Extension Factory Builder
25/10/2011 à 13:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
BLaise Campaoré, le président burkinabè, accueilli à Taipei (Taiwan) le 8 octobre. BLaise Campaoré, le président burkinabè, accueilli à Taipei (Taiwan) le 8 octobre. © D.R.

Le 10 octobre, Taiwan et la Chine ont célébré chacun de leur côté le centenaire de la République de Chine. L’occasion, pour les frères rivaux, de compter leurs alliés.

Divisés depuis la victoire des communistes en 1949 et la fuite des nationalistes sur l’île de Formose, Chinois et Taïwanais ont célébré chacun de leur côté le centième anniversaire de la révolution de 1911, qui a vu naître la République de Chine. Le 9 octobre, Hu Jintao, le président chinois, a une nouvelle fois appelé les deux rives à « une réunification pacifique ». Le lendemain, Ma Ying-jeou, son homologue taïwanais, a repoussé son offre. « Nous maintenons le statu quo », a-t-il répondu, avant d’appeler Pékin à accepter l’existence de son pays. Des prises de parole plutôt modérées, à l’image de l’apaisement diplomatique et du rapprochement économique constatés depuis l’élection de Ma Ying-jeou, en 2008.

Ce réchauffement, l’Afrique en est un témoin privilégié. Longtemps, les deux Chine ont rivalisé sur le continent. À partir des années 1980, Pékin exige de ses partenaires qu’ils reconnaissent le principe d’une seule Chine. Au début des années 1990, Taiwan résiste et « gagne » huit États, dont le Burkina en 1994. Mais au fil des ans, la petite république (23 millions d’habitants) a vu plusieurs pays africains lui tourner le dos : le Lesotho en 1994, l’Afrique du Sud et le Niger en 1996, la Centrafrique et la Guinée-Bissau en 1998, le Sénégal, le Tchad et le Malawi en 2005 et 2006…

Depuis trois ans, les deux frères ennemis asiatiques s’efforcent de normaliser leurs relations. « La Chine n’essaie plus de séduire nos alliés, et vice versa », se réjouissait l’an dernier Zhang Ming-zhong, l’ambassadeur de Taiwan au Burkina. Il faut dire qu’ils ne sont plus guère nombreux : aujourd’hui, seuls vingt-trois pays dans le monde reconnaissent Taiwan, dont quatre en Afrique. Et, hormis le Burkina, ce sont de petits États : la Gambie (1,7 million d’habitants), le Swaziland (1,12 million) et São Tomé e Príncipe (212 000).

Prédatrice

Cela n’empêche pas Taipei de les choyer. Si, en 2008, l’aide publique au développement ne représentait que 0,11 % de son PNB, soit 430 millions de dollars (310 millions d’euros), la coopération de Taiwan, essentiellement dirigée vers les infrastructures de base, est appréciée. « Elle est souple, concrète, et n’est pas prédatrice comme peut l’être l’aide chinoise », juge un expert en développement.

C’est au Burkina, où son aide s’élève à 18,5 millions d’euros par an, que son action est le plus visible. Avec ses 16 millions d’habitants et son influence sur toute la région ouest-africaine, on comprend que le « pays des hommes intègres » soit cher à Taipei. Blaise Compaoré, le président burkinabè, était d’ailleurs l’invité d’honneur des festivités du 10 octobre. « Pour nous, le Burkina est un symbole, car c’est le pays ami le plus peuplé, et le deuxième en superficie », explique Zhang Ming-zhong. Combien de temps cette exception pourra-t-elle durer ?

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Continental

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Sondage : faut-il reporter la CAN 2015, la déplacer ou l'annuler à cause d'Ebola ?

Se jouera-t-elle ou pas ? À quelle date ? Où ? Les rumeurs vont bon train au sujet de la Coupe d'Afrique des nations, prévue en janvier 2015 au Maroc mais menacée par l'épidémie d'Ebola.[...]

L'OIF aux Africains !

Moins de six semaines nous séparent de l'élection du nouveau secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Les 57 chefs d'État ou de gouvernement[...]

Bling-bling : mariage fastueux, mariage malheureux...

Alors que les cérémonies nuptiales africaines sont des démonstrations de force financière, une récente étude américaine indique qu’une bague de fiançailles trop[...]

Orrick s'installe officiellement à Abidjan

Exclusif - Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président et le patron Afrique d'Orrick expliquent pourquoi ce géant mondial du droit avec 1100 avocats dans 25 pays a choisi la capitale[...]

[Diaporama] : Dix chefs ou rois traditionnels puissants du Sud du Sahara

Sur le continent, il ne reste qu'une seule monarchie absolue contrôlant un État internationalement reconnu. Mais les chefferies et les royautés traditionnelles n'ont pas disparu pour autant, surtout en Afrique[...]

CAFF : les femmes aussi jouent au football !

Depuis, le 11 octobre, se déroule à Windhoek, capitale de la Namibie, le Championnat d’Afrique de football féminin (CAFF) qui est aux femmes ce que la Coupe d’Afrique des nations (CAN) est aux[...]

Art contemporain : 1:54, la petite foire qui monte, qui monte...

La deuxième édition de l'unique foire européenne consacrée à l'art contemporain africain se tient à Londres du 15 au 19 octobre. Et fait beaucoup parler d'elle.[...]

Bolloré Africa Logistics : fin de règne pour Dominique Lafont ?

 Dominique Lafont pourrait quitter son poste à la tête de Bolloré Africa Logistics pour "prendre des fonctions élargies et transversales" au sein de la maison mère, le groupe[...]

Carte interactive : ces événements menacés ou annulés à cause d'Ebola

Depuis le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en décembre 2013, une dizaine d'événements ont été annulés sur le continent. D'autres, censés se[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers