09/12/2011 à 16h:03 Par Julien Clémençot
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Si l'opérateur reste leader dans son pays, avec 46,9% de parts de marché, ses revenus y baissent. Si l'opérateur reste leader dans son pays, avec 46,9% de parts de marché, ses revenus y baissent. © Cécile Tréal pour Jeune Afrique

Le groupe Maroc Télécom devrait voir son chiffre d’affaires diminuer en 2011. En repli dans le royaume, il réalise en revanche de belles performances au Mali et au Burkina Faso.

Maroc Télécom va-­t-il enregistrer cette année le premier recul de son chiffre d’affaires (CA) depuis l’entrée de Vivendi dans son capital en 2001 ? Probable, si l’on en croit les analystes de la banque d’affaires CFG Group, qui prévoient pour 2011 un revenu consolidé de 30 919 millions de dirhams (2 728 millions d’euros) contre 31 655 millions de dirhams l’an dernier. Dans le royaume, la baisse est déjà de 3,4 % sur les neuf premiers mois de 2011 par rapport à la même période en 2010.

La contre-performance demeure cependant relative. D’ailleurs, si le cours de l’action Maroc Télécom accuse un repli de 7 % depuis le début de l’année, il ne s’effondre pas. À raison : l’opérateur conserve une excellente profitabilité. Même si elle va baisser, sa marge Ebitda – indicateur proche de la marge brute d’exploitation – tournera autour de 55 % fin décembre, ce qui classe la société parmi les meilleures d’Afrique dans son secteur. Reste que Maroc Télécom évolue sur un marché national de plus en plus mature, où le taux de pénétration du téléphone mobile atteint 112 %.

À preuve, si l’opérateur, leader dans le royaume (46,9 % du marché), voit le nombre d’abonnés à ses offres mobile progresser légèrement sur douze mois (+ 1,4 %) et presque atteindre 17 millions, ses revenus ne suivent pas. Pis, ils baissent de 6,2 % au troisième trimestre. Un recul qui s’explique par la fin des exonérations partielles pour la contribution au service universel, la hausse des tarifs d’interconnexion ou la fin des promotions limitées aux appels passés sur son propre réseau.

Mais aussi par la baisse importante du prix moyen par minute (– 25 % sur les neuf premiers mois de 2011 par rapport à la même période l’an passé) décidée pour résister à ses concurrents Inwi et Méditel. Malgré cet effort – en partie (ré)compensé par une hausse de 24 % des minutes consommées –, Maroc Télécom conserve un prix bien supérieur à ses challengeurs (0,97 dirham par minute contre 0,76 en moyenne). D’après Fayçal Allouch, analyste chez CFG, « la pression sur les tarifs devrait rester forte au cours des prochains mois du fait de leur niveau actuel, encore supérieur à ceux pratiqués en Égypte (0,16 dirham par minute) et en Algérie (0,25 dirham) ».

Sotelma en vedette

Pour Maroc Télécom, les bonnes nouvelles viennent plutôt de ses filiales sur le continent (20 % des revenus consolidés du groupe de janvier à septembre 2011, contre 17 % sur la même période en 2010). Vue de Bamako, la réussite est même impressionnante. Sur un an, à fin septembre, le nombre d’abonnés de la Sotelma a bondi de 87 % pour la téléphonie mobile, 21 % pour le fixe et 99 % pour les offres internet. Résultat : le CA du troisième trimestre a grimpé de 31,5 % pour atteindre 555 millions de dirhams. Les observateurs jugent les résultats de la filiale malienne si convaincants qu’ils lui prédisent à moyen terme une rentabilité similaire à celle de sa maison mère.

En comparaison, le Burkina Faso affiche des performances moins étourdissantes. Mais si le CA d’Onatel ne progresse que de 4 % au troisième trimestre 2011 (442 millions de dirhams) par rapport à 2010, sa rentabilité s’améliore en dépit de la concurrence agressive de Bharti. En revanche, les opérations en Mauritanie (Mauritel) et au Gabon (Gabon Télécom) sont décevantes et voient leur profitabilité s’effondrer.

Selon les analystes, l’avenir du groupe se joue pourtant toujours au sud du Sahara. Compte tenu de son faible niveau d’endettement, ils appellent même de leurs vœux une acquisition en 2012. Mais, pour l’heure, selon Fayçal Allouch, l’opérateur doit avant tout puiser dans ses ressources pour poursuivre ses campagnes de promotion et ainsi protéger ses parts de marché, au Maroc comme à l’étranger. 

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