Moins d'un cinquième des ménages ville de Djibouti sont connectés au réseau d'assainissement collectif de l'ONEAD dans les quartiers populaires. Alors que plus de 80% des foyers se servent de latrines individuelles dont les débordements rejettent des eaux usées sur les espaces publics de la capitale.
Des rues commerçantes envahies par des eaux usées stagnantes, des détritus qui jonchent certaines routes, et des Djiboutiens qui restent fatalistes face l'insalubrité. Ils s'en remettent aux pouvoirs publics pour régler le problème.
De tels maux urbains sont anciens, à Djibouti. Et leurs causes, multiples. Naturelles d'abord avec les terrains plats, peu perméables et saturés au niveau de la mer sur lesquels s'étale la ville de Djibouti. Humaines ensuite, car certains encombrent les égouts à ciel ouvert de déchets solides.
Résultat : l'évacuation et le pompage des eaux usées s'en trouvent obstruées. Le phénomène perdure dans l'indifférence générale des usagers.
Mais il existe des raisons structurelles aussi: les dysfonctionnements du système d'assainissement qui prévaut encore dans la capitale. Moins d'un cinquième des ménages des quartiers populaires sont connectés au réseau d'assainissement collectif de l'ONEAD.
Alors que plus de 80% des foyers de ces milieux populaires se servent de latrines individuelles dont les débordements rejettent parfois des eaux usées sur les espaces publics environnants. Plusieurs stations d'épuration des eaux usées du réseau collectif sont même hors d'usage.
Plusieurs projets afin de remédier à ces manques sont en cours:
Le plus immédiat est le recouvrement des redevances de la tarification assainissement auprès de tous les ménages. Ce qui devrait permettre un redressement de la situation compromise de l'assainissement urbain. D'autres chantiers sont en prévision grâce au soutien financier de la Banque Africaine de Développement et de l'Union Européenne.
Il est surtout question d'améliorer le cadre de vie, d'utiliser ces mêmes eaux usées à des fins agricoles, au lieu de les rejeter en mer. Pourvu que l'opérateur national réussisse l'extension de son réseau d'assainissement collectif sur le moyen et long terme.

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