Plus de la moitié de la population de Djibouti se trouve en situation d’insécurité alimentaire et a besoin d’une aide d’urgence, en raison de la sécheresse et des prix élevés des denrées alimentaires, selon un service d’information et d’alerte précoce.
Au moins 340 000 personnes, sur les 632 000 que compte le pays, sont en danger, a dit le Famine early warning systems network (FEWS Net), financé par l’agence américaine pour le développement international (USAID), dans un rapport publié le 12 septembre.
Djibouti, un Etat semi-désertique régulièrement confronté à des sécheresses et qui importe l’ensemble de ses denrées alimentaires de base, est classé par les Nations Unies parmi les pays les moins développés, mais aussi parmi les pays à revenu faible en situation de déficit alimentaire.
Quatre années consécutives de faibles pluies ont rendu les populations urbaines et rurales encore plus dépendantes des importations de vivres –conséquence d’une production pastorale et agro-pastorale peu importante-, à un moment où les prix des produits sur le marché international augmentaient de manière continue.
« Les conditions [de sécheresse] ont entraîné une hausse des taux de malnutrition infantile sévère depuis février cette année ; des taux de mortalité du bétail de 50 à 70 pour cent à l’échelle nationale ; une disponibilité et un accès à l’alimentation limités, et des migrations massives des foyers vers des zones urbaines [Djibouti ville, Sankal, Assamo et Beyadde] », selon FEWS Net.
Les personnes les plus vulnérables et les plus touchées par l’insécurité alimentaire se trouvent dans le nord-ouest et le sud-est du pays, où les ménages dépendent largement du bétail comme source d’alimentation et de revenus, d’après l’agence.
« Les prix élevés du carburant, la forte inflation, la baisse des [revenus], le conflit frontalier avec l’Erythrée et un manque de ressources suffisantes du gouvernement et des bailleurs de fonds pour venir en aide aux populations affectées » a encore aggravé davantage l’insécurité alimentaire existante.
Toutes les zones du pays sont confrontées à des pénuries d’eau extrêmes, a également dit l’agence.
Pour répondre à la crise, le Programme alimentaire mondial distribue des rations alimentaires à 55 000 personnes dans les régions pastorales rurales, tandis que l’USAID, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le gouvernement ont réactivé au début de l’année des centres de nutrition pour 25 000 enfants, selon FEWS Net.
Pour répondre aux besoins et éviter la détérioration des conditions de sécurité alimentaire, plusieurs interventions urgentes sont nécessaires d’ici la fin de l’année 2009, a estimé l’agence.
Elle a recommandé l’extension des distributions alimentaires à 155 000 personnes dans le besoin en milieu rural ; des programmes de reconstitution des stocks et des biens ; la réhabilitation et la construction de systèmes de captage d’eau dans les zones de pâturage ; le développement de sources d’énergie alternatives pour faciliter le pompage de l’eau ; et, dans les zones urbaines, un programme de bons alimentaires ou ‘d’argent contre travail’, ainsi qu’une intensification de l’approvisionnement en eau par des camions citernes.
Des ressources devraient aussi être mobilisées pour augmenter le nombre de centres de nutrition dans l’ensemble du pays, a dit FEWS Net, ajoutant que le gouvernement devait améliorer la transparence, la mobilisation et la coordination de la réponse pour s’assurer que cette dernière soit rapide et consistante.

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