Depuis l’annonce d’une nouvelle politique d’indigénisation au Zimbabwe, le marché s’est remis à douter.
Harare retient son souffle. À quelques mois d’une probable élection générale, et en pleine polémique sur la mise en place de la politique d’indigénisation (qui limite à 50 % le poids capitalistique des étrangers), la place financière craint les soubresauts politiques. Pendant dix ans, en pleine récession, la Bourse a vu son développement stopper, devenant un simple refuge des épargnants locaux contre une inflation à six chiffres. Totalement dollarisée depuis le début de 2009 – ce qui signifie que le dollar américain y a cours légal, comme dans le reste de l’économie –, elle a commencé à retrouver sa place parmi les marchés financiers africains de premier ordre. L’année dernière, certaines valeurs ont connu des performances proprement stupéfiantes, comme National Tyre Service (+ 140 %) ou Zimplow (+ 120 %), tandis que les investisseurs étrangers augmentaient nettement leur participation au marché, de 20 % à près de 50 % des volumes d’échange quotidien.
Attentisme
Mais la nouvelle politique d’indigénisation, annoncée début 2010, paralyse désormais le développement du marché, dont la capitalisation stagne à 4,5 milliards de dollars (environ 3,1 milliards d’euros). La liquidité a chuté de 2 millions à 1 million de dollars par jour. Malgré l’amélioration très nette des performances économiques des entreprises cotées, les investisseurs restent plus attentistes qu’ils ne devraient l’être dans une économie dont le taux de croissance s’est élevé à 9 % en 2010.
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