11/12/2008 à 09h:55 Par Hamid Barrada
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Ancien ambassadeur au Caire et à Tel-Aviv, juif pratiquant parlant l’hébreu, il n’en suscite pas moins la méfiance parmi les « amis d’Israël ».

Teasing : c’est un procédé bien connu en publicité qui consiste à aguicher le chaland pour mieux lui vendre le produit. Ainsi procède Barack Obama, le président américain élu, pour composer l’administration qui sera à l’œuvre lorsqu’il s’installera à la Maison Blanche, le 20 janvier. Des « fuites » distillées ont ainsi indiqué que c’est Hillary Clinton qui hériterait du département d’État et que Robert Gates serait maintenu au Pentagone. Le successeur de George W. Bush prépare maintenant le terrain à propos d’une fonction stratégique et délicate entre toutes, celle d’envoyé spécial du président pour le Moyen-Orient. Dans l’entourage d’Obama, on laisse entendre que le choix s’est porté sur Daniel Kurtzer. Avec lui, le teasing s’apparente à la prudence diplomatique. Car il n’est pas sûr, en dépit des apparences, que sa nomination, si elle se confirme, ne suscite que de l’enthousiasme parmi les « amis d’Israël ».

Cinquante-neuf ans, diplômé de l’université de Columbia, diplomate de ­carrière, Kurtzer a fait partie du premier cercle d’Obama tout au long de la campagne présidentielle. Il a participé à l’élaboration de son discours devant l’Aipac, qui n’a pas compté pour peu dans la mobilisation de l’électorat juif en faveur du démocrate. Il traitera directement avec le président (et non avec Hillary Clinton), ce qui donne une idée de l’importance que devrait accorder la nouvelle administration aux affaires du Moyen-Orient.

Kurtzer était en poste au Caire lors de l’assassinat de Sadate, en 1981. L’année suivante, et jusqu’en 1986, il sert à Tel-Aviv. Rappelé au département d’État, il est principalement chargé de l’Égypte, puis des questions de renseignements et de prospective. De 1997 à 2001, il se retrouve au Caire, nommé ambassadeur par Bill Clinton. George W. Bush lui confiera ensuite la représentation de Washington à Tel-Aviv, où il restera jusqu’en 2005. Juif pratiquant, parlant l’hébreu, il suscite une certaine méfiance en Israël et aux États-Unis. C’est qu’il lui arrive de critiquer la politique d’occupation de l’État juif et il ose même appeler les activistes palestiniens des « guérilleros » ! Au cours de sa mission israé­lienne, ses relations avec le Premier ministre Ariel Sharon n’étaient pas excellentes. Auparavant, Itzhak Shamir l’accusait d’exercer, avec deux autres diplomates de la même confession, une mauvaise influence sur le secrétaire d’État de ­l’époque. Le chef du gouvernement ­israélien les appelait avec commisération les « petits juifs de Baker ».

En 2006, Daniel Kurtzer a renoué avec l’Université pour enseigner, en particulier à Princeton. Récemment, il a publié avec Scott Lasensky, un autre conseiller d’Obama, un opuscule intitulé Negotiating Arab-Israeli Peace : American Leadership in the Middle East. Les idées qu’il y défend à propos du problème israélo-arabe sont en rupture avec la politique de George W. Bush, voire avec celle de Bill Clinton, et risquent de ne pas plaire à tout le monde à Washington.

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