Extension Factory Builder
30/11/2011 à 18h:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Malgré la position de la direction, de jeunes militants ont rejoint les manifestants. Double jeu ? Malgré la position de la direction, de jeunes militants ont rejoint les manifestants. Double jeu ? © AFP

Pragmatique, voire cynique, la confrérie des Frères musulmans a choisi d’apporter son soutien aux militaires égyptiens, confrontés à un puissant mouvement de contestation.

« Pendant que nous sommes place Al-Tahrir pour défendre notre liberté, les Frères musulmans organisent des réunions électorales et accusent les manifestants d’être payés pour retarder le scrutin du 28 novembre », déplore Mustapha Fouad, cadre du Mouvement du 6 avril. Quelques jours avant les élections la confrérie a en effet choisi de se ranger du côté du Conseil suprême des forces armées (CSFA) au moment où le pays a renoué avec l’effervescence révolutionnaire. Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), organe politique du mouvement islamiste, a ainsi refusé de se joindre aux manifestants réclamant le départ des militaires qui dirigent la transition politique du pays.

Double jeu ?

« La situation nécessite un retour au calme et l’ouverture d’un dialogue. Plus le nombre de manifestants est élevé, plus il y aura des tensions », s’est justifié le secrétaire général du PLJ, Saad al-Katatny, dont le parti a participé à la réunion de dialogue organisée par l’armée le 22 novembre.

Depuis la chute de Hosni Moubarak, le 11 février, les Frères ont boycotté plusieurs manifestations, traitant même leurs organisateurs de « voyous ». C’est seulement lorsque leurs intérêts sont en jeu qu’ils se dressent contre les généraux, s’opposant par exemple, en juillet, à une proposition de loi qui risquait de limiter leur nombre de sièges au Parlement à l’issue des élections.

« Ils jouent le jeu du Conseil suprême, car ils veulent lui prouver qu’il peut compter sur la confrérie », explique Ammar Ali Hassan, écrivain et chercheur en sciences politiques et sociales. Les Frères entendent ainsi conforter leur influence sur la vie politique égyptienne et obtenir des postes importants au sein du prochain gouvernement de transition.

Mais une telle stratégie pourrait les conduire à l’isolement. « Les gens se rendent compte que rien n’a changé. Les électeurs pourraient leur tenir rigueur de s’être rangés du côté du Conseil suprême », observe Hassan.

Pas de consignes

Conscient du danger, le mouvement islamiste n’avait pas totalement abandonné la place. Sa jeune garde était là. « Nous sommes nombreux place Al-Tahrir, déclare Amr, un jeune Frère du quartier de Guizeh. Nous n’avons pas reçu de consignes. Un dirigeant de la confrérie m’a appelé et m’a juste demandé de faire attention. » Une situation qui laisse à penser que la confrérie joue sur les deux tableaux. D’autres y voient des divisions internes, Mohamed al-Beltaguy, cadre du PLJ, ayant annoncé que les Frères rejoindraient les rangs des dissidents.

Toujours est-il que le mouvement reste persuadé que les élections du 28 novembre sont la seule issue à la crise. « Depuis février, nous disons que le Conseil suprême doit partir. Mais qui peut le remplacer ? Personne ! Il faut que les élections aient lieu pour qu’un Parlement élu prenne la place de l’armée, qui ne s’occupera plus de politique », martèle Medhat al-Haddad, responsable de la confrérie à Alexandrie.

Mais le CSFA ne semble pas près de quitter la scène politique : jusqu’à la présidentielle, à la mi-2012, il garde un droit de regard sur tout ce qui se décide. Dans le même temps, la contestation ne faiblit pas. Les Frères auraient-ils misé sur le mauvais cheval ?

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Egypte

Égypte - Éthiopie : tempête sur le Nil

Égypte - Éthiopie : tempête sur le Nil

Sabotage, corruption, intimidation : inquiet de la construction d'un barrage par Addis-Abeba, Le Caire a envisagé toutes les options lors d'une réunion de crise retransmise à la télévision.[...]

Play-offs Mondial 2014 : Côte d'Ivoire, Égypte, Tunisie et Algérie qualifiées

Côte d'Ivoire, Égypte, Éthiopie, Tunisie et Algérie. Voici les cinq premiers qualifiés pour les play-offs de la zone Afrique, en vue des qualifications pour la Coupe du Monde 2014.[...]

Égypte : pourquoi Mohamed Morsi a rompu les relations avec Damas

Le président égyptien Mohamed Morsi, qui a annoncé la rupture des relations avec Damas, veut donner des gages de solidarité aux pays arabes et occidentaux opposés au régime de Bachar[...]

Égypte : Mohamed Morsi met en garde les opposants qui appellent à son départ

Le président égyptien, Mohamed Morsi, a prévenu, le 15 juin au soir, qu'il agirait "avec détermination" pour préserver la « stabilité » du pays. Allusion faite aux[...]

Justice : un Égyptien soupçonné de coopérer avec le Mossad a été mis en détention

Le parquet égyptien a annoncé, le 15 juin, l'arrestation d'un Égyptien soupçonné d'espionnage au profit d'Israël et sa mise en détention pour 15 jours pour les besoins de[...]

Qatar : la raison du plus riche... est souvent la meilleure

Oeuvres de charité, investissements, soutien à des partis islamistes... Au Maghreb, comme ailleurs, le Qatar est un adepte de la diplomatie du dollar.[...]

Qatar - Maghreb : ils sont en première ligne

Ce sont les ambassadeurs du Qatar au Maghreb. Même s'ils gardent parfois une certaine distance avec la ligne de l'émirat gazier, ils n'en restent pas moins des relais de ses investissements et de son "soft[...]

Maghreb : à quoi joue le Qatar ?

Maniant pression et gros chèques, le Qatar cherche à peser sur la politique régionale en surfant sur son soutien au Printemps arabe. Une omniprésence qui le rend de moins en moins populaire.[...]

Égypte - Éthiopie : touche pas à mon Nil !

L'Ethiopie a commencé à détourner les eaux du Nil bleu dans le cadre de la construction d'un gigantesque barrage. Les dents égyptiennes grincent…[...]

Égypte: les avocats des plaintes civiles interdits, le procès Moubarak ajourné

La cour criminelle du Caire chargée de juger l'ancien président Hosni Moubarak, accusé de corruption et de complicité dans le meurtre de manifestants, a conclu samedi une brève séance en[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers