Extension Factory Builder
22/12/2011 à 10:55
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Silvan Shalom, le vice-Premier ministre israélien. Silvan Shalom, le vice-Premier ministre israélien. © AFP

Le 7 décembre, le vice-Premier ministre israélien, Silvan Shalom, a enjoint aux Juifs tunisiens d’émigrer dans l’État hébreu. Mais ceux-ci ne l’entendent pas forcément de cette oreille…

Silvan Shalom, le vice-Premier ministre israélien (natif de Gabès, en Tunisie), a lancé un sacré pavé dans la mare. « J’appelle les Juifs vivant en Tunisie à venir s’installer en Israël le plus rapidement possible », a-t-il déclaré le 7 décembre. Réaction cinglante du mouvement islamiste Ennahdha, principale force de la coalition portée au pouvoir en Tunisie à l’issue des élections du 23 octobre : ces propos sont « irresponsables et irrationnels », fait-il savoir dans un communiqué où il rappelle que « les membres de la communauté juive de Tunisie sont des citoyens disposant de la plénitude de leurs droits ». « La Tunisie, poursuit le communiqué, est et restera un État démocratique qui respecte ses citoyens et veille sur eux quelle que soit leur religion. »

Bonne intelligence. « L’appel de Shalom n’a aucun sens, ce sont des bêtises, estime de son côté Roger Bismuth, le chef de la communauté juive de Tunisie, dans un entretien téléphonique avec Jeune Afrique. Les Juifs de Tunisie ne veulent pas partir, laissons-les tranquilles. » D’après Bismuth, le cri de Shalom ne sera pas entendu. « Dans la communauté, personne n’a l’intention de partir. Moi-même, je suis chez moi ici, j’ai participé à la lutte nationale comme tous les Tunisiens. J’ai 85 ans, je travaille depuis soixante et onze ans en bonne intelligence avec tout le monde. Et je continuerai à le faire dans n’importe quelles circonstances. » Et de conclure, catégorique : « Téléphonez à M. Shalom pour qu’il cesse de raconter des balivernes ! J’en ai assez d’entendre disserter sur la religion des gens. En Tunisie, il y a des Tunisiens, un point c’est tout. »

Rencontre discrète

Au cours de ces derniers mois, Bismuth a rencontré les deux principaux dirigeants d’Ennahdha, Rached Ghannouchi et Hamadi Jebali, avant et après le scrutin du 23 octobre. Certes, Israël a de tout temps incité les Juifs du monde entier à émigrer dans l’État hébreu. Mais ce qui est nouveau, c’est que ses dirigeants s’inquiètent désormais de l’accession au pouvoir des islamistes dans les pays du Printemps arabe. Selon The Economist, Ghannouchi aurait « discrètement rencontré » des responsables israéliens lors de son voyage à Washington, à la fin de novembre, et les aurait notamment assurés qu’aucune clause évoquant Israël ou le sionisme ne figurerait dans la future Constitution tunisienne. Les propos rapportés par l’hebdomadaire britannique sont exacts, mais ils ont tout simplement été tenus en public, lors d’une conférence donnée par Ghannouchi au Washington Institute for Near East Policy, le 30 novembre

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisiens noirs et mauvais oeil

Maha Abdelhamid est militante tunisienne, cofondatrice de l'Association de défense des droits des Noirs.[...]

Quand l'émir du Qatar bouscule le protocole tunisien

Lors de sa visite en Tunisie, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, l'émir du Qatar ne s'est pas encombré du protocole.[...]

Tunisie : les familles des martyrs de la révolution réclament plus de justice

Les familles des martyrs de la révolution se mobilisent mercredi dans la capitale tunisienne. Objectif : protester contre la sentence rendue en appel, le 11 avril, par le tribunal militaire de Tunis contre[...]

Tunisie - Rached Ghannouchi : moi, diplomate

Fort de ses nombreux contacts noués dans le monde arabe, le leader islamiste tunisien se rêve en médiateur sur la scène politique libyenne.[...]

Stéphanie Pouessel : "Beaucoup de Tunisiens reconnaissent l'existence d'un vrai problème de racisme"

Docteur en anthropologie, Stéphanie Pouessel a dirigé l’étude "Noirs au Maghreb. Enjeux identitaires", publié aux éditions Karthala en 2012. Résidente en Tunisie[...]

Microsoft : Jamel Gafsi, numéro 8

Tunisien formé en Allemagne et en France, Jamel Gafsi dirige le Centre d'ingénierie de Microsoft, à Issy-les-Moulineaux. Portrait.[...]

Maghreb : Ô Rap ! Ô désespoir !

De Rabat à Tripoli, ils traduisent, avec des paroles parfois très crues, la colère et les frustrations de la jeunesse face à l'oppression et à l'injustice, mais aussi sa[...]

Street art : Zoo project en toute liberté

L'artiste franco-algérien qui avait rendu hommage aux martyrs de la révolution tunisienne a été retrouvé mort.[...]

Algérie - Tunisie : quand le business finance le terrorisme

En Tunisie, non loin de la frontière avec l'Algérie, le massif du Chaambi sert de repaire à des contrebandiers et à des groupes armés. Et souvent le business finance le terrorisme.[...]

Tunisie : avec Jomâa, la revanche des diplomates

Mis à rude épreuve par les errements de l'ex-troïka au pouvoir, ils forment désormais l'ossature du gouvernement de Mehdi Jomâa, qui a fait de la restauration de l'image de la Tunisie l'une[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers