Les révolutions qui ont secoué la Tunisie et l’Égypte ont attiré tous les regards occidentaux sur le monde arabe. Un intérêt bien compris et vite suivi sur le plan culturel puisque films, livres, expositions et autres dossiers consacrés aux révolutions dans les journaux n’ont cessé en 2011 de célébrer le réveil de la jeunesse arabe, parfois même avec une certaine dose d’opportunisme.
En tout cas, il y en a pour tous les goûts ! Au rayon cinéma, vous trouverez La Source des femmes, de Radu Mihaileanu, réalisateur roumain, présent à Cannes et juré au Festival international du film de Marrakech. Mais aussi Or noir, de Jean-Jacques Annaud, tourné en Tunisie au moment où éclatait la révolution. Ces films, pourtant peu politiques, ont bénéficié de l’aura du Printemps arabe. Au rayon livres, La Guerre sans l’aimer, de Bernard-Henri Lévy, journal de bord d’un témoin direct de l’insurrection libyenne, a fait l’objet d’une intense campagne de presse. Jean-Pierre Filiu, politologue pourtant plus habitué aux essais pointus, a collaboré à une bande dessinée, et l’écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun a publié, quelques semaines seulement après les soulèvements, un essai et un roman. Au Théâtre Nanterre-Amandiers (banlieue nord-ouest de Paris), la pièce J’aurais voulu être égyptien, d’Alaa El Aswany, a affiché complet. La Biennale de Venise et la Biennale de la photographie à Bamako n’étaient pas en reste et ont elles aussi mis en valeur des artistes du monde arabe. Dans une Europe vieillissante et en crise, il faut croire que les appels à la liberté de la jeunesse font encore rêver…
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Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]