Recrutées comme femmes de chambre, dix-neuf jeunes Chinoises ont été séquestrées, battues et contraintes de se prostituer dans un hôtel de Luanda, en Angola. La police locale a mis fin à leur calvaire.
Le scénario est toujours le même : des femmes venues de la campagne à qui l’on fait miroiter un travail à l’étranger et un salaire de rêve – tout est relatif. En l’occurrence, c’était un emploi de femme de chambre dans un hôtel de Luanda, en Angola, à 600 euros par mois. Six fois plus que leur salaire en Chine. Mais le rêve a tourné au cauchemar pour ces dix-neuf infortunées. À peine arrivées dans la capitale angolaise, elles ont été séquestrées dans un hôtel, privées de leur passeport et contraintes de se prostituer. Leur calvaire a duré six mois, jusqu’à ce que l’une d’elles réussisse à prévenir sa famille. Laquelle a alerté les autorités. Les jeunes femmes ont fini par être libérées par la police de Luanda, aidée par des agents chinois. Onze personnes ont été arrêtées. L’une des victimes a raconté son calvaire au quotidien China Daily : les coups, les privations, les clients qui défilent… Ces derniers étaient presque tous chinois, ouvriers, contremaîtres ou commerçants. Plus de 70 000 de leurs compatriotes vivent en Angola, où la République populaire a investi 25 milliards de dollars (près de 19 milliards d’euros).
Rapatriés d'urgence
« Les Chinois n’ont pas le droit d’avoir des relations avec des Angolaises, explique l’un d’eux. Violer cette règle, c’est s’exposer à être rapatrié d’urgence. Nous vivons isolés pour des raisons de sécurité (on nous explique que le pays est dangereux), mais aussi culturelles. Nous connaissons mal ces pays dont nous ne parlons pas la langue. Notre seule motivation, c’est l’argent. Alors, on préfère rester entre nous. Et quand on va voir les filles, ce sont toujours des compatriotes. » Les triades spécialisées dans l’émigration clandestine ont sauté sur l’occasion, avec le renfort de gangs angolais. On estime que 90 % des 4 millions de Chinoises qui se livrent à la prostitution le font contraintes et forcées. Un rapport du département d’État américain révèle qu’une grande partie d’entre elles travaillent à l’étranger. Et de plus en plus souvent en Afrique.

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