14/09/2009 à 12h:58 Par Marwane Ben Yahmed
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Sur le principe, tout le monde est d’accord : la menace climatique et environnementale nécessite un plan d’action ambitieux, concerté, urgent, et une véritable prise de conscience. Mais derrière les beaux discours sur le thème « sauvons la planète », c’est toute l’économie du monde de demain qui se joue. Et là, quand on commence à parler gros sous, les choses se compliquent.

Du 7 au 18 décembre se tiendra à Copenhague, au Danemark, la Conférence de l’ONU sur le changement climatique. Objectif : négocier un nouvel accord international sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui prendra le relais du protocole de Kyoto à partir de 2012. Des négociations qui s’annoncent pour le moins tendues. D’un côté, les pays industrialisés, gros pollueurs et consommateurs d’énergies fossiles. De l’autre, les pays en développement, dont la responsabilité dans le changement climatique est minime mais qui en subissent tout de même les conséquences (sécheresses, inondations, littoraux grignotés, désertification). Entre les deux, les puissances émergentes (Inde, Chine, Brésil…), pas vraiment enclines à mettre un frein à leurs ambitions économiques ou à sacrifier leurs insolents taux de croissance. Beau casse-tête en perspective.

Comment l’Afrique aborde-t-elle ce rendez-vous crucial ? À deux mois de l’échéance, elle peine à masquer son impréparation. Comme souvent, les dirigeants africains n’ont pas pris la mesure de l’événement suffisamment tôt. Il aura fallu attendre fin août pour que l’Union africaine (UA) accélère le processus de mobilisation de ses dirigeants et de ses experts. Car le continent compte bien faire entendre sa voix à Copenhague. Mais encore faut-il arriver à la table des négociations avec un autre projet que la seule demande de compensations financières à verser par les pays pollueurs et, à tout le moins, faire bloc.

L’Afrique pollue peu la planète (environ 4 % des émissions mondiales de CO2), mais ne s’est jamais vraiment préoccupée de son propre environnement : gestion de l’eau, collecte et traitement des déchets, préservation des forêts, etc. Les autres participants à la conférence de Copenhague ne feront aucun cadeau. Tous défendront bec et ongles les intérêts de leurs pays, régions, continents. Le green business, c’est l’avenir, probablement la prochaine révolution économique. L’Afrique ne peut se permettre de rater encore une fois le tournant. Malgré ses nombreux atouts, qui ne sont pour l’instant que mis à l’encan, c’est pourtant le chemin qu’elle prend…

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