25/11/2011 à 10h:53 Par Michael Pauron, envoyé spécial
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Plus de 70% des activités de la firme irlandaise sont en Afrique. Plus de 70% des activités de la firme irlandaise sont en Afrique. © Tullow Oil

Le cours de la junior poursuit sa progression à la Bourse de Londres. Malgré des retards dans l’exploitation au Ghana et en Ouganda, le groupe Tullow Oil se veut plus que rassurant et annonce des perspectives prometteuses.

Une chose est sûre : Tullow Oil sait tranquilliser les marchés. La firme irlandaise, basée et cotée à Londres, continue de convaincre les investisseurs de la City (voir infographie ci-dessous). Et à Accra, où elle est cotée depuis juillet, la valeur reste stable : environ 31 cedis (14 euros).

Cours du baril de Brent à plus de 100 dollars, demande mondiale en hausse, implantations dans des zones dynamiques (avec plus de 70 % de ses activités en Afrique)… Autant de facteurs qui maintiennent à la hausse le cours du pétrolier. Ses performances sont en outre tirées par l’augmentation continue de ses réserves prouvées : aujourd’hui 1,5 milliard de barils, contre 1,38 milliard fin 2010. Lors de la présentation des résultats portant sur la période du 1er juillet au 8 novembre, le groupe a de plus mis en avant un taux de succès sur ses explorations de 71 %.

Les positions stratégiques de Tullow au Ghana, sur les blocs West Cap Three Point (où se trouve le champ Jubilee) et Tano (où plusieurs champs ont été mis au jour pour un total estimé à 400 millions de barils), et en Ouganda, sur le lac Albert (2,5 milliards de barils), ne sont pas étrangères à ces résultats. Les explorations au large du Kenya (dont le premier forage devrait intervenir d’ici à six semaines) offrent aussi de bonnes perspectives. Surtout, estime Alexandre Andlauer, analyste chez AlphaValue, « la valeur de Tullow réside dans son potentiel de production future » : 100 000 barils par jour en 2014.

Pionnier dans l’âme, le groupe a acquis le 31 octobre de nouveaux blocs, au large de la Mauritanie, d’une surface de 10 700 km2. « Nous étions déjà présents dans ce pays mais pas en tant qu’opérateur, rappelle Tim O’Hanlon, vice-président de Tullow. Grâce à ces nouveaux contrats, nous le devenons. C’est une bonne nouvelle pour nous et pour le pays. » Mais c’est aussi un risque, au regard des déceptions causées par le champ mauritanien de Chinguetti (sur lequel Tullow est partenaire), qui ne produit pas les résultats escomptés.

Au Ghana, tout échec n’est pas non plus totalement écarté. Si la découverte de Jubilee est l’une des plus importantes de la décennie, son développement est plus compliqué que prévu. La production atteint 80 000 b/j au lieu des 120 000 attendus. « C’est un problème d’ordre technique, temporaire et en cours de règlement, assure Tim O’Hanlon. Nous allons creuser un ou deux puits de plus pour augmenter notre production. » Le groupe prévoit au final quatre mois de retard pour atteindre ses objectifs. Et son vice-président de préciser, rassurant : « Les découvertes alentour vont permettre de maintenir ce niveau de production pour des années. »

Éjecté de RD Congo

Ailleurs aussi, les retards s’accumulent. Littéralement éjecté de RDC, le pétrolier explique : « Nous ­avions nos contrats en bonne et due forme, mais il nous manquait l’ordonnance présidentielle. Quand la demande est arrivée sur le bureau de Joseph Kabila, il a préféré attribuer le contrat à une société inconnue. Mais je suis persuadé qu’il le regrette. Et nous pensons que la logique d’avoir le même opérateur des deux côtés du lac Albert prendra le dessus un jour ou l’autre. »

En Ouganda, enfin, une sombre affaire de corruption impliquant Tullow retarde un peu plus le deal signé avec le français Total et le chinois Cnooc. Pour Tim O’Hanlon, « c’est une histoire entre le Parlement et le gouvernement ! Le président Museveni a hâte que cette histoire soit réglée, et nous sommes tous prêts à nous mettre au travail dès demain ».

En conclusion, « Tullow est extrêmement sensible au prix du pétrole, c’est donc un jeu pour les investisseurs d’anticiper les mouvements de prix, explique Alexandre Andlauer. L’actualité en provenance d’Ouganda ou la vente partielle d’actifs pourraient aussi influencer le cours de l’action ». 

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Par Michael Pauron, envoyé spécial au Cap

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