14/03/2009 à 16h:05 Par Habibou Bangré
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Incendie d'un magasin propriété du président Ravalomamanana, le 26 janvier 2009 à Antana Incendie d'un magasin propriété du président Ravalomamanana, le 26 janvier 2009 à Antana

L’opposition malgache a annoncé samedi matin que le président Marc Ravalomamana et son gouvernement étaient « déchus ». L’ancien maire de la capitale Andry Rajoelina a laissé « quatre heures » au chef de l’Etat pour quitter officiellement son poste.

Comme une odeur de fin de règne pour Marc Ravalomanana. Le premier ministre de la Haute autorité de transition (le gouvernement formé par l’opposition malgache) a investi la primature désertée ce samedi matin. Accompagnés de ses « ministres » et de militaires mutins, Roindefo Zafitsimivalo Monja a alors décrété « le président de la République, l'Assemblée nationale, le Sénat, et le gouvernement déchus de leurs fonctions. (…) Le président de la République n'est plus à même d'exercer les attributions qui lui sont dévolues par la Constitution et (...) il est patent que les forces armées (lui) refusent l'obéissance ».

Déclarations

Roindefo Zafitsimivalo Monja a ajouté que la Haute autorité de transition d’Andry Rajoelina, l’ancien maire de la capitale Antananarivo, « assure désormais les attributions dévolues au président de la République par la Constitution et le gouvernement de transition exerce immédiatement ses fonctions ». Et de conclure que l’opposition prend « l'engagement d'organiser les élections présidentielle, législatives, communales dans un délai qui ne peut dépasser 24 mois ».

Vers 14h, heure locale, Andry Rajoelina est réapparu pour la première fois depuis début mars. C’était à l’occasion d’un meeting qui a réuni environ 15 000 de ses partisans sur la place du 13-Mai. Lui aussi entouré de militaires, il a appelé Marc Ravalomanana à « quitter humblement le pouvoir dans les quatre prochaines heures » et s'est dit « prêt à une passation de pouvoir démocratique ».

L’opposant de 34 ans, soutenu dans son appel à la démission par le président de l'Assemblée nationale Jacques Sylla, a précisé qu’il n’enverrait pas « les forces armées » au palais présidentiel d'Iavoloha, où se trouverait Marc Ravalomanana. Ce qui laisse entendre que le soutien des mutins est aujourd’hui plus officiel. Rien d’acquis cependant : le chef d'état-major de l'armée autoproclamé - le colonel André Andriarijaona - a indiqué que les militaires ne se placeront du côté de l’opposition que « si ça peut ramener le calme ».

Réactions

La présidence a fait savoir dans un communiqué que Marc Ravalomanana demeurait à la tête de l’Etat et que Charles Rabemananjara reste premier ministre. « Ils ont pris la Primature, précise le document, mais ils n'ont pas le pouvoir que donne le peuple par des élections démocratiques. Ce mouvement est, et reste jusqu'à maintenant, une manifestation de rue, qui utilise la terreur et la répression pour survivre. Une auto-proclamation ne donne pas de pouvoir légal. »

Sur le plan international, les réactions n’ont pas tardé. « La Commission européenne est sérieusement préoccupée par la situation d'instabilité et d'incertitude qui prévaut actuellement à Madagascar. Cette crise met en péril la stabilité du pays, affecte le peuple malgache et risque de compromettre la poursuite des efforts de la communauté internationale dans la lutte contre la pauvreté à Madagascar », explique la Commission dans un communiqué.

Quant à Bruxelles, elle exhorte « toutes les parties malgaches à assurer le calme et les invite à participer sans tarder à un dialogue élargi tel que préconisé par la médiation proposée par le FFKM », le Conseil des églises chrétiennes de Madagascar. Le tout dans l’espoir de parvenir à une « solution pacifique, légale et légitime » de la crise, qui a fait 135 morts depuis janvier. Une crise qui se révèle être la plus grave qu’ait connu la Grande Ile depuis 2002 et l’arrivée au pouvoir de Marc Ravalomanana.

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