Extension Factory Builder
26/09/2011 à 14:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le Premier ministre Carlos Gomes Junior se propose d'accueillir Mouammar Kaddafi. Le Premier ministre Carlos Gomes Junior se propose d'accueillir Mouammar Kaddafi. © AFP

Le Premier ministre de Guinée-Bissau, Carlos Gomes Junior, offre l’asile à l’ancien dictateur. Au grand dam des Européens, mais avec la bénédiction de ses concitoyens.

Ni assassinat politique ni spectaculaire saisie de drogue. Si, début septembre, la Guinée-Bissau a fait parler d’elle, c’est pour son sens de l’hospitalité. Le 9, le Premier ministre Carlos Gomes Junior a déclaré que Mouammar Kaddafi, s’il le souhaitait, serait le bienvenu dans son pays.

Cette invitation, bien qu’elle n’ait pas été confirmée par la présidence, préférant garder ses distances avec cet « ami » devenu infréquentable, n’est pas passée inaperçue. Elle a suscité en coulisses l’irritation de quelques partenaires occidentaux. On se souvient que, fin 2010, l’Union européenne avait réduit la dette extérieure de la Guinée-Bissau de 1,2 milliard de dollars (905 millions d’euros) et que, en mai dernier, le Club de Paris a annulé une dette de 256 millions de dollars (178 millions d’euros) en valeur nominale.

Kaddafi, le bienfaiteur

Selon un officiel bissau-guinéen, la position du Premier ministre est néanmoins compréhensible, car « la population admire Kaddafi ». « Elle voit en lui un panafricaniste et un ami », dit-il. « Il a apporté la lumière », témoigne un habitant de la capitale qui se souvient qu’un don de gasoil à la centrale électrique alimentant Bissau avait mis fin, pour un moment, aux délestages. Le « Guide » a également financé la construction de deux unités de décorticage de noix de cajou, dans ce petit pays pauvre où 95 % de la population rurale vit de leur culture. Tripoli a en outre entrepris la construction et la réfection d’hôtels ainsi que d’infra-structures militaires.

En 2009, peu après l’assassinat du président João Bernardo Vieira, Mouammar Kaddafi avait même effectué une visite éclair à Bissau. « Il est arrivé à bord d’un jet. Il y avait aussi deux Hercule C-130 chargés de dizaines de berlines françaises destinées aux officiers de l’armée. Il n’est pas sorti de l’aéroport, mais tout le gouvernement s’était déplacé », raconte un diplomate en poste dans la capitale à l’époque.

Après la proclamation officielle de l’indépendance de la Guinée-Bissau, en 1974, la Libye fut l’un des premiers États à y ouvrir une ambassade, ainsi qu’un centre culturel, rapidement fermé. Les autorités reprochaient à ce dernier de verser dans le prosélytisme avec la distribution massive du fameux Livre vert écrit par le chef de la Jamahiriya.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Sénégal - Guinée : je t'aime, moi non plus

Article précédent :
Lettre de Tunis

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Guinée Bissau

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leurs territoires. Grâce à une carte [...]

La diversité religieuse ? Une richesse inéquitablement répartie

Chrétiens, juifs, musulmans, animistes, athées... Sur Terre, ce n'est pas la diversité qui manque. Une enquête recense les pays où elle est le plus forte. Première en Afrique, la[...]

Guinée-Bissau : face à face entre José Mario Vaz et Nuno Gomes Nabiam au second tour

José Mario Vaz, du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, principal parti du pays), affrontera le candidat de l'armée, Nuno Gomes Nabiam, le 18 mai, au second[...]

Élections en Guinée-Bissau : importante mobilisation avec au moins 70 % de participation

La participation aux élections présidentielle et législatives pourrait dépasser les 70 %. Les résultats sont attendus dès mercredi.[...]

La Guinée-Bissau a voté en masse pour tourner la page des putschs

Les électeurs de Guinée-Bissau ont voté massivement et calmement dimanche pour la présidentielle et les législatives, en espérant qu'elles permettront de tourner la page des coups[...]

La Guinée-Bissau vote dans l'espoir de tourner la page des coups d'État

Les électeurs de Guinée-Bissau ont commencé dimanche à voter à une présidentielle et des législatives dont ils espèrent qu'elles permettront de tourner la page des coups [...]

Guinée-Bissau : élections générales deux ans après un putsch

Les électeurs de Guinée-Bissau ont commencé à voter dimanche à une présidentielle et des législatives devant ramener l'ordre constitutionnel deux ans après un[...]

Vincent Foucher : "En Guinée-Bissau, beaucoup de politiques sont aussi des hommes d'affaires"

D'après le chercheur français Vincent Foucher, analyste à l'International Crisis Group, la mainmise de l'État de Guinée-Bissau sur les leviers de l'économie freine le[...]

Trafic de cocaïne et commerces illicites, bienvenue dans la Bissau Connection

Alors que l'économie de la Guinée-Bissau est sinistrée et que l'État sombre chaque jour un peu plus, le trafic de cocaïne et les commerces illicites prospèrent. Peu de chances que la[...]

Cinéma indépendant : "La bataille de Tabatô", de João Viana, à revoir les 6 et 11 avril à Paris

Le premier film de João Viana, "La Bataille de Tabatô", est rediffusé sur les écrans parisiens, les 6 et 11 avril, à l'occasion du festival organisé par l'Association du[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers