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25/08/2011 à 15:27
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Un bar de la 'rue Princesse', le 14 mai 2011 dans le quartier de Yopougon, à Abidjan. Un bar de la "rue Princesse", le 14 mai 2011 dans le quartier de Yopougon, à Abidjan. © Sia Kambou/AFP/Archives

En rasant les maquis et les boîtes de nuit de la rue Princesse, le gouvernement d’Alassane Ouattara a pris le risque de s’attaquer à un mythe qui a traversé les époques et les régimes.

Des gravats entassés dans un coin, des tôles froissées, des hommes qui enlèvent des planches jonchant l’entrée du Métropolis… Ce 10 août, la rue Princesse ressemble à un champ de bataille. Seul vestige du passé : l’enseigne lumineuse du night-club. Devant le Cyclone Bar, une ex-serveuse pleure bruyamment son emploi perdu. Cinq jours plus tôt, dans le cadre de l’opération « Pays propre », lancée par le gouvernement et qui vise à démolir toute construction « anarchique » aux abords des routes, un bulldozer furieux a mis brutalement fin à un mythe vieux de deux décennies.

L’histoire de la rue Princesse commence en 1990. Doukouré Moustapha, alors maire de Yopougon, veut créer un lieu de rassemblement pour les noceurs de la « commune de la joie ». Il choisit une vallée de 2 km, située entre les carrefours Keneya et Bel Air, et baptise cette rue… Princesse. Les atours de la belle ? Boissons à gogo, mets locaux en abondance, musiques à déchirer les tympans, ambiance de fête permanente, mais aussi drogue, insalubrité et prostitution dans les maquis, les bars et les night-clubs. « Dans les années 1990, se souvient Serge-Alex Bléhiri, un journaliste culturel, c’était le passage obligé des artistes zouglou, surtout après la sortie, en 1993, du film Rue Princesse, d’Henri Duparc. » Certains maquis (le Pouvoir, la Nouvelle Écriture) deviennent des lieux de rendez-vous incontournables. Très courtisée à la tombée de la nuit, la Princesse est fréquentée par des milliers d’Abidjanais et de touristes.

Un petit tour

En 2002, en plein conflit armé, de nouvelles attractions font leur apparition. Disc-jockeys également chanteurs de coupé-décalé, bars VIP avec salons privés, écrans plasma… la rue acquiert une renommée internationale qui pousse l’ambassadeur des États-Unis en Côte d’Ivoire à y faire un petit tour. En mars 2008, le président Laurent Gbagbo et Jack Lang, l’ancien ministre français de la Culture, s’offrent une virée nocturne controversée au Queens ; la rue Princesse, qui fait pourtant partie du patrimoine culturel ivoirien, tombe alors sous le feu des critiques. Le 5 août, le mythe a volé en éclats. Mais les travaux de réfection de certains bars qui commencent portent déjà à croire que la légende n’est pas terminée. 

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