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25/07/2011 à 16:30
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'Peu d'entreprises industrielles ont un tel volume d'affaires en Afrique'. "Peu d'entreprises industrielles ont un tel volume d'affaires en Afrique". © D.R

Pour le « Monsieur Afrique » du constructeur européen, les compagnies locales, qui doivent renouveler leur flotte, sont appelées à acquérir de plus en plus d’appareils. Une aubaine pour le groupe, qui détient déjà 65 % du marché africain des avions de ligne neufs.

En Afrique, le constructeur européen est leader sur le marché des avions de ligne, mais cela ne représente que 3,5 % des 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires du groupe en 2010. Et sur les ventes records engrangées par Airbus lors du dernier salon du Bourget (France), fin juin (730 commandes d’avions, pour 49,5 milliards d’euros), aucune ne venait d’Afrique. Mais le continent est une terre d’avenir pour le constructeur. Hadi Akoum, qui veille depuis six ans au développement des ventes en Afrique, nous explique pourquoi.

Jeune Afrique : Que représente l’Afrique pour Airbus ?

Hadi Hakoum : Depuis cinq ans, nous réalisons en moyenne un chiffre d’affaires annuel de 1,4 milliard d’euros sur le continent, soit environ 25 avions : 15 au sud du Sahara, 10 au nord. Il y a peu d’entreprises industrielles qui peuvent se targuer d’un tel volume d’affaires en Afrique. Au total, 180 appareils Airbus, achetés ou loués, sont opérés par des compagnies africaines.

Nous détenons 65 % du marché des avions de ligne neufs : nos A319 et A320 [entre 120 et 150 passagers, NDLR], capables d’effectuer des liaisons vers l’Europe et le Moyen-Orient, séduisent notamment grâce à leur faible consommation, point essentiel pour les compagnies qui veulent baisser leurs coûts d’exploitation.

Qui sont vos meilleurs clients ?

South African Airways est un partenaire majeur. Le groupe a récemment acquis des A330 et se rééquipe en A320. Nous avons aussi tissé des liens commerciaux solides avec Kenya Airways, Ethiopian Airlines et Air Mauritius. Ces compagnies, bien gérées, ont pu se développer grâce à un appui financier de leurs États, conscients de l’importance du transport aérien pour développer le tourisme et les exportations. Elles ont su utiliser une position géographique idéale, à proximité du Moyen-Orient et de l’Europe ou de l’Afrique australe. En Afrique du Nord, terre de tourisme, des transporteurs comme Tunisair, qui a commandé des A350 en 2008, sont également de bons clients, même si cette année aucun contrat n’a été signé en raison des bouleversements politiques.

Mais en dehors de ceux achetés par ces grands groupes, les appareils africains sont d’abord des avions d’occasion et de location…

C’est vrai, la plupart des compagnies n’ont pas suffisamment de liquidités pour acheter des appareils neufs. Mais nous travaillons avec les loueurs d’avions, qui sont aussi nos plus grands clients, pour que les transporteurs leur prennent des Airbus. Ainsi, quand ils seront financièrement plus solides, ils auront une préférence pour nous. Le fait que Sénégal Airlines, Cabo Verde Airlines, ou encore Air Nigeria et First Nation Airways, aient choisi de louer des Airbus en 2011 est donc une excellente nouvelle !

En ce qui concerne les appareils d’occasion, on compte aujourd’hui 350 avions de plus de 17 ans au sud du Sahara. Or exploiter un avion ancien coûte plus cher en carburant, dont le prix a beaucoup monté…Quand les compagnies auront réussi à stabiliser leur gestion, elles achèteront donc de nouveaux appareils. D’ici à cinq ou dix ans, le marché africain du neuf va croître considérablement !

Craignez-vous la concurrence chinoise ? Les avions du constructeur Avic seront bientôt sur le marché…

Ses appareils ne seront pas disponibles avant 2014. Ensuite il faudra qu’il décroche ses premiers contrats et que les compagnies se forment à l’utilisation de ces avions. Cela prendra du temps, mais il faudra surveiller ce nouveau concurrent, c’est évident.

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Propos recueillis par Christophe Le Bec

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