Si certains organes de gestion centralisés de la filière café-cacao prospèrent dans les pays concurrents de la Côte d'Ivoire, comme au Ghana, les Bourses ont le vent en poupe.
La volonté des autorités ivoiriennes de mettre en place un organe de gestion de la filière café-cacao relance le débat sur les outils de commercialisation des produits agricoles. L’Afrique francophone a connu une succession d’échecs des caisses de stabilisation ou de péréquation des prix, à l’image de la Caistab en Côte d’Ivoire. Pour compenser leurs pertes, elles ont dû être adossées à la Caisse française des produits d’outre-mer puis au système européen Stabex mais Français et Européens ont finalement refusé de les soutenir en raison de leur mauvaise gestion.
En Afrique anglophone, l’exemple du Ghana Cocoa Board (Cocobod) montre néanmoins que les organes de gestion public-privé peuvent fonctionner. Le Cocobod détermine le prix payé au producteur, régule le marché intérieur et sécurise l’achat, la certification, la vente et l’exportation des fèves.
D’autres systèmes, comme les Bourses agricoles, entièrement privées, connaissent un franc succès. C’est le cas de l’Ethiopia Commodity Exchange ou de la South African Futures Exchange, Bourse agricole de l’Afrique australe. Leur succès repose sur la mise en place d’entrepôts certifiés qui délivrent des certificats de dépôt pour les produits (quantité et qualité). La mise sur le marché se fait au niveau de la Bourse. Ce modèle repose sur la transparence, la fluidité des transactions et la bonne gouvernance. Il est également développé dans les autres régions du monde. On peut citer la Bourse des céréales de Buenos Aires ou le Singapore Commodity Exchange (Sicom).
Contrebande
L’Organisation internationale du cacao (ICCO) réalise actuellement une étude pour évaluer la possibilité de mettre en œuvre des Bourses du cacao dans les pays producteurs. Pour Paul-Harry Aithnard, directeur du groupe de recherche à Ecobank, les autorités ghanéennes et ivoiriennes auraient intérêt à réfléchir, avec leur secteur privé, à la mise en place d’une Bourse régionale du cacao. Les deux pays assurent entre 50 % et 60 % de la production mondiale. Cela permettrait d’éviter le commerce transfrontalier et illicite de fèves, d’accroître les plus-values des opérateurs nationaux et de réduire la spéculation sur les marchés internationaux.

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