Extension Factory Builder
26/11/2008 à 18h:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Les petits soldats qui, à l’écran, sèment la terreur, tuent, violent, ont quitté leur fauteuil pour regarder Johnny Mad Dog, présenté le 18 novembre en avant-première à Paris, sur les Champs-Élysées. Dagbeh a préféré s’asseoir sur les genoux de Karin Muris, la coach qui a fait travailler les jeunes comédiens. Barry, lui, était à terre, la tête posée sur les genoux de Benoît Jaubert, le producteur associé. À la fin de la présentation, Christopher avait les larmes aux yeux. Tous voyaient le film pour la première fois.

Fallait-il faire jouer ces enfants traumatisés ? Pour Jean-Stéphane Sauvaire, le réalisateur, les enfants savent parfaitement faire la différence entre « jouer » une scène de guerre et la réalité. « Nous avons travaillé sur le corps et les émotions, nous ne leur avons pas demandé de fouiller dans leurs propres vécus. Surtout pas. Ils pleurent sur commande, pour la caméra, pas parce qu’ils sont tristes. Ce sont de vrais acteurs », explique Karin Muris. « Pour les jeunes, ce film ne tient pas lieu de thérapie », estime Marie-Rose Moro, psychiatre spécialiste de l’enfance et de l’adolescence. Et ils sont loin d’être sortis du cauchemar. « Je me souviens d’une maman, venue récupérer sa fille, ancienne combattante, après des semaines de soins auprès de nous. Elle m’a dit : “Merci d’avoir soigné ma fille, même si vous ne l’avez pas guérie”. » On ne guérit jamais vraiment de telles blessures.

Depuis les années 1990, le recrutement d’enfants par les bandes armées, voire les forces régulières, se développe de plus en plus. La secrétaire d’État française aux Droits de l’homme, Rama Yade, affirme avoir fait de la lutte contre ce phénomène une priorité. Depuis 2006 existent les Engagements de Paris, un texte de référence pour lutter contre l’enrôlement des enfants. Pour le moment, seuls 17 États ont signé. Signe encourageant, les premiers recruteurs d’enfants, dont l’un des plus connus d’entre eux, Charles Taylor, commencent à devoir rendre des comptes devant le Tribunal international. Peut-être la fin d’une trop longue impunité.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
fiche signalétique

Article précédent :
Néjib Chebbi engage le bras de fer

Libéria

Côte d'Ivoire : comment l'aile radicale des pro-Gbagbo opère au Ghana, selon l'ONU

Côte d'Ivoire : comment l'aile radicale des pro-Gbagbo opère au Ghana, selon l'ONU

Rendu public dimanche 28 avril, le deuxième rapport du groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire mandaté par le Conseil de sécurité des Nations unies détaille le mode opérato[...]

Patrimoine des dirigeants africains : circulez, il n'y a rien à voir !

Dans de nombreux pays africains, la loi impose aux responsables politiques de déclarer leur patrimoine. Problème : elle est rarement appliquée.[...]

Liberia : Ducor Palace, vestiges cinq étoiles

C'était le plus bel hôtel d'Afrique de l'Ouest, le lieu de rendez-vous de la bonne société des années 1950... Aller au Ducor Palace, à Monrovia, c'est se replonger dans un[...]

À la découverte de la planète peule

Après les Berbères, les Bamilékés, les anglophones du Cameroun, les Fangs, Jeune Afrique vous entraîne à la découverte de l'une des communautés les plus complexes et sans[...]

Les 10 piliers de la "pulanité"

Entre la littérature - foisonnante - et la tradition orale, difficile de s'y retrouver. Aboubacry Moussa Lam, de l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, et Fary Silate Kâ, chercheur à l'Institut[...]

Côte d'Ivoire : au moins six morts après une attaque dans l'ouest

L’attaque d’un village à quelques kilomètres de la frontière avec le Liberia, dans la nuit de mardi à mercredi, a causé la mort d’au moins six personnes, dont deux[...]

Charles Taylor : juif et chrétien, on n'est jamais trop prudent !

Les voies du Seigneur sont impénétrables. Pas moins, en tout cas, que celles qui mènent Charles taylor a vouloir épouser deux religions en même temps...[...]

Mali : pourquoi la Misma se hâte... lentement

La Force internationale d'intervention au Mali doit être composée de 3 300 hommes. Mais la mission demande à être précisée, et l'arrivée des soldats reste lente.[...]

Ellen Johnson-Sirleaf annonce l'envoi de troupes libériennes au Mali

Le Liberia enverra « bientôt » des troupes au Nord-Mali. Le pays devient ainsi le onzième à contribuer à la Mission internationale de soutien au Mali (Misma).[...]

L'OMS dévoile à Monrovia son dernier rapport sur la santé des femmes en Afrique

Le dernier rapport de l'OMS sur la santé des femmes africaines a été lancé à Monrovia par la présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf, le 17 décembre. Le continent[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers