19/10/2011 à 11h:00 Par Stéphane Ballong
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le siège d'Ecobank à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Le siège d'Ecobank à Abidjan, en Côte d'Ivoire. © AFP

Avec deux nouvelles acquisitions, au Ghana et au Nigeria, Ecobank s’impose peu à peu sur ses principaux marchés ouest-africains. Objectif : figurer dans le trio de tête de chaque pays où il est présent.

D’abord The Trust Bank au Ghana, ensuite Oceanic Bank au Nigeria. En juillet, en l’espace de deux semaines, Ecobank a annoncé coup sur coup deux opérations majeures sur les deux principaux marchés de son réseau. Deux acquisitions, actuellement en cours de bouclage, qui doivent lui permettre de se hisser en tête de peloton dans chacun de ces pays et de franchir un nouveau cap dans sa stratégie : figurer parmi les trois premiers établissements dans chacun de ses trente pays d’implantation.

« Nous avons aujourd’hui atteint cet objectif dans quinze pays », affirme Laurence do Rego, administratrice exécutive chargée de la finance, du risque et du contrôle interne. D’ici à 2012, c’est surtout au Nigeria que le groupe aura réalisé la plus grande avancée. Sur ce marché, le plus grand d’Afrique subsaharienne, où Ecobank réalise près de 25 % de ses revenus, le rachat d’Oceanic Bank (4,8 milliards d’euros de total de bilan en 2010) propulse sa filiale locale dans les cinq premières banques du pays. Du quatorzième rang en termes d’actifs gérés, Ecobank Nigeria, avec 2,3 milliards d’euros de total de bilan en 2010, va désormais passer à la cinquième place, avec un total de bilan de près de 7,2 milliards d’euros. Par les dépôts, la nouvelle entité viendra en quatrième position ; par le nombre d’agences, estimé à plus de 600, au deuxième rang. C’est justement sur ce potentiel, couplé à une politique commerciale agressive, qu’Ecobank mise pour rejoindre rapidement le trio de tête.

Au Ghana, où la croissance du PIB devrait atteindre 13,5 % en 2011 et où Ecobank a réalisé environ 48 millions d’euros de bénéfice net en 2010, le groupe s’apprête également à voir ses parts de marché fortement augmenter. À Accra, il est sur le point de prendre le contrôle de The Trust Bank (300 millions d’euros de total de bilan), qui devra fusionner avec Ecobank Ghana. La nouvelle entité passera ainsi de la quatrième à la deuxième position.

Avec ces deux acquisitions, Ecobank devrait peser près de 15 milliards d’euros de total de bilan en 2012, contre 9,1 milliards actuellement. Ces opérations seront notamment financées par une émission d’actions, grâce à une autorisation obtenue auprès des actionnaires en 2008 pour lever près de 2,3 milliards d’euros. Plus de 375 millions ont depuis été mobilisés, reste une marge de 1,9 milliard. Il n’y aura donc pas de nouvelle levée de fonds, contrairement à ce qui a été indiqué dans la presse.

Leadership

Outre le Ghana et le Nigeria, le groupe parvient à gagner des parts sur d’autres marchés importants. En Côte d’Ivoire, il se classe deuxième, derrière la SGBCI et devant la BIAO Côte d’Ivoire. Au Sénégal, Ecobank est sur la troisième marche, derrière la CBAO (groupe Attijariwafa Bank) et la SGBS.

« Au cours de ces deux dernières années, la banque a réussi à prendre le leadership dans des pays comme le Mali, le Tchad, la Centrafrique, le Burkina… », indique-t-on à la direction du groupe. Ecobank Burkina est ainsi devenu numéro un en 2010, après avoir racheté en 2008 la Banque nationale agricole et commerciale du Burkina (BACB), pour 13 millions d’euros.

Mais si, globalement, Ecobank, qui a réalisé douze acquisitions au cours de ces quatre dernières années, semble plutôt bien s’en sortir en Afrique de l’Ouest, le groupe panafricain doit encore s’imposer au centre et dans l’est du continent. Notamment au Cameroun et au Kenya, où ses filiales sont respectivement classées sixième et dix-septième. 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Continental

Tennis : les Africains de Roland Garros

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du te[...]

Piraterie : pourchassés, les flibustiers somaliens changent de tactique

Ils sévissaient surtout le long des côtes somaliennes. Traqués de tous côtés, les flibustiers écument désormais de plus en plus les eaux du golfe de Guinée et changent de[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Afrique-Amérique du Sud : le Brésil aux premières loges

Prévu les 15 et 16 mai, le sommet Afrique-Amérique du Sud a été reporté sine die. Mais si ses voisins latino-américains manquent d'empressement, le Brésil s'implante[...]

France : l'AFD satisfaite de l'exercice 2011

Malgré une stabilisation des engagements sous la barre des 7 milliards d'euros l'an passé, le directeur général de l'Agence française de développement, Dov Zehra, s'est [...]

France : Hélène Le Gal, nouvelle "Madame Afrique"

Récusée comme ambassadrice de France au Rwanda, la diplomate Hélène Le Gal revient au premier plan par la grande porte : celle de l'Élysée, version Hollande.[...]

Hollande et l'Afrique : un continent, sept priorités

Le candidat Hollande en a très peu parlé durant la campagne. Mais un certain nombre de sujets devraient rapidement s'imposer à lui.[...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Mali - Soudan du Sud : Amadou Ousmane Guitteye, gardien du ciel africain

Passionné d'aviation civile depuis toujours, le Malien Amadou Ousmane Guitteye est en passe de faire entrer un 19e État (le Soudan du Sud) dans l'Agence pour la sécurité de la navigation[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers