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07/07/2011 à 11:45
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New Hampshire, le 2 juin. L'ex-gouverneur du Massachusetts, lors de l'annonce de sa candidature. New Hampshire, le 2 juin. L'ex-gouverneur du Massachusetts, lors de l'annonce de sa candidature. © Brian Snyder/Reuters

Parmi les candidats à l’investiture du Parti républicain pour la présidentielle américaine de 2012, Mitt Romney fait figure de favori. Mais c’est compter sans le travail de sape lancé par ses rivaux.

Ils sont déjà neuf républicains – en attendant, peut-être, Sarah Palin et Rick Perry, le gouverneur du Texas – à vouloir se mesurer au président sortant le 6 novembre 2012. Dans cette course à l’investiture, Mitt Romney est un candidat « raisonnable ». Défenseur d’un conservatisme modéré, il pourrait séduire ces électeurs du centre qui décideront de la présidentielle de 2012. Au même titre que ses rivaux Jon Huntsman, ex-ambassadeur d’Obama en Chine, et Tim Pawlenty, ancien gouverneur du Minnesota. Mais Romney a l’avantage d’être plus connu.

Les autres candidats préfèrent rivaliser de démagogie. Quand ils ne souffrent pas d’un manque de crédibilité (tel l’Africain-Américain Herman Cain, ancien patron d’une chaîne de pizzerias et novice en politique) ou de visibilité (tel le falot Rick Santorum, ex-sénateur de Pennsylvanie, ou Gary Johnson, ex-gouverneur du Nouveau-Mexique). Newt Gingrich, célébrité républicaine, est quasiment hors course depuis que son équipe de campagne a démissionné pour protester contre son manque d’implication. Quant à la candidature du libertarien Ron Paul, elle est anecdotique.

Millionnaire, ancien gouverneur du Massachusetts, Willard Mitt Romney, 64 ans, a de solides atouts. Bien fait de sa personne, implanté sur la scène politique (il a perdu de justesse aux primaires de 2008 face à John McCain), doté d’un réseau et d’un trésor de guerre déjà notables, celui qui a sauvé de la faillite les Jeux olympiques de 2002 de Salt Lake City dispose d’une carte maîtresse dans une économie américaine en plein marasme : son expérience de businessman.

Le credo du businessman

« Obama a ruiné l’Amérique, avec ses politiques à l’européenne. Ça ne marche pas, ici. Moi, je crois en l’Amérique, la libre entreprise, le capitalisme », répète à l’envi Romney, par ailleurs très discret sur les sujets de politique étrangère. À la différence d’un Huntsman, qui, lui, fait valoir son expérience internationale, ou d’un Pawlenty, seul candidat opposé au retrait accéléré des troupes américaines d’Afghanistan.

Les derniers sondages donnent pour l’instant raison à Romney. Si l’élection avait lieu aujourd’hui, il serait légèrement en tête devant Obama. Sa victoire aux primaires est pourtant loin d’être acquise. Romney souffre de plusieurs handicaps. Froid, emprunté, il a du mal à électriser les foules. Maladroit, aussi. Croyant faire un bon mot lors d’une rencontre à Tampa avec des chômeurs, il a déclaré qu’il était lui aussi à la recherche d’un emploi. Un peu raide, dans un pays confronté à un chômage de masse inédit (16 millions d’Américains sont concernés).

Surtout, le centre de gravité du Parti républicain s’est nettement déplacé vers la droite avec l’émergence du Tea Party. Et pourrait choisir un candidat de cette tendance, telle Michele Bachmann, égérie ultraconservatrice du Tea Party. Cette chrétienne fervente, mère de cinq enfants – elle en a aussi recueilli vingt-trois placés par les services sociaux –, a fait sensation lors du débat télévisé qui a eu lieu entre tous les candidats, à la mi-juin, dans le New Hampshire.

Trop modéré

Pour le Tea Party, Romney est trop « light ». Il tente donc de donner des gages à la base conservatrice. Hier en faveur du droit à l’avortement, il se dit maintenant pro-life. Il fait profil bas sur son appartenance mormone, que les évangéliques ne voient pas d’un bon œil. Son talon d’Achille reste l’assurance maladie universelle (la « Romneycare »), directement inspirée de la réforme d’Obama tant honnie des républicains, qu’il a mise en place dans le Massachusetts quand il était gouverneur et qu’il traîne comme un boulet. Il précise désormais que sa création est du seul ressort des États, se positionnant sur la même ligne que tous les autres candidats : sus à Washington et à son « big government ».

Cela suffira-t-il ? Rien n’est moins sûr. En manque de champion – Romney n’a qu’une légère avance dans les sondages –, le camp républicain est instable, travaillé par ses éléments les plus rétrogrades. Difficile de prédire qui sortira vainqueur des primaires, dont la première étape aura lieu en janvier 2012 dans l’Iowa. Pour Romney, parti très tôt en campagne, la route va être longue. 

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