17/11/2008 à 18h:48 Par Dominique Mataillet
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La version officielle parle de suicide. La famille de l’ancien ministre, qui fut journaliste à J.A., ne croit pas à cette thèse. Elle s’est constituée 
partie civile et veut connaître la vérité.

Comment est mort Atsutsè Kokouvi Agbobli ? C’est ce que veulent savoir les enfants du journaliste et homme politique togolais, dont le corps ensanglanté a été retrouvé le 15 août dernier sur une plage de Lomé (voir J.A. n° 2485). Le 27 octobre, ils se sont constitués partie civile par l’intermédiaire de leurs avocats togolais. La thèse officielle est que l’ancien ministre de la Communication (1994-1996), qui s’opposait vivement au pouvoir actuel, s’est suicidé. Un communiqué du ministre de la Sécurité et de la Protection civile du 15 août donnait déjà certains détails accréditant la thèse d’une mort volontaire. Agbobli aurait été admis le 13 août, vers 12 heures, dans une clinique « suite à une absorption de substances nuisibles à la santé dans le but de se donner la mort ». Il aurait ensuite quitté l’établissement le 14, à 4 heures du matin, en demandant à son chauffeur de le conduire à l’hôtel Sarakawa. Chemin faisant, il serait descendu du véhicule pour continuer le trajet à pied. Jusqu’à ce que l’on découvre, le lendemain, son cadavre, « rejeté par la mer ». Trois jours plus tard, écartant l’hypothèse d’une noyade, le procureur de la République, citant le rapport d’autopsie, parlait d’« intoxication médicamenteuse ». Selon le médecin légiste, les blessures à la tête auraient été occasionnées par une chute, mais ne seraient pas la cause du décès. Pour les enfants de l’ancien ministre du gouvernement d’Edem Kodjo, qui attendent les résultats d’une contre-autopsie pratiquée par un médecin venu des États-Unis, un tel scénario est invraisemblable. Pourquoi leur père se serait-il suicidé ? Contrairement à ce que l’on a pu lire ici ou là, il n’avait ni soucis financiers ni problèmes familiaux. Il prenait, certes, de nombreux médicaments, notamment contre l’hypertension et le diabète, mais était tout sauf dépressif. Marié en secondes noces à une diplomate angolaise, actuellement ambassadrice en Pologne, il revenait, en pleine forme, d’un voyage à Varsovie. Le film des événements qui ont précédé la découverte du corps suscite de nombreuses interrogations. Des messages troublants de personnes réputées proches du pouvoir seraient notamment parvenus à sa fille Muriel, alors en vacances à Lomé. Agbobli, au demeurant, se sentait menacé. L’un de ses parents, conseiller à la présidence, l’avait prévenu : des « groupuscules » en avaient contre lui.

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