02/11/2011 à 17h:02 Par Nicolas Michel
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L'un des 14 blessés de l'attentat du bar Mwaura, à Nairobi le 24 octobre 2011. L'un des 14 blessés de l'attentat du bar Mwaura, à Nairobi le 24 octobre 2011. © Tony Karumba/AFP

Alors que l’armée kényane poursuit son opération militaire en Somalie, Nairobi devient la cible d’attentats. Et les Shebab annoncent d'autres frappes en guise de représailles.

Lundi 24 octobre, 1 heure du matin. L’ambiance est détendue au Mwaura, un bar de Mfangano Lane, à Nairobi. Soudain, une violente explosion fait trembler les murs. Quelqu’un a lancé une grenade. Il y a du sang partout. Tout le monde se précipite vers la sortie – trop étroite – dans la plus grande confusion.

Bilan : quatorze blessés. Moins de vingt-quatre heures plus tard, près d’un terminal de bus, une autre grenade explose, causant la mort d’une personne et en blessant treize autres. La police arrête Elgiva Bwire Oliacha, alias Mohamed Seif, 28 ans, qui reconnaît être membre des milices islamistes Shebab. Dans son appartement, les policiers découvrent armes et munitions en quantité.

Après l’attaque lancée par l’armée kényane, le 16 octobre, sur les villes d’Afmadow et Kismayo (Somalie), les Shebab avaient promis des représailles. Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour mettre leur menace à exécution. En l’occurrence contre Nairobi, qu’ils avaient jusque-là épargné – sans doute parce que le Kenya leur servait de base logistique et financière. Si les mesures de sécurité ont été renforcées dans la capitale kényane, les autorités risquent d’avoir du mal à gérer la présence des nombreux immigrés somaliens qui peuplent, notamment, le « petit Mogadiscio » (quartier d’Eastleigh). Surtout si le conflit armé devait durer, ce que les précédents américain et éthiopien font craindre.

Alors qu’en Somalie les troupes kényanes continuaient leur progression vers Kismayo, port stratégique tenu par les Shebab, des révélations sont venues éclairer les dessous de cette action militaire. « Une opération de cette ampleur ne se prépare pas en une semaine. Elle est dans les tuyaux depuis un moment », a ainsi affirmé Alfred Mutua, le porte-parole du gouvernement. Une déclaration qui confirme l’idée que les enlèvements d’étrangers, invoqués pour justifier l’attaque, ne sont qu’un prétexte. Certains suggèrent que la construction d’un grand port à Lamu, non loin de la frontière, ne peut être mise en œuvre si la zone demeure sous la menace conjointe des pirates et des Shebab…

Navires français

Reste que, si l’intervention était planifiée depuis longtemps, il est étrange qu’elle ait été déclenchée au moment où les pluies rendent la progression difficile. Autre question en suspens : qu’en est-il de l’aide apportée par la France et les États-Unis ? Se limite-t-elle au renseignement ou implique-t-elle des frappes aériennes, comme le laisse à penser une déclaration d’Emmanuel Chirchir, le porte-parole de l’armée kényane : « Kismayo a subi des attaques aériennes. Ce n’est pas celles de nos troupes, ce doit être celles de nos alliés » ? Les états-majors français et américain démentent. Paris n’aurait apporté qu’une aide logistique au moyen d’un avion Transall C-160. Mais selon Jean Guisnel, chroniqueur à l’hebdomadaire Le Point, la France dispose dans la région de plusieurs bâtiments de guerre et d’un navire de renseignement, le Dupuy de Lôme, qui mouillerait actuellement dans le port de Mombasa.

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