Extension Factory Builder
13/09/2011 à 17:40
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jusqu'à présent, la Mauritanie ne compte que deux télévisions et deux radios publiques. Jusqu'à présent, la Mauritanie ne compte que deux télévisions et deux radios publiques. © AFP

Cinq radios et cinq télévisions privées pourront bientôt être créées en Mauritanie. Une ouverture qui met fin à 50 ans de monopole d’État.

La libéralisation de l’audiovisuel mauritanien est enfin en marche. Le 23 août, Hamdi Ould Mahjoub, le ministre de la Communication, a annoncé que le gouvernement allait autoriser la création, avant fin 2011, de cinq radios et de cinq télévisions privées. Il a remis très officiellement le cahier des charges au président de la Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel (Hapa) du pays.

Parmi les mesures phares, la création d’une société de télévision indépendante, qui garantira les mêmes conditions de diffusion aux opérateurs publics et privés. L’annonce n’est pas vraiment une surprise, puisque le projet de loi avait été adopté le 2 juillet 2010 par l’Assemblée nationale mauritanienne. En mars dernier, le chef de l’État, Mohamed Ould Abdelaziz, avait annoncé la libéralisation du secteur et la fin de cinquante ans de monopole d’État sur les ondes. La Mauritanie compte deux chaînes publiques de télévision – la TVM, qui émet aussi par satellite, et TVM Plus – ainsi que deux radios publiques. Les télévisions et les radios privées diffusent pour l’heure uniquement sur internet. « Les médias ont été bâillonnés pendant des années, alors comment va se concrétiser cette libéralisation ? » s’interroge Moussa Ould Hamed, directeur de publication du journal Bilad

Citoyenneté

Officiellement, la Hapa – instance indépendante du gouvernement – lancera les appels d’offres, étudiera les dossiers et donnera son avis. Si celui-ci est favorable, le gouvernement signera alors la licence. Abdoulaye Diagana, créateur de la webradio généraliste Kassataya il y a deux ans, a reçu un exemplaire du cahier des charges. « Rien n’est encore définitif, mais nous savons déjà que les radios et télévisions vont devoir s’exprimer dans les quatre langues nationales, explique-t-il. Et, pour obtenir la licence, nous allons devoir nous constituer en société de droit mauritanien, avec plusieurs actionnaires. » Les professionnels des médias redoutent déjà que les ministères n’interviennent en amont sur les dossiers, a fortiori pour les télévisions et les radios associatives. Pour le moment, l’autorisation concernant ces médias communautaires a été remise à plus tard. « Pour forger la culture citoyenne, on aurait pourtant dû commencer par là, regrette Diagana. Par exemple, la radio Kalima, en Tunisie, a joué un rôle important pendant le Printemps arabe. »

Si les professionnels des médias restent prudents, c’est parce que les difficultés ont été nombreuses lorsque la presse écrite a été libéralisée, en 1991. « On pouvait censurer n’importe quel journal, sur la base d’un article de loi fourre-tout, en cas d’atteinte à l’islam, à la sûreté de l’État ou aux mœurs, prévient Moussa Ould Hamed. J’espère que leur bataille sera moins difficile que la nôtre ! » Abdoulaye Diagana, dont la société est domiciliée en France, envisage pourtant de rejoindre son équipe installée en Mauritanie. D’ici à début septembre, il va déposer une demande de licence. « On ne peut pas continuer à s’asseoir sur notre envie de s’exprimer. Nous devons rendre la société mauritanienne plus citoyenne. »

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

1 réaction(s)

1.
Abou Othmane - 14/09/2011 à 13h:09

Bon vent ![...] Lire

Toutes les dépèches

Réagir à cet article

Mauritanie

Opposition mauritanienne : Ould Daddah et Ould Boulkheir ne raccrochent pas

Opposition mauritanienne : Ould Daddah et Ould Boulkheir ne raccrochent pas

Même s'ils ont dû renoncer à leurs ambitions présidentielles en boycottant le scrutin de juin, les opposants Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir ne raccrochent pas les gants.[...]

Hollande prépare le lancement de l'opération Barkhane à N'Djamena

L’opération "Barkhane", du nom de la nouvelle configuration stratégique de l’armée française dans le Sahel qui devrait mobiliser 3 000 soldats environ, sera officiellement[...]

Mali : accord de Ouagadougou, retour sur un an de blocages

La première phase de négociations de paix directes entres les autorités maliennes et les groupes armés du Nord est censée s'ouvrir d'ici à la mi-juillet à Alger. Avant que les[...]

Du Sénégal à la Tunisie, ramadan et grande bouffe !

De l'assiette à la télévision, impossible d'échapper au ramadan, qui impose son rythme à l'ensemble de la communauté musulmane. Paradoxalement, au Sénégal, la[...]

Mohamed Ould Abdelaziz : "Nous avons éliminé la menace jihadiste" en Mauritanie

Confortablement réélu lors d'un scrutin boycotté par l'opposition, le chef de l'État mauritanien se prévaut d'un bilan "positif", notamment en matière de lutte[...]

Mohamed Ould Abdelaziz officiellement réélu président en Mauritanie

Le Conseil constitutionnel mauritanien a confirmé dimanche la large victoire du président Mohamed Ould Abdelaziz à l'élection présidentielle du 21 juin. L'unique recours déposé[...]

Mohamed Ould Abdelaziz : "Nous avons éliminé la menace jihadiste"

Fraîchement réelu à la tête de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz s'est livré à "Jeune Afrique" à travers une longue interview où il analyse le contexte[...]

Mauritanie : Mohamed Ould Abdelaziz réélu avec près de 82 % des voix

Sans surprise, Mohamed Ould Abdelaziz a été réélu à la tête de la Mauritanie à l'issue du scrutin présidentiel organisé le 21 juin dans le pays. Le chef de[...]

Mauritanie : Mohamed Ould Abdelaziz vers sa réélection

La Mauritanie attendait dimanche les résultats de la présidentielle au lendemain d'un scrutin sans incidents que, sauf énorme surprise, le chef de l'État sortant Mohamed Ould Abdelaziz devrait[...]

Présidentielle mauritanienne : à Nouakchott, dans l'attente des premiers résultats provisoires

Un peu plus d’1,3 million de Mauritaniens étaient appelés à élire leur nouveau président en Mauritanie, le 21 juin. Reportage dans les bureaux de vote de Nouakchott.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers