17/11/2008 à 15h:41 Par Pascal Airault
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Les ministres des Affaires étrangères de l’Union pour la Méditerranée devaient se retrouver les 3 et 4 novembre à Marseille dans une ambiance délétère. « Israël s’oppose à la participation de la Ligue arabe aux réunions préparatoires et veut la cantonner à un rôle d’observateur. C’est intolérable, d’autant que le principe du droit de parole était acquis lors du sommet de lancement, en juillet à Paris », explique un diplomate du Sud. Afin de marquer leur total désaccord, les pays arabes ont reporté sine die la conférence euro-méditerranéenne sur l’eau, qui devait se tenir les 28 et 29 octobre en Jordanie, en vue (notamment) de la création d’un « canal de la paix » entre la mer Rouge et la mer Morte. Pour tenter de sauver un processus de plus en plus enlisé, Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak, les deux coprésidents de l’UPM, se sont rencontrés à l’Élysée le 29 octobre tandis que Serge Telle, le diplomate français chargé du dossier, se rendait au Caire pour rencontrer Amr Moussa, le président de la Ligue arabe. Objectif : trouver un compromis acceptable concernant la participation de la Ligue. Mais les experts doutent d’une éventuelle inflexion des positions israéliennes, toute initiative politique d’envergure semblant exclue jusqu’aux élections législatives anticipées du 10 février 2009. Quelques jours avant la rencontre de Marseille, la participation de Tzipi Livni, le chef de la diplomatie israélienne, était toujours en suspens, et de graves divergences compliquaient la rédaction du projet de déclaration finale. On se dirigeait vers l’adoption d’un texte a minima réaffirmant les grands objectifs et les projets de départ de l’UPM (dépollution de la Méditerranée, plan solaire, autoroutes du Maghreb, initiative de protection civile, Erasmus, appui technique et financier aux PME), faisant le point sur les aspects financiers et précisant l’agenda des rencontres prévues en 2009. Seule bonne nouvelle : la question du siège de l’Union a été considérablement simplifiée par le retrait des candidatures de Malte, du Maroc et, au dernier moment, de la Tunisie. « Plusieurs pays, dont Israël et la Syrie, ne voulaient pas d’un secrétariat général à Tunis », explique-t-on au Quai d’Orsay. Les chances de Barcelone en ont été augmentées d’autant, pour le plus grand plaisir de Miguel Ángel Moratinos, le ministre espagnol des Affaires étrangères, qui n’a pas ménagé ses efforts en ce sens. Un très mauvais signal adressé aux pays du Sud, incités à ne plus voir dans l’UPM qu’une réplique du processus « impérialiste » de Barcelone, tant décrié par le président Sarkozy.

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