Extension Factory Builder
13/11/2011 à 12:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le site de microblogging Weibo compte près de 200 millions d'utilisateurs en Chine. Le site de microblogging Weibo compte près de 200 millions d'utilisateurs en Chine. © AFP

Inspiré de l’américain Twitter, le site de microblogging Weibo compte aujourd’hui 200 millions d’utilisateurs. Sa spécialité ? La dénonciation de scandales. Le gouvernement chinois apprécie modérément.

« Weibo a changé notre façon de travailler. Désormais, lors de la plupart des événements importants, les messages des blogueurs sont diffusés si vite que nos journalistes peuvent intervenir bien avant les censeurs du département de la propagande. »

Ce commentaire d’un rédacteur en chef illustre la nouvelle donne de l’information en Chine. Weibo, le Twitter chinois, avec ses 200 millions d’utilisateurs, est devenu en quelques mois la principale source d’information des internautes. Il révèle presque instantanément ce que les autorités préféreraient occulter.

Né il y a moins de deux ans et attaché à Sina, le plus important portail internet local, Weibo (qui signifie littéralement « microblog ») est devenu l’exutoire de toute une population qui ne fait plus confiance à personne. « La justice et la police sont corrompues, nous explique un utilisateur qui se fait appeler Dark Night (“nuit noire”). Les médias sont censurés et, si je veux savoir ce qui se passe en Chine, je m’informe sur Weibo. Si je veux dénoncer quelque chose, je poste aussi sur Weibo. »

Le site fonctionne sur le modèle de Twitter, qui est pour sa part bloqué en Chine, et permet de diffuser en quelques dizaines de caractères des messages à des millions d’internautes.

Depuis le début de l’année, les dénonciations de scandales se multiplient : diffusion de photos de plusieurs ministres arborant des montres de luxe, publication de factures d’achats d’alcool par les dirigeants d’une grande société d’État… Rien n’échappe à la vigilance des chevaliers blancs du Net. Le gouvernement l’a bien compris et tente de museler le site. Mais comment bâillonner 200 millions de personnes ?

Exutoire

« Des propositions ont été faites, comme de contrôler les microblogs des leaders d’opinion ou de faire de Weibo un simple exutoire au mécontentement populaire, ce qui prouve que le gouvernement continue de ne faire aucun cas de l’opinion, estime l’universitaire Ren Jiantao, à Pékin. Il faut voir Weibo de façon positive, et son intervention dans la politique comme un moyen d’accélérer la réforme du mode de gouvernance. »

Reste que, pour la plupart des dirigeants chinois, Weibo est avant tout une menace. Et le rôle central qu’ont joué les réseaux sociaux dans les révolutions arabes conforte évidemment leur crainte. Bref, les jours de Weibo sont peut-être comptés. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis 10 mois ont été libérés samedi et sont "en bonne santé", a annoncé le président François Hollande, l&[...]

Chine : le baiser du Dragon

De Taïwan à Hong Kong et de Bangkok à Jakarta, la République populaire de Chine étend les tentacules de son économie surpuissante. Beaucoup lui reprochent d'avoir l'affection un brin[...]

Touche pas à ma graisse !

C'est une aventure ahurissante qui se déroule en ce moment dans une prison du Brabant. Ça commence comme ça : un détenu - on va l'appeler John - se met à grossir de façon[...]

Décès de Gabriel García Márquez : hommage à "Gabo" le magnifique...

L'écrivain colombien et prix Nobel de littérature Gabriel García Márquez est décédé à Mexico, jeudi. Il avait 87 ans.[...]

Espagne : le roi d'Espagne a-t-il comploté contre le gouvernement dans les années 1980 ?

Le roi d'Espagne a-t-il, en 1980, donné son feu vert à une tentative de coup d'État militaire ? C'est la thèse d'un livre qui fait scandale.[...]

Aïda Diarra, "Madame Afrique" de Western Union

La Malienne Aïda Diarra est vice-présidente Afrique de Western Union. Son défi : innover pour préserver le leadership du groupe américain dans les flux d'argent à destination du[...]

France : quand François Hollande oublie les "tirailleurs"

À la Grande Mosquée de Paris, sur la plaque gravée en hommage aux soldats musulmans mort pour la France, l'Élysée va devoir réparer son omission.[...]

Faïza Guène, écrivain à part et entière

Depuis le best-seller "Kiffe kiffe demain", paru il y a dix ans et vendu à 400 000 exemplaires, la jeune auteure n'a pas cessé d'écrire. Dernier opus : "Un homme, ça ne pleure[...]

La police de New York démantèle son unité chargée d'espionner la communauté musulmane

Vous ne saviez sans doute pas qu'elle existait. Pourtant, la police new-yorkaise a annoncé mardi qu'elle avait fermé son unité secrète chargée d'espionner la communauté musulmane de la[...]

Wilson Kipsang : "Le record du monde du marathon n'est pas une fin en soi"

Vainqueur du marathon de Londres dimanche 13 avril, le recordman du monde (2 h 03 ' 23) Wilson Kipsang Kiprotich a assis un peu plus sa domination mondiale. Impérial tout au long de la course, le Kényan de 32 ans[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers