Extension Factory Builder
03/11/2011 à 18:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Trente ans après sa détection, le virus du sida continue de menacer la vie de millions de gens. Trente ans après sa détection, le virus du sida continue de menacer la vie de millions de gens. © AFP/STR

Un médecin canadien a remonté la piste du virus jusqu’au cœur de l’Afrique centrale et montré comment, de hasards en négligences, le VIH s’est propagé aux États-Unis.

Tout commence aux alentours de 1921. D’après les datations moléculaires, c’est à cette date que le premier homme a été infecté par le virus du sida en Afrique centrale. Ce n’est que soixante ans plus tard que les autorités américaines commenceront à s’inquiéter d’une étrange maladie touchant les homosexuels.

Que s’est-il passé entre-temps ? C’est tout l’objet des recherches du Québécois Jacques Pépin. Dans son livre The Origins of AIDS (« Les origines du Sida »), dont l’International Herald Tribune s’est fait l’écho le 19 octobre, il s’emploie à retracer le chemin du virus. L’épidémie, explique-t-il, n’aurait jamais pu connaître une telle expansion sans l’aide – involontaire, mais tristement efficace – des médecins des puissances coloniales.

L’ancêtre du VIH ne se retrouve que chez une minorité de chimpanzés vivant entre le Cameroun et la RD Congo. Il n’a donc pu initialement se transmettre qu’à un très petit nombre de chasseurs locaux qui étaient blessés au moment où ils sont entrés en contact avec un singe contaminé. Pour le scientifique, qui a fouillé les archives coloniales françaises, belges, britanniques et portugaises, ces premiers porteurs n’ont pu être que trois, tout au plus.

Avec un foyer initial aussi restreint, il est selon lui mathématiquement impossible que l’épidémie ait pu atteindre l’ampleur actuelle à cause des seules transmissions sexuelles. Au premier rang de ses « amplificateurs » probables : les campagnes de vaccination intensives menées avec du matériel réutilisé. Ayant travaillé au Zaïre au début des années 1980, le docteur Pépin estime, avec le recul, que lui-même a pu provoquer involontairement la contamination de certains patients.

Haïti

Restait à comprendre comment le virus avait franchi l’Atlantique. Et là encore, Jacques Pépin a une hypothèse. Dans les années 1960, l’ONU envoie déjà au Congo de nombreux bureaucrates et enseignants. Des milliers d’Haïtiens sont recrutés pour l’occasion. Il est probable, poursuit le scientifique, qu’un seul d’entre eux ait ramené le virus à Port-au-Prince, vers 1966, qui a alors bénéficié de deux facteurs favorables à son développement : l’existence d’un centre de don de plasma sanguin, qui exportait sa collecte vers les États-Unis, et le tourisme homosexuel américain. Les patients recevant fréquemment des transfusions sanguines et la communauté gay seront les premiers Américains touchés. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique Subsaharienne

Burkina Faso : le paludisme a encore tué plus de 7600 personnes en 2013

Burkina Faso : le paludisme a encore tué plus de 7600 personnes en 2013

Le paludisme a moins tué au Burkina l'an dernier que l'année précédente mais y a encore fait quelque 7 600 morts sur près de sept millions de cas enregistrés, a indiqué jeudi le Pro[...]

RDC : bilan toujours incertain dans l'accident de train au Katanga

Selon le bilan définitif officiel publié jeudi soir par le gouvernement congolais, 48 personnes ont été tuées et 160 autres blessées dans l'accident de train qui s'est produit en[...]

Les 10 Africains les plus influents du monde selon le magazine "Time"

Comme chaque année, l'hebdomadaire américain "Time" a publié mercredi le classement des 100 personnalités les plus influentes de la planète. Parmi elles, dix Africains dont la[...]

Soudan du Sud : le Conseil de sécurité brandit la menace de sanctions

Le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé jeudi d'émettre des sanctions ciblées contre les responsables d'exactions au Soudan du Sud.[...]

Hery Rajaonarimampianina : "C'est moi qui décide" à Madagascar

Deux mois et demi après son investiture, le chef de l'État, Hery Rajaonarimampianina, a enfin nommé un Premier ministre. Retour sur un acte par lequel il s'affranchit de son prédécesseur[...]

Tchad : la métamorphose ?

Profitant d'une stabilité retrouvée et de ses revenus pétroliers, le Tchad se transforme en profondeur. Grands travaux, relations d'affaires, consommation... Tout bouge.[...]

Angélique Kidjo : "Les femmes sont la colonne vertébrale de l'Afrique"

Bourrée d'énergie, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo enchaîne les albums et les missions humanitaires. Dans son treizième opus, elle loue la beauté des Africaines et[...]

Cameroun : prison express pour Bapès Bapès

Vingt-quatre heures. C'est le temps passé par Louis Bapès Bapès, ministre des Enseignements secondaires, derrière les barreaux avant de reprendre son travail comme si de rien n'était.[...]

Soumaïla Cissé : "IBK n'a pas de feuille de route" pour le Mali

Réconciliation, sécurité, justice... Soucieux de ne pas "hurler avec les loups", l'opposant numéro un à Ibrahim Boubacar Keïta, Soumaïla Cissé, n'en a pas moins[...]

Centrafrique : la Russie et la Chine bloquent les sanctions de l'ONU contre Bozizé

La Russie et la Chine refusent pour le moment que les Nations unies imposent des sanctions contre des dirigeants centrafricains, dont l'ancien président François Bozizé.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces