17/12/2008 à 16h:30 Par Jean Berry
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Batteur et DJ marocain, coqueluche du Londres branché, U-Cef sort enfin Halalwood. Un second album, à la fois électronique et oriental.

Pendant l’été, on le croise au Maroc, son pays d’origine, dans les grands festivals : il est aussi à l’aise avec les Gnaouas à Essaouira ou les musiciens amazighs à Agadir qu’avec les adeptes du rap ou du rock de la nouvelle génération. Le reste de l’année, et depuis quatorze ans, U-Cef vit à Londres avec sa femme et ses deux enfants. C’est là que ce batteur et percussionniste originaire de Rabat, qui tâtait du jazz-rock psychédélique avec le groupe Quark, au Maroc, à la fin des années 1980, puis explorait un courant plus funk qui connut un bref succès avec Pan, une dizaine d’années plus tard en Angleterre, s’est fait une réputation de DJ et de producteur. En mixant dans des clubs comme le Zebra, le Spitz et le Mass, ou encore au restaurant maghrébin très people Chez Momo, découvreur de talents sis entre Oxford Circus et Picadilly.

 

Mondialisation salutaire

Aujourd’hui, le Tout-Londres se presse sur son album (Natacha Atlas, Damon Albarn, Steve Hillage, Justin Adams), qui comporte également un clin d’œil à Rachid Taha en forme de remix du célèbre « Ya Rayah ». Halalwood a été enregistré entre le Maroc, Paris et son studio de West London. Un disque à l’image d’un manifeste métissé pour un vagabond de la musique, âgé de 44 ans, qui se plaît à chercher l’alchimie entre son traditionnel et composition numérique, entre les rythmes gnaouas, berbères et orientaux qui ont bercé son enfance et la samba ou la guitare électrique. Sur « Boolandrix », recyclant le vieux mythe de Jimi Hendrix à Essaouira, U-Cef imagine ce qu’aurait pu enregistrer le guitariste avec une troupe gnaouie. Et il souligne, sur « MahraBahia », la filiation évidente entre cette musique héritée des esclaves d’Afrique de l’Ouest déportés au Maghreb et celle de leurs frères partis vers l’Amérique du Sud. Il convie encore les rappeurs marocains Dar Gnawa ou la chanteuse de R’nB Oum. Et l’on pourrait sans doute qualifier sa musique de world beat, tant elle résonne comme un appel à une mondialisation salutaire des sons et des rythmes.

Après un maxi puis un premier album, Halalium, sorti en 2000, U-Cef a pris son temps pour peaufiner cette seconde production, choisissant des invités pour chacune de ses compositions. La sortie de Halalwood, dont l’arrière de la pochette détonne – les célèbres lettres de la colline de Hollywood y sont détournées –, arrive aujourd’hui comme une forme de reconnaissance pour cet artiste nomade qui a relié Londres et le Maroc. 

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