Extension Factory Builder
28/06/2011 à 17:33
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Amin Maalouf a été élu le 23 juin à l'Académie française. Amin Maalouf a été élu le 23 juin à l'Académie française. © Vincent Fournier/J.A.

L’écrivain d’origine libanaise Amin Maalouf a été élu, le 23 juin, à la prestigieuse Académie française. Jeune Afrique a recueilli ses premières impressions à chaud, quelques heures après cette consécration.

Une élection de sénateur ! C’est au premier tour, avec dix-sept voix contre trois à son seul véritable concurrent, le philosophe Yves Michaud, que l’écrivain d’origine libanaise Amin Maalouf, un ancien de Jeune Afrique, a été élu le 23 juin à l’Académie française. Au fauteuil – s’il vous plaît ! – de l’illustre ethnologue Claude Lévi-Strauss. Ainsi, après avoir reçu le prix Goncourt en 1993 pour son roman Le Rocher de Tanios, l’auteur des Croisades vues par les Arabes (1983) et de Léon l’Africain (1986) rejoint-il le petit cercle prestigieux des quarante immortels.

Voici ses premières impressions, recueillies à chaud quelques heures seulement après cette consécration qu’il a vécue dans les locaux des éditions Grasset. Et qui, manifestement, l’a ravi, l’emportant, selon ses propres termes, dans « un tourbillon de lumière ».

Jeune Afrique : Pourquoi avoir voulu rejoindre l’Académie ?

Amin Maalouf : Cela fait sens, évidemment, pour quelqu’un qui consacre sa vie à l’écriture ! Et c’est une institution sans équivalent. J’aime sa pérennité, sa tradition, sa longue histoire. Et ses rituels. Les rituels sont importants à mes yeux. C’est surtout un lieu qui maintient la solennité de la culture. Laquelle, surtout aujourd’hui et particulièrement en France, a besoin d’être défendue.

L’Académie, disent ses critiques, c’est un repaire de vieux…

Mais je n’ai rien contre les vieux  ! Jacqueline de Romilly, une grande amie, qui aurait été très contente, je le sais, de me voir la rejoindre à l’Académie, avait 97 ans quand elle a disparu tout récemment. Et elle me paraissait très jeune.

Qu’est-ce qui vous rattache à l’histoire de l’Académie ou aux académiciens ?

Il y a beaucoup de moments très beaux dans l’histoire de l’Académie. En particulier quand elle n’a pas manqué de courage à des moments importants face au pouvoir, à sa façon subtile. Que ce soit face à Louis XIV, à Colbert, à Napoléon III et même sous l’occupation allemande. Et il y a beaucoup de noms prestigieux parmi les académiciens. Me vient facilement à l’esprit celui d’Ernest Renan, qui a été une grande figure au Liban et qui a occupé le siège qui m’est destiné. Ou de Senghor, bien sûr, que j’ai pu connaître personnellement et dont l’entrée à l’Académie avait eu de l’importance à mes yeux.

Occuper le fauteuil de Lévi-Strauss, cela revêt-il une signification particulière ?

C’est très stimulant. Et très intimidant. Quand je faisais mes études, en sociologie, il était au programme dès la première année ! Pour préparer mon discours de réception, je vais devoir passer un long moment avec ses livres et essayer de tenir un certain niveau. Et puis, maintenant que je me prépare à occuper son siège, je compte bien défendre sa mémoire et son œuvre. Mais ses travaux me parlent immédiatement car j’en partage l’inspiration profonde, celle qui consiste à défendre l’égale dignité de toutes les civilisations.

Cette élection va changer votre vie, votre travail… Cela met-il en danger vos projets d’écriture, comme l’ouvrage sur les changements actuels dans le monde arabe que vous aviez en projet ?

Je vais sûrement devoir m’organiser autrement, être plus souvent à Paris, quasiment toute l’année, puisque j’ai bien l’intention de participer sérieusement aux travaux de l’Académie. Mais je ne vais pas renoncer à écrire. Surtout ce livre dont vous parlez et que je compte bien finir de rédiger cet été.

______

Propos recueillis par Renaud de Rochebrune.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

France : un gouvernement enfin cohérent, mais si fragile !

France : un gouvernement enfin cohérent, mais si fragile !

Après l'éviction d'Arnaud Montebourg et des ministres frondeurs, le gouvernement Valls II va pouvoir mener une politique ouvertement sociale-libérale. Ce changement de cap peut-il lui permettre de retr[...]

Racisme italien et humour de ses victimes

Quelle est la part d’humour dans le bras de fer entre le Congolais Clément Kikoko Kyenge et le président du Sénat italien Roberto Calderoli ? “Sans rire”, le second accuse le premier[...]

Santé : un test rapide et peu coûteux pour détecter le paludisme

Un nouveau test rapide et peu coûteux pour détecter le paludisme a été mis au point par des chercheurs de Singapour et des États-Unis. La maladie tropicale coûte la vie à 600 000[...]

Cisjordanie : Israël s'empare de 400 hectares de terres

Les autorités israéliennes ont annoncé, dimanche, le lancement d’une procédure d’appropriation de 400 hectares de terres situées en Cisjordanie, dans le secteur de Bethléem.[...]

Référendum

En brumeuse Écosse le 18 septembre, mais surtout, en ce qui nous concerne, au Burkina, dans les deux Congo, au Rwanda et au Burundi, cinq pays où pourraient être organisées dès 2015[...]

Inde : de la syrah au pays de Shiva

Alors que la consommation nationale de vin est en pleine croissance, plusieurs producteurs locaux commencent à se faire un nom. Parmi eux, Sula Vineyards, qui s'apprête à exporter... en France.[...]

Italie : le père de Cécile Kyenge a-t-il (vraiment) ensorcelé Roberto Calderoli ?

Connu notamment pour ses insultes racistes, Roberto Calderoli a affirmé mardi que le père de Cécile Kyenge l'avait ensorcelé. Et le sénateur italien dit détenir des preuves de ses[...]

France - Libye : Sarkozy, Kadhafi et la piste malienne

Comme l'a révélé J.A. en exclusivité, les juges qui enquêtent sur le financement de la campagne de l'ex-président français en 2007 ont adressé une demande d'entraide[...]

Élite africaine : l'École des riches, euh... des roches !

Cet établissement français, où une année d'internat coûte plus de 25 000 euros, accueille depuis toujours les fils et les filles de personnalités africaines. À ce tarif,[...]

François Hollande : "Bachar al-Assad ne peut pas être un partenaire de la lutte contre le terrorisme"

Lors de son discours annuel devant les ambassadeurs, jeudi, le président français, François Hollande, a affirmé qu'il refusait coopération avec le gouvernement de Bachar al-Assad pour lutter[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex