Le Nigérian Bashir Ifo assurait depuis janvier l’intérim de la présidence de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao. Au terme d’âpres tractations, il a été définitivement confirmé dans ses fonctions.
Neuf mois. C’est le temps qu’il aura fallu pour nommer un président à la tête de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC) et remplacer le Béninois Christian Adovèlandé, parti, le 22 janvier, diriger la Banque ouest-africaine de développement. Le conseil des gouverneurs de la BIDC, réuni le 10 octobre à Accra, a finalement fait confiance à un homme du sérail. Entré en 1995 dans ce qui s’appelait alors le Fonds de la Cedeao, Bashir Ifo y a fait toute sa carrière, jusqu’à occuper, à partir de 2007, le poste de vice-président chargé des finances et des services institutionnels. Diplômé en banque et finance de l’université Ahmadu Bello de Zaria (Nigeria), il gravit, à l’âge de 51 ans, l’ultime marche de l’organigramme.
Devant les gouverneurs, Bashir Ifo a fait un point sur la BIDC, dont le champ d’action s’étend sur seize pays ouest-africains. « Au 31 décembre 2010, a-t-il précisé, la banque avait un déficit de 4,8 millions de dollars [3,6 millions d’euros, NDLR]. Les prévisions à la fin juin 2011 font apparaître que le déficit a été transformé en un bénéfice de 2,66 millions de dollars. Cela a été possible grâce à des mesures de gestion prudentes et des dispositions agressives de recouvrement des prêts. » En termes d’interventions (prêts, garanties, capital-investissement), les engagements de la BIDC sont passés de 751,2 millions de dollars en décembre 2010 à 905,9 millions fin août 2011. Par ailleurs, la banque a obtenu une ligne de crédit de 150 millions de dollars en juillet auprès du gouvernement indien, et des négociations sont en cours avec des banques chinoises pour financer, à hauteur de 1,5 milliard de dollars, treize projets dans quatre pays (Mali, Sénégal, Togo et Burkina).
Imposé par Lagos
La nomination de Bashir Ifo ne s’est pas faite dans la sérénité. Les États de la Cedeao avaient convenu que le président de la BIDC serait recruté par un chasseur de têtes. Un cabinet spécialisé a bien présenté en avril une sélection de dix-sept candidats issus de huit pays. Les trois premiers (deux Guinéens et un Bissau-Guinéen) étaient ex æquo, Bashir Ifo sixième… Mais le Nigeria, qui apporte 40 % des fonds de la BIDC, a imposé son ressortissant. À celui-ci de prouver maintenant qu’il est bien l’homme de la situation.

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