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15/08/2011 à 12:25
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François Hollande, à l'Assemblée nationale, le 25 juillet. François Hollande, à l'Assemblée nationale, le 25 juillet. © Vincent Fournier pour J.A.

François Hollande est le favori pour la primaire socialiste du mois d’octobre. Et bien placé dans les sondages pour battre Nicolas Sarkozy en 2012. À ceux qui l’accusent de mal maîtriser les grands dossiers internationaux, le député de la Corrèze s’efforce d’apporter ici la preuve du contraire.

François Hollande est en vacances. Deux semaines pendant lesquelles il compte décompresser, fêter, le 12 août, son 57e anniversaire aux côtés de sa compagne, la journaliste Valérie Trierweiler, rencontrer, histoire de ne pas perdre la main, quelques militants et futurs électeurs – « mais pas trop, je ne veux pas les embêter » –, et recharger ses accus pour une rentrée qui s’annonce chaude.

Les 9 et 16 octobre, le député de la Corrèze affrontera au cours d’une « primaire citoyenne » les autres candidats socialistes à l’élection présidentielle de mai 2012. Rien n’est gagné, il le sait. Même si l’ancien premier secrétaire du PS continue de caracoler en tête des sondages, selon lesquels il est le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy au second tour, il lui reste à s’imposer face à Martine Aubry et à Ségolène Royal, son ex-compagne, lors d’une consultation préalable ouverte à tous les Français et dont le résultat est loin de lui être acquis.

En attendant, François Hollande travaille ses points réputés faibles, notamment sa maîtrise des grands dossiers internationaux. Et c’est aussi parce qu’il tient à démontrer que ce déficit est un mauvais procès qu’il a souhaité, avant de partir en vacances, rencontrer Jeune Afrique. L’interview a été recueillie le 25 juillet à Paris, dans son bureau à l’Assemblée nationale.

Jeune Afrique : On vous fait souvent deux reproches : vous n’avez jamais été ministre, et la politique étrangère n’est pas votre tasse de thé. Qu’en dites-vous ?

François Hollande : Le premier part d’un fait, je n’ai pas été ministre. Le second d’un préjugé : pour ce qui me concerne, je ne distingue pas la politique étrangère de la politique intérieure. C’est la France dont il est question. J’ai été premier secrétaire du Parti socialiste pendant dix ans, ce qui m’a conféré une expérience internationale irremplaçable. J’ai, en cette matière, des positions bien établies, lesquelles n’ont pas eu besoin de changer selon les circonstances. Comme candidat à l’élection présidentielle, j’ai à prendre des engagements et à prôner des changements dans la conduite de la politique extérieure menée depuis des années par la France, y compris par des gouvernements de gauche.

Henri Guaino, son conseiller, affirme que la gestion des grandes crises de ce monde a changé Nicolas Sarkozy, en lui redonnant une dimension historique…

Nicolas Sarkozy prétend toujours qu’il change chaque fois qu’il est en difficulté. Mais à force de le proclamer, il reste toujours davantage lui-même. C’est bien là son problème. La nouveauté, c’est qu’en 2007, il se prétendait en rupture avec ses prédécesseurs, et qu’en 2012, il veut l’être par rapport à lui-même. En définitive, il se présentera avec son bilan et son bilan parlera pour lui.

Vous avez déclaré il y a un an que Sarkozy gérait l’Afrique avec des méthodes d’un autre temps, alors qu’il avait annoncé la rupture. Le répéteriez-vous aujourd’hui ?

Oui, et avec plus de force encore. Même si je reconnais qu’Alain Juppé ne fait pas partie de l’entourage proche de Nicolas Sarkozy, la présence de Claude Guéant à l’Intérieur, la volonté du président de gérer lui-même la relation avec l’Afrique et la persistance d’un certain nombre d’intermédiaires me confirment que les réseaux demeurent.

Robert Bourgi ?

Par exemple, mais il n’est pas le seul.

Ce n’est pas très flatteur pour Alain Juppé et son prédécesseur, Bernard Kouchner : les ministres des Affaires étrangères n’ont pas la main sur l’Afrique ?

Jean-Marie Bockel, l’ancien ministre de la Coopération, en a fait les frais. Dès qu’il a évoqué la Françafrique, son sort était scellé. Bernard Kouchner a laissé penser qu’il pouvait changer la donne par sa seule présence au ministère, mais c’est lui qui a été changé. Quant à Alain Juppé, je ne peux pas dire qu’il soit très présent en Afrique.

François Fillon a dit à Libreville que la Françafrique n’a « plus aucune réalité dans le monde d’aujourd’hui ». Êtes-vous d’accord ?

Je le souhaite ! Je prends cette déclaration comme une évolution, une volonté d’en terminer avec ce qu’a fait le président depuis bientôt cinq ans. Mais je ne crois que ce que je vois, et nous verrons bien si les réseaux et les connivences sont abolis.

Les chefs d’État africains traditionnellement amis de la France ont-ils à redouter votre élection ?

Nous ne cherchons pas à déstabiliser des pays africains et leurs dirigeants. Nous voulons clarifier nos rapports et ceux-ci doivent se fonder sur trois principes.

Le principe de légitimité, tout d’abord : nous reconnaissons les États, nous saluons les responsables qui ont été élus démocratiquement et qui gouvernent dans le respect des libertés et des droits de l’homme. Le principe du renforcement de nos relations, ensuite, notamment dans le domaine de l’aide au développement, car je considère que le continent africain est un continent d’avenir.

Enfin, nous faisons confiance aux Africains pour régler les questions qui les concernent directement : la médiation africaine doit toujours être la procédure privilégiée pour régler les crises.

Où est la rupture avec la politique africaine de Nicolas Sarkozy ?

Je ne tiendrai pas de discours comme ceux, profondément blessants, sur l’homme africain, qu’a tenus Nicolas Sarkozy. J’en terminerai avec ces rapports de domination, d’influence et d’affairisme pour les amis du pouvoir. Je ne m’érigerai pas en donneur de leçons, mais je défendrai l’idée que la démocratie, les valeurs de progrès et de liberté valent partout dans le monde et notamment en Afrique.

L’affaire des biens mal acquis semble s’enliser. Êtes-vous favorable à une relance de la procédure judiciaire ?

Ce sera à la justice, sans entraves et en toute indépendance, de mener les investigations permettant d’établir la vérité sur ces biens. Il appartiendra ensuite de les restituer aux peuples lésés.

En Côte d’Ivoire, les images de l’arrestation de Laurent Gbagbo vous ont-elles choqué ?

Le fait qu’il ait été arrêté ne m’a pas choqué. Il s’était mis en marge d’un processus démocratique qu’il avait pourtant accepté. Il a entravé la proclamation des résultats et empêché le président élu de s’installer au pouvoir : il s’était mis hors jeu. Mais je ne suis jamais pour l’humiliation. Je suis pour la justice, et les justices ivoirienne et internationale sont saisies. Dès octobre 2004, j’ai considéré que Laurent Gbagbo avait transgressé un certain nombre de principes, et le fait qu’il avait des engagements socialistes me heurtait encore davantage. J’ai donc considéré que la meilleure position pour le Parti socialiste était de prendre ses distances avec lui. La suite des événements m’a donné raison.

Emmanuelli, Loncle, Cambadélis, Josselin, Lang, Le Guen… Ils sont nombreux vos camarades qui ont soutenu Gbagbo presque jusqu’au bout. Les excusez-vous ?

Ils ont dû penser que Laurent Gbagbo allait l’emporter et qu’il n’aurait pas besoin de contester les résultats. C’était lui faire doublement confiance. Je ne me plains pas d’avoir été plus lucide, mais la page est désormais définitivement tournée.

La France devait-elle soutenir militairement l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara ?

La France était mandatée par l’ONU, en rapport permanent avec l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Elle devait protéger ses ressortissants, mais pas seulement. En revanche, c’était aux Ivoiriens et à eux seuls de faire prévaloir le résultat des urnes. Cela dit, je considère que la France doit maintenant retirer ses troupes de Côte d’Ivoire. Sa présence n’y est plus nécessaire.

Libéral et proche de Nicolas Sarkozy, le président Ouattara n’est pas de vos amis…

Je n’ai aucune affinité politique avec Alassane Ouattara, mais, si je deviens président, j’aurai à travailler avec lui comme avec d’autres. C’est le propre des démocraties.

La récente tentative du président sénégalais Abdoulaye Wade de modifier la Constitution vous a-t-elle choqué ?

Évidemment. Faire en sorte qu’un président puisse être élu avec 25 % des suffrages n’est pas un procédé acceptable. Il faut rappeler à Abdoulaye Wade que, lorsqu’il s’opposait à Senghor ou à Abdou Diouf, il défendait des principes dont il s’éloigne aujourd’hui.

Estimez-vous envisageable que son fils, Karim, lui succède ?

C’est une tentation dynastique qui saisit un certain nombre de chefs d’État dans le monde et dont ils feraient bien de se départir. Ce n’est pas parce que la Syrie, la Corée du Nord et le Gabon l’ont fait que d’autres doivent s’en inspirer. On voit ce qui est arrivé en Égypte, où le président Moubarak pensait ce genre de transmission possible.

Peut-on se représenter quand on a 85 ans ?

C’est au peuple sénégalais de le dire. Ce n’est pas à un Français de fixer des limites d’âge pour les chefs d’État étrangers.

En Libye, vous avez approuvé le recours à la force contre Kadhafi. N’a-t-on pas dépassé les termes de la résolution 1973 ?

J’étais favorable à l’intervention de la France et d’autres pays, sous mandat de l’ONU, pour empêcher Kadhafi d’écraser la rébellion. J’ai même regretté que la décision des Nations unies intervienne si tard. Aujourd’hui, il faut rentrer dans un processus politique. L’objectif est de négocier pour que Kadhafi sorte du jeu et qu’une coalition assez large prenne en main les destinées de la Libye.

Le départ de Kadhafi est-il un préalable ?

C’est en tout cas l’objectif.

Que pensez-vous du rôle déterminant de Bernard-Henri Lévy auprès de Nicolas Sarkozy dans cette affaire ?

Ce n’est pas nouveau. C’est une tradition française qui, au cours de notre histoire, a vu des intellectuels s’engager pour soutenir un certain nombre de principes et de causes. Mieux vaut cependant éviter la confusion des genres, et je ne veux pas croire que Nicolas Sarkozy ait pris sa décision sous l’influence de tel ou tel.

Estimez-vous que Nicolas Sarkozy a été suffisamment ferme vis-à-vis du régime syrien ?

Les sanctions à l’égard de la Syrie n’ont pas été prises comme elles auraient dû l’être. La responsabilité est collective. Je regrette profondément l’inertie de certains pays au sein du Conseil de sécurité des Nations unies au regard des arrestations, des morts, de l’attitude fermée du clan au pouvoir. Je n’oublie pas les ambiguïtés et les connivences, pendant longtemps, du parti de Nicolas Sarkozy à l’égard d’Assad père et fils. Je n’oublie pas davantage le fait que le seul pays représenté à haut niveau pour l’investiture de Bachar al-Assad fut la France. Je garde en mémoire la réception de Kadhafi à l’Élysée, en 2007. Je n’oublie rien. L’empressement de Nicolas Sarkozy en Libye visait à occulter deux fautes qu’il avait commises : la visite grotesque du colonel à Paris et le silence des autorités françaises à l’égard de la Tunisie, quand s’est déclenché le « printemps arabe ». C’est la politique du rattrapage.

Êtes-vous inquiet quant à l’avenir de la Tunisie ?

Je suis allé en Tunisie et je tiens à saluer ce qui s’y produit. J’ai vu la vitalité démocratique de ce pays, mais aussi ses difficultés économiques liées notamment à la baisse des recettes touristiques et d’exportation. J’ai aussi compris combien la Tunisie était affectée par la guerre en Libye et par les mouvements de réfugiés. Pour moi, le G8 a été trop frileux sur l’aide à lui apporter. Celle-ci ne doit pas s’étaler sur cinq ans mais être immédiate. Sur le plan politique, je souhaite que les partis d’inspiration démocratique – voire sociale-démocrate – s’unissent pour former un gouvernement après les élections d’octobre.

Craignez-vous une percée des islamistes d’Ennahdha ?

Ennahdha a accepté les principes reconnus par la Constitution tunisienne. Je m’en tiens là pour l’instant.

Pourquoi l’Algérie semble-t-elle à l’écart du « printemps arabe » ?

Il y a eu des secousses en ce sens, mais l’Algérie se souvient de la guerre civile. D’ailleurs, il s’y produit encore des actes terroristes. L’idée de la concorde nationale demeure. L’Algérie doit pourtant faire un double effort de progrès démocratique et de justice économique, par le biais notamment d’un partage plus équitable de la rente pétrolière et gazière.

La France doit-elle formuler des excuses pour son passé colonial ?

Je souhaite que les choses soient dites. Nous allons célébrer en 2012 le cinquantième anniversaire de l’indépendance algérienne : ce sera l’occasion de rappeler ce qu’est le passé, l’Histoire et ses douleurs multiples. Il ne faut pas nous figer dans une commémoration qui sera forcément différente dans l’évocation du souvenir en Algérie et en France. Nous devons être dans une relation de confiance mutuelle et dans la construction de projets communs. Tant de liens humains, culturels et économiques nous unissent…

Le Maroc va-t-il dans le bon sens ?

Oui, c’est incontestable. La nouvelle Constitution élargit le potentiel démocratique du Maroc. Il faut le saluer, mais il reste des étapes à franchir et des risques à conjurer : il y a, au Maroc, une population qui souffre de trop fortes inégalités.

À J – 60 du vote à l’ONU sur la création d’un État palestinien, quelle est votre position ?

Il serait souhaitable qu’Israël fasse un geste avant la réunion de l’Assemblée générale, pour bien montrer que le processus de négociation peut reprendre. Ce vote serait autant une victoire symbolique qu’un constat d’échec du processus de paix. Les Israéliens comme les Palestiniens n’échapperont pas à une négociation sur un traité d’ensemble.

Redoutez-vous une montée des populismes en Europe ?

Les populismes sont là ! Les mouvements d’extrême droite ont progressé partout en Europe avec deux thèmes de prédilection : la dénonciation de l’islam comme nouvelle menace et la contestation de la construction européenne elle-même. Même s’ils changent en apparence, ces partis développent des thèses de haine qui peuvent impressionner les esprits déséquilibrés.

Marine Le Pen est-elle dangereuse ?

Marine Le Pen est parfaitement sur la ligne des extrêmes droites européennes. Elle a repris ce qui a fait le succès d’un certain nombre de ces partis, y compris en Europe du Nord : l’islam, nouvelle peur ; et l’Europe, nouvelle cible.

Quelle serait votre politique en matière d’immigration ?

Je veux que nous adoptions des principes qui ne fluctuent pas selon les circonstances. L’immigration légale représente en France environ 200 000 personnes chaque année. Une partie provient du regroupement familial, un droit reconnu, même s’il faut lutter contre les abus. Les étudiants étrangers qui viennent en France constituent le deuxième courant migratoire, ils sont une chance pour nous. Il faudrait que, chaque année, en liaison avec les universités, le Parlement puisse fixer un nombre d’étudiants à accueillir. L’immigration économique, troisième courant migratoire, ne représente que 20 000 personnes. C’est sur celle-ci que le gouvernement veut faire peser des mesures restrictives, changeant d’ailleurs de discours depuis l’immigration choisie. Je propose donc un débat annuel au Parlement pour fixer le volume de cette immigration économique, en liaison avec les secteurs professionnels concernés.

Quelles différences y a-t-il entre votre programme et celui de Martine Aubry ?

Nous portons le même projet. Mais chacun des candidats a un ordre de priorités qui n’est pas forcément le même : j’insiste personnellement sur la jeunesse. Il y a aussi des instruments que nous valorisons davantage l’un que l’autre : la réforme fiscale est pour moi préalable à toutes les autres réformes. Et puis, chacun a sa conception de la présidence de la République. J’ai évoqué la présidence normale pour mieux insister sur la présidence anormale de Nicolas Sarkozy et sur la nécessité de mieux faire fonctionner nos institutions, de mieux respecter les pouvoirs et les citoyens. Enfin, il y a des différences de personnalités : choisir le candidat à la primaire, c’est choisir, je l’espère, le prochain président de la République.

Pourquoi les dirigeants socialistes passent-ils une partie de leur temps à se dénigrer mutuellement ?

C’est une tendance française que les socialistes ont, c’est vrai, amplifiée. Deux personnages se sont imposés dans l’histoire récente du PS : François Mitterrand et Lionel Jospin. Depuis que le second a quitté la vie politique, il y a dix ans, une course à la succession s’est engagée ; elle trouvera son terme en 2012. La primaire donnera, je l’espère, le nom du successeur de François Mitterrand, seul socialiste à avoir été élu président de la République.

Jacques Chirac vote-t-il pour François Hollande ?

Il faut le lui demander ! Il a eu un trait d’humour, et je n’irai pas vérifier, le moment venu, dans l’isoloir. Mais cette formule a eu au moins le mérite de convaincre les électeurs qui avaient voté Nicolas Sarkozy en 2007 dans l’espoir d’une rupture de faire un autre choix en 2012.

L’exclusion de Dominique Strauss-Kahn fait-elle vos affaires ?

Elle fait une affaire en tout cas… Je m’étais préparé depuis plusieurs mois à être candidat à la présidence de la République, sans me préoccuper de savoir qui j’aurais en face de moi pour la primaire du PS. J’ai longtemps pensé que ce serait Dominique Strauss-Kahn, mais il en est empêché. Ce sera donc Marine Aubry et d’autres candidats socialistes : Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Je ne me détermine pas par rapport aux autres. Je me présente devant les Français non seulement pour savoir qui est le meilleur socialiste, mais surtout pour savoir qui peut être le meilleur président pour la France en 2012.

Vous voyez-vous dans neuf mois à l’Élysée ?

Je me suis engagé sur le chemin pour y parvenir.

Quelle sera votre première mesure ?

Conduire la réforme fiscale. Parallèlement, je réunirai trois conférences. L’une avec les collectivités locales pour franchir une nouvelle étape de la décentralisation, indispensable pour l’animation de nos territoires. La deuxième avec les partenaires sociaux, pour répartir les responsabilités de l’État et des acteurs sociaux afin de mener certaines réformes indispensables de l’entreprise, du droit du travail et de la protection sociale. La troisième sera consacrée à un grand débat sur l’énergie.

Sur le plan international, il y aura deux actes à poser. L’un avec l’Allemagne, afin d’organiser une relation confiante et durable. L’autre avec l’Afrique, pour que nous puissions avoir des principes établis entre le nouveau président de la République française et les chefs d’État africains.

Comptez-vous voyager entre la primaire et l’élection ?

Oui, je réfléchis à plusieurs déplacements, notamment en Afrique.

Vouloir être un président normal, pensez-vous que cela mobilise les Français ?

Je pense que les Français veulent marquer leur défiance à l’égard de l’actuel président de la République non seulement pour la politique qu’il a menée, mais aussi pour sanctionner un comportement qui a été considéré à bien des égards comme exorbitant, excessif, parfois même extravagant.

Les Français ne sont-ils pas habitués aux présidents anormaux ?

Pour devenir président de la République, il faut des qualités exceptionnelles. Être un président normal ne veut pas dire être un président ordinaire, mais un président qui remettra de la stabilité, de la cohérence, de la constance, du respect et de l’exemplarité dans l’exercice de sa fonction.

Pensez-vous avoir ces qualités ?

J’y travaille.

Certains de vos détracteurs disent que vous « ne faites pas président »…

On ne fait président que lorsque l’on a été élu président. Et encore, il peut y avoir des exceptions.

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Propos recueillis par François Soudan et Laurent de Saint Périer

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