15/04/2009 à 13h:18 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Soro ne rendra pas son tablier Soro ne rendra pas son tablier

Le porte-parole du premier ministre ivoirien a annoncé mardi soir que Guillaume Soro restait « à son poste ». La veille, les délégués généraux de l’ex-rébellion l’avaient appelé à démissionner, reprochant au camp du président Laurent Gbagbo de « mettre tout en œuvre pour empêcher les élections de se tenir ».

« Le premier ministre est à son poste ». Le porte-parole de Guillaume Soro, Sindou Meïté, a répondu mardi soir aux délégués généraux des Forces Nouvelles (FN), l’ex-rébellion du chef du gouvernement ivoirien.

La veille - après deux jours de conclave à Bouaké (nord), fief des FN - les délégués généraux avaient demandé au secrétaire général du mouvement « sa démission en qualité de premier ministre ». « Qu'il revienne à Bouaké pour se mettre à l'avant-garde de la lutte du peuple ivoirien pour l'amélioration de son vécu », avaient-ils ajouté dans leur communiqué.

En cause ? Les « allégations du FPI (Front populaire ivoirien, au pouvoir) tendant à convaincre les ivoiriens et la communauté internationale que les Forces Nouvelles seraient réfractaires à l'application de l'Accord complémentaire IV de l'Accord politique de Ouagadougou », signé fin 2008 dans la capitale du Burkina Faso.

« Attaques irresponsables »

« Leur argumentaire, poursuit le communiqué, révèle que les Forces Nouvelles s'opposeraient à l'application de cet accord sur quatre points essentiels à savoir : les processus d'identification et électoral, la passation de charges entre préfets et Comzones (commandants de zones, ndlr), le redéploiement de l’administration fiscale et douanière et celui des services de police et de gendarmerie. »

Des « allégations » que les délégués généraux rejettent en bloc. Ils imputent même la responsabilité de certains retards au camp présidentiel : « Au lieu de faire la passation de charges, le ministre [de l’Intérieur Désiré] Tagro procède à des mutations de préfets et sous-préfets qui ne trouvent leur justification que dans des considérations partisanes ».

En conclusion, les délégués estiment que les « attaques irresponsables » du pouvoir cachent en fait une sombre manipulation pour retarder la présidentielle, reportée plusieurs fois depuis 2005, et dont la date n’a toujours pas été fixée.

Manœuvre du FPI

« Le FPI, conscient de son poids minoritaire, a véritablement une psychose des élections surtout que celles-ci seront organisées dans la transparence, dénoncent-ils. On comprend que son objectif réel est de mettre tout en œuvre pour empêcher les élections de se tenir, tout bloquer afin de sauvegarder tous les privilèges acquis durant ces neuf dernières années. Pour des intérêts égoïstes et partisans, le FPI veut spolier les Ivoiriens du droit à choisir librement ses dirigeants ».

Pour justifier le refus de Guillaume Soro de rendre son tablier, le porte-parole Sindou Meïté a souligné qu’« il y a des difficultés » sur le chemin de la paix et qu’« il en dérive de la mauvaise humeur de la part de certains responsables politiques ». Mais il juge que « cela ne doit pas empêcher le premier ministre de continuer sa mission ».

Il précise également que la « prise de position » des délégués ne vient pas des « instances suprêmes » des FN qui, selon lui, maintiennent leur « confiance » à Guillaume Soro. Reste à savoir comment les délégués généraux - qui, d’après RFI, voulaient saisir le médiateur burkinabè - apprécieront cette déclaration.

L’accord de paix toujours sur les rails

Comme pour montrer que le processus de paix est en bonne voie, Sindou Meïté a expliqué que, « dans les prochains jours », des annonces seront faites concernant l’application de « l'Accord complémentaire IV de l'Accord politique de Ouagadougou ». Il sera entre autres question de la passation de charges entre les Comzones des FN et les préfets et l’« intégration » d’anciens rebelles dans la nouvelle armée.

Mais le désarmement des ex-dissidents pose toujours problème. « On a envie de dire que si certains éléments des Forces Nouvelles traînent les pieds pour désarmer, ce n’est pas seulement à cause de la peur et de l’incertitude du lendemain. C’est aussi pour conserver un moyen de pression et de dissuasion utilisable en cas de besoin », observe le quotidien burkinabè Le Pays. Or, l’Accord de Ouagadougou fait du désarmement une condition incontournable à l’organisation du scrutin. (avec agences)

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Côte d'Ivoire

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, s'est entretenu samedi à Abidjan de la crise au Mali avec le président ivoirien Alassane Ouattara, chef en exercice de l'organisation régionale[...]

Côte d'Ivoire : la défense de Gbagbo conteste la compétence de la CPI

La défense de Laurent Gbagbo a contesté la compétence de la CPI pour juger l’ancien président de la Côte d’Ivoire.[...]

Côte d'Ivoire : toute l'enquête sur le nouveau scandale des déchets toxiques

En 2006, l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan avait failli emporter le gouvernement. Six ans plus tard, trois personnalités sont montrées du doigt. Elles sont[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Côte d'Ivoire : Michel Gbagbo, fils du président déchu, est un "prisonnier d'opinion" selon sa mère

Le fils de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, Michel Gbabgo, est un "prisonnier d’opinion", selon sa mère, la Française Jacqueline Chamois. Celle-ci demande "un rapatriement[...]

Côte d'Ivoire : le scandale des déchets toxiques emporte le ministre Adama Bictogo

Le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo, a été limogé mardi 22 mai. Son départ du gouvernement fait suite au nouveau scandale des déchets toxiques. [...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

Côte d'Ivoire : déchets toxiques, le nouveau scandale

Dans son numéro 2680, en kiosque du 20 au 26 mai 2012, "Jeune Afrique" enquête sur les suites de l’affaire Trafigura, du nom de la société néerlandaise affréteuse[...]

Guinée-Bissau : petit pays, grandes manoeuvres

La Cedeao, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, goûtait peu la percée angolaise dans la région. Elle pourrait finir par s'accommoder du putsch du 12 avril  en[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Voir tous les dossiers