée par les Gabonais est une évidence, on n’efface pas ainsi quarante et un ans d’un règne sans partage et sans équivalent. Bongo était l’État, la banque, le père, l’ami, l’ennemi. Bongo, c’était le Gabon, mais aussi une certaine Afrique. Après lui, c’est une autre histoire qui commence…

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Bio express : Vencelas Dabaya

Article précédent :
Vencelas Dabaya

Gabon

CAN 2012 : calendrier et résultats des matchs de la phase finale

Après les poules, la phase finale de la CAN 2012 a débuté le 4 février. Fait rare, les deux pays organisateurs, le Gabon et la Guinée-Équatoriale, étaient toujours en course pour le[...]

Gabon - Mines : l'État met le holà à Belinga

Le gouvernement vient de suspendre le permis d'exploitation accordé aux Chinois sur le plus gros projet minier du Pays. Et rouvre la compétition.[...]

Ali Bongo Ondimba : sa nouvelle bataille, celle de l'opinion gabonaise

Les législatives de décembre ont donné la majorité absolue au chef de l'Etat. Deux ans après son investiture, Ali Bongo Ondimba a toutes les cartes en main pour atteindre ses objectifs. Sauf,[...]

Doing business : éclaircie dans l'Ouest africain

« Martin, jeune entrepreneur burkinabè, a décidé de créer son entreprise de textile à Ouagadougou. Il ne lui a fallu que treize jours pour accomplir toutes les[...]

Gabon : le fonds souverain sera doté de 500 milliards de francs CFA

Le conseil des ministres qui s'est tenu le 3 février a annoncé officiellement la création du "Fonds souverain de la République gabonaise" tout en précisant ses modalités de[...]

CAN 2012 : le Mali élimine le Gabon aux tirs au but et accède aux demi-finales

Le Mali a créé la surprise dimanche en éliminant le Gabon, pays hôte qui avait proposé un football chatoyant jusque-là, au terme d'une cruelle séance de tirs au but (1-1 à[...]

CAN 2012 : le calendrier des matchs, les groupes et les équipes

Du coup d'envoi en Guinée Équatoriale, le 21 janvier, à la finale au Gabon, le 12 février, la 28e Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2012) promet un jeu plus ouvert que jamais. Voici le calendrier des[...]

Troisième mi-temps

Inutile de prévoir un rendez-vous, fût-ce téléphonique, avec les chefs d'État concernés avant le 13 février, surtout si vous envisagiez de les entretenir entre 17 et[...]

Banque : repli stratégique des groupes français en Afrique

Acteurs historiques en Afrique, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole se désengagent peu à peu.[...]

CAN 2012 : tous les résultats des groupes A, B, C et D

Les favoris de la CAN 2012 sont connus... Mais en l'absence d'équipes phares comme l'Algérie, le Cameroun ou l'Égypte, le premier tour risque de réserver beaucoup de surprises. Les groupes A, B, C et D[...]

Voir tous les dossiers