10/11/2011 à 08h:35 Par Tshitenge Lubabu M.K.
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un militaire de l'armée tchadienne. Un militaire de l'armée tchadienne. © AFP

Le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, a donné le coup d’envoi d’une opération de réorganisation de l’armée. Dans le viseur, des effectifs et un encadrement pléthoriques.

Moussoro est une localité située à quelque 300 km au nord-ouest de la capitale tchadienne, N’Djamena. Particularité : elle abrite le plus grand et le plus vieux centre d’instruction militaire du pays. C’est là que le président Idriss Déby Itno a lancé, le 22 octobre, une opération de « nettoyage » de l’armée.

Objectifs : dégraisser, réorganiser et professionnaliser les forces armées. L’effectif, dont il n’existe aucune estimation précise – les chiffres de 50 000 à 60 000 hommes sont avancés –, a été gonflé depuis la fin des années 1970, au gré des guerres civiles que le pays a connues, par l’intégration d’anciens partisans de différents chefs rebelles et de membres de clans ralliés au pouvoir central. « L’armée nationale tchadienne compte dans ses rangs des commerçants, des étudiants, des éleveurs, des femmes et des morts, énumère un collaborateur du chef de l’État. Recrutés par des hauts gradés et des commandants de régions militaires, ils ont été promus illégalement et frauduleusement aux grades d’officiers assimilés, c’est-à-dire de lieutenant à colonel. »

Les conditions sont maintenant réunies grâce à la réconciliation avec le Soudan, en février 2010.

Un collaborateur d'Idriss Déby Itno

Sur 12 000 hommes et femmes recensés par la commission de réorganisation des armées, moins de 5 000 ont été jugés aptes et envoyés dans des centres de formation. Les autres devront retourner à la vie civile. Ces exclus, qui n’auront droit à aucune indemnisation, ne vont-ils pas devenir un problème ? « Ils doivent plutôt s’estimer heureux de repartir sans être poursuivis pour avoir indûment touché des soldes », affirme le collaborateur d’Idriss Déby Itno.

Objectif : 30 000 hommes

Il aura donc fallu attendre six ans après les états généraux de l’armée, en avril 2005, pour voir un début de solution mis en place. Selon un proche du président, « les conditions sont maintenant réunies grâce à la réconciliation avec le Soudan, en février 2010 », car les multiples groupes armés qui opéraient à partir du territoire soudanais ont été neutralisés.

Si le processus de réduction des effectifs suit son cours, la future armée pourrait compter 30 000 hommes, comme le prévoyaient les conclusions des états généraux.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tchad

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se méfie[...]

Tchad : Mahamat Saleh Annadif, une affaire d'État

Accusé de complicité de détournement de fonds publics, l'ancien ministre des Affaires étrangères Tchadien, Mahamat Saleh Annadif, attend son procès. Et clame son innocence.[...]

CPI : après Taylor, à qui le tour ?

Le 26 avril, ils étaient nombreux, sur le continent, à suivre le verdict du procès de Charles Taylor. Et à se dire qu'ils pourraient bien un jour, comme l'ancien président libérien,[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Force d'intervention au Mali : la Cedeao patiente, pour combien de temps ?

Réunie à Dakar le 3 mai, la Cedeao a fait profil bas. Si elle se dit toujours favorable à l'envoi d'une force d'intervention, elle a précisé que l'opération ne se ferait pas sans le[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Sénégal - Tchad : et si avec Macky Sall le dossier Habré était enfin débloqué...

Jacqueline Moudeïna est présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'homme (ATPDH) et avocate des victimes de Hissène Habré depuis 2000.[...]

Tchad : Déby n'est pas pressé de s'engager au Nord-Mali

Pour chasser les rebelles touaregs de Gao et Tombouctou, plusieurs chefs d'État d'Afrique de l'Ouest regardent avec intérêt du côté du président tchadien, dont les talents militaires en zone[...]

Victoire de Hollande : quand le continent rêve d'enterrer la Françafrique

Comme Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande a promis de mettre fin à la "Françafrique" et d'instaurer des rapports sains entre l'Hexagone et les pays du continent. Ses actes seront-ils[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers