La veuve du magistrat tué en 1995 accuse l'Etat français d'avoir étouffé le dossier
Elisabeth Borrel, la veuve du juge français Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, demande la réouverture d'une enquête pour subornation de témoin sur la base de documents inédits de l'ex-cellule "Afrique" de l'Elysée saisis par des juges en 2008, a annoncé une source proche du dossier. "Il apparaît que ces actes d'instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l'Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité", écrit Borrel dans sa demande adressée le 16 mars à la justice.
Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat. Des témoignages dont celui de l'ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.
Le quotidien français Libération affirme,ce mercredi, documents à l'appui, que l'ancien chef de la cellule africaine de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, ainsi que l'ancien conseiller juridique du président, Laurent Le Mesle, actuel Procureur général de Paris, ont tout fait pour freiner les juges, afin de privilégier l'hypothèse du suicide.
Parallèlement à l'enquête criminelle, deux enquêtes judiciaires ont été menées en France. La première pour "pression sur la justice", dans le cadre de laquelle des documents élyséens ont été saisis, est toujours en cours à Paris. La seconde pour "subornation de témoins", que Borrel voudrait voir réouvrir, s'est conclue par le renvoi en correctionnelle à Versailles (banlieue parisienne) de deux proches du président Guelleh.
(Avec AFP)

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