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11/12/2008 à 11:04
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Le directeur général de Saf Cacao, entreprise de négoce créée à San Pedro, a réussi à se hisser, en moins de cinq ans, au niveau des multinationales du cacao en Côte d’Ivoire.

Assis dans ses bureaux du Port autonome de San Pedro, ­deuxième ville portuaire de Côte d’Ivoire, Ali Lakiss passe l’essentiel de son temps au téléphone avec des clients, les yeux rivés sur l’écran de son ordinateur pour suivre les cours du cacao à Londres. Ivoiro-Libanais de 43 ans, marié et père de cinq enfants, il dirige la Société Amer et frères (Saf Cacao). Avec un chiffre d’affaires record de 150 milliards de F CFA (230 millions d’euros) l’année dernière et plus de 140 000 tonnes de fèves exportées, Ali Lakiss emploie 400 personnes, dont une quarantaine de cadres américains, européens ou africains. « Des experts venus des meilleures écoles », commente-t-il, lui qui n’a pas dépassé le niveau du bac.

 

Un investissement de 20 millions d’euros

Ali Lakiss s’est lancé dans le négoce du café-cacao il y a une vingtaine d’années. Il s’installe en 1987 à Adzopé, sa ville natale située dans le sud de la Côte d’Ivoire, où il joue le rôle d’intermédiaire entre les planteurs et les exportateurs. Avec l’appui de petits prêts bancaires, son activité grandit peu à peu. En pleine crise ivoirienne en 2004, au moment où les multinationales décident de s’installer dans les pays voisins, il fonde Saf Cacao avec deux associés ivoiro-libanais comme lui, Adnan Amer, 42 ans, et Ahmed Amer, 47 ans. « Nous pratiquions le même métier et nous avons saisi l’occasion de passer du statut d’acheteurs intermédiaires à celui d’exportateurs », explique Ali Lakiss. L’année précédente, ils avaient acheté 40 000 tonnes de fèves à eux trois. Pour son premier exercice, Saf Cacao traite 65 000 tonnes. Les exportations dépassent les 100 000 tonnes en 2005, avant d’atteindre 140 000 tonnes à la dernière campagne, surclassant les américains Cargill (100 000 tonnes), ADM (85 000 tonnes) et le suisse Barry Callebaut, qui vient par ailleurs de tripler la capacité de production de son usine de San Pedro, la portant à 105 000 tonnes de fèves par an. Un investissement de 30 millions d’euros.

Saf Cacao n’est pas en reste : la PME exportatrice aura, elle aussi, son unité de broyage et de transformation. En septembre dernier, les trois associés ont créé Choco Ivoire, une usine pour laquelle ils ont réuni 20 millions d’euros, dont 80 % auprès de trois groupes bancaires, Ecobank, la Société ivoirienne de banques (SIB) et la BIAO. L’usine de San Pedro est en cours de construction et devrait accueillir bientôt des machines commandées à l’allemand Buhler, l’un des spécialistes de l’activité. D’une capacité annuelle de 100 000 tonnes, elle doit entrer en service en 2009 avec un premier objectif de 35 000 tonnes. « Toutes les conditions hygiéniques répondant aux standards internationaux seront réunies. Choco Ivoire pourra exporter la masse de cacao [résultat du broyage, NDLR], mais aussi des produits semi-finis et d’autres dérivés vers toutes les destinations du monde », affirme Ali Lakiss en affichant un grand sourire. Dont il ne se départ pas à l’énoncé d’une rumeur insistante le concernant : il ferait partie du camp Gbagbo et préparerait la campagne du président dans la région. « Une réussite suscite toujours des jalousies. Le business du cacao est héréditaire chez nous, moi et mes associés », rétorque-t-il. Avant d’ajouter qu’une fois l’usine de San Pedro rentabilisée il compte en construire une seconde sur le port d’Abidjan.

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