Extension Factory Builder
10/12/2008 à 09:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Le nouvel administrateur-directeur général de la Snim est fermement décidé à maintenir les investissements de la première entreprise du pays. Crise politique ou pas.

Ousmane Kane a les épaules larges. En août dernier, alors gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie (BCM), il accueillait à Nouakchott, pour un sommet avec ses homologues africains, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. Trois mois plus tard, le voilà, à 55 ans, à la tête de l’entreprise la plus importante du pays : la Société nationale industrielle et minière (Snim), qui exploite le minerai de fer dans le nord de la Mauritanie. Un retour aux sources : « J’y ai fait mes premiers pas professionnels il y a vingt-cinq ans », explique cet ingénieur originaire du sud du pays, diplômé de grandes écoles françaises.

Rigoureux et droit, on lui reconnaît son expérience et son intelligence. Deux qualités certainement nécessaires pour gérer une entreprise qui pèse 12,5 % du PIB mauritanien et emploie cinq mille personnes. Avant d’y revenir, il a passé une grande partie de sa carrière à la Banque afri­caine de développement, qui l’a conduit à la Banque centrale de Mauritanie, dont il a été nommé gouverneur en septembre 2006. « Il a été très actif pour mener une profonde modernisation de l’institution. Ses initiatives pour asseoir l’indépendance de la banque et accroître sa transparence ont porté leurs fruits », note un cadre du FMI, spécialiste de la Mauritanie. Ousmane Kane a aussi goûté à la politique, en tant que conseiller du président Ely Ould Mohamed Vall pendant la transition démocratique de 2005.

 

Doubler la production

Sa nouvelle mission s’annonce difficile. À l’heure où les grands sidérurgistes européens, comme les constructeurs automobiles, annoncent des baisses de production ­considérables, les chances pour la Snim d’être épargnée par la baisse de la demande internationale en fer semblent ­minces. « Il est encore trop tôt pour faire un pronostic. Pour le moment, la crise n’a pas impacté l’entreprise dans son quotidien », répond Ousmane Kane, prudent, avant d’ajouter qu’il compte maintenir les investissements prévus. « Même en période de crise, il faut investir afin d’être en mesure de répondre à la demande au moment de la reprise. » La Snim, qui a produit 12 millions de tonnes de minerai en 2007, envisage de multiplier sa production par deux dans les cinq ans. Dans cet objectif, elle s’est engagée dans un plan d’investissement de 140 millions de dollars cette année, en liaison avec des Australiens (Sphere), des Européens (ArcelorMittal) et des Chinois (China Minmetals). « Nos partenaires n’ont signalé aucune remise en question de leurs engagements », se félicite Kane.

Mais un autre facteur pèse dans la balance. Les récentes turbu­lences politiques risquent de détériorer l’image du pays. A fortiori si la communauté internationale applique des sanctions économiques dans le cas où une solution à la crise née du coup d’État militaire du 6 août ne serait pas trouvée. « Je ne pense pas que la situation actuelle puisse avoir des conséquences sur l’activité de la Snim car elle a toujours été en dehors du jeu politique. Il faudrait néanmoins trouver rapidement un consensus, afin d’accompagner nos efforts pour attirer les investisseurs », conclut Ousmane Kane. La balle est dans le camp des généraux.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Bio express : Ousmane Kane

Article pr�c�dent :
Humour, saillies et sagesse

Mauritanie

Mauritanie : Dah Ould Abeid et 2 autres militants anti-esclavagistes condamnés à 2 ans de prison

Mauritanie : Dah Ould Abeid et 2 autres militants anti-esclavagistes condamnés à 2 ans de prison

Trois militants anti-esclavagistes de Mauritanie, dont l'ex-candidat à la présidentielle Biram Ould Dah Ould Abeid, ont été condamnés jeudi à deux ans de prison ferme.[...]

Mauritanie : Fatimata Mbaye, indestructible

Les femmes puissantes sont de plus en plus nombreuses sur le continent. Voici notre sélection - forcément subjective - des 50 Africaines les plus influentes au monde.[...]

Mohamed Talbi : "L'islam est né laïc"

L'auteur tunisien de "Ma religion c'est la liberté" n'en démord pas : le Coran est porteur de modernité et de rationalité, mais son message a été altéré par[...]

Décryptage : que signifie la condamnation à mort du jeune Mauritanien coupable d'apostasie ?

Le 24 décembre, un jeune Mauritanien a été condamné à mort pour apostasie, à Nouadhibou, dans le nord-ouest du pays, avant de faire appel deux jours plus tard. Cette décision[...]

Mauritanie : la défense fait appel de la condamnation à mort pour apostasie

Les avocats d'un jeune Mauritanien incarcéré depuis près d'un an pour un écrit considéré comme blasphématoire envers le prophète Mahomet et condamné à mort[...]

Mauritanie : un homme condamné à mort pour apostasie

Une organisation anti-esclavagiste de Mauritanie a appelé vendredi à gracier un jeune condamné à mort pour apostasie dans ce pays, regrettant "un procès expéditif mené sous[...]

Première condamnation à mort pour apostasie en Mauritanie

La première condamnation à mort pour apostasie de l'histoire de la Mauritanie depuis son indépendance en 1960 a été prononcée mercredi soir à Nouadhibou (Nord-Ouest) à[...]

Sahel : ces chefs jihadistes éliminés par les Français... et ceux qui courent toujours

Plusieurs chefs jihadistes de premier plan ont été tués par les forces françaises depuis le déclenchement de l'opération Serval au Mali, en janvier 2013. D'autres sont toujours en vie,[...]

Les pays du "G5 du Sahel" appellent l'ONU à intervenir en Libye

Les dirigeants des cinq pays du "G5 du Sahel" (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie), réunis vendredi en sommet à Nouakchott, ont appelé l'ONU à mettre en place une force[...]

"Timbuktu" : Abel Jafri, un jihadiste amoureux

Fils d'un Algérien et d'une Tunisienne, le comédien Abel Jafri incarne un fondamentaliste complexe dans "Timbuktu", le film d'Abderrahmane Sissako remarqué lors du Festival de Cannes.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA_2499_p092.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA_2499_p092.xml0 from 172.16.0.100