30/11/2011 à 16h:22 Par Youssef Aït Akdim
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Ali Khamenei était un proche du général Hassan Moghaddam, mort dans l'explosion à Téhéran. Ali Khamenei était un proche du général Hassan Moghaddam, mort dans l'explosion à Téhéran. © Reuters

Selon certaines sources, l’explosion qui a coûté la vie à dix-sept Gardiens de la révolution en Iran, dont un haut responsable du programme de missiles à longue portée, porte la signature de Tel-Aviv.

La déflagration a résonné jusqu’en plein cœur de Téhéran. Le 12 novembre, une explosion secoue la base militaire de Bigdaneh, à 40 km de la capitale. Les autorités militaires encerclent le périmètre, les sites web relayant les photos des lieux sont immédiatement bloqués. Le bilan est lourd : 17 Gardiens de la révolution sont tués, dont le général Hassan Moghaddam. Haut responsable du programme de missiles à longue portée, Moghaddam est réputé proche d’Ali Khamenei. Confirmant la rumeur, le Guide suprême assiste, deux jours plus tard, aux obsèques. Des funérailles de martyrs, retransmises par la télévision d’État. « Ne croyez pas les Iraniens. Ce n’est pas un accident », confie un diplomate occidental au magazine Time. Pour lui, l’attentat porte la signature de Tel-Aviv.

Plus précis encore, le New York Times évoque une opération conjointe du Mossad et des Moudjahidine du peuple (MEK), un groupe d’opposition inscrit par les États-Unis sur la liste des organisations terroristes. Mais, depuis sa retraite parisienne, la porte-parole du mouvement, Shahin Ghobadi, dément catégoriquement : « Le MEK n’a rien à voir, ni directement ni indirectement, avec cette explosion. Je crois que ces accusations fallacieuses ont été propagées par le régime clérical. »

Endiguement

Difficile de dénouer cet écheveau d’accusations anonymes et de dénégations suspectes. Le 16 novembre, le président du Parlement, Ali Larijani, ajoute au mystère en qualifiant de « fictions » toutes les pistes évoquées, les Iraniens rechignant à reconnaître leur impuissance face aux assassinats ciblés. En novembre 2010, le physicien Majid Shahriari meurt dans un attentat à la bombe ventouse alors qu’il se rendait à l’université de Téhéran. À peu près au même moment, son collègue Fereydoun Abbassi Davani échappe de peu à une attaque similaire.

Entre la menace d’une guerre brandie par Israël et l’impasse diplomatique, une troisième voie semble aujourd’hui explorée : une politique d’endiguement menée par les États-Unis, avec leurs alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG), couplée à des actes de sabotage contre le programme nucléaire iranien. Ni guerre ni paix. 

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