Depuis de longs mois, il était déjà numéro deux dans l'ordre protocolaire.
© Fiacre Vidjingninou/AFP
La création du poste de chef du gouvernement était une promesse de campagne du candidat Boni Yayi, réélu en mars à la tête de l’État béninois.
« En pratique, il en assumait les fonctions depuis longtemps, commente un observateur de la vie politique béninoise. Maintenant, il en a le titre. » Depuis le 28 mai, Pascal Irénée Koupaki, 60 ans, est Premier ministre du Bénin. Pas sûr que cela change grand-chose dans le fonctionnement du pays : l’ex-ministre d’État chargé de la Prospective, du Développement, de l’Évaluation des politiques publiques et de la Coordination de l’action gouvernementale était déjà numéro deux dans l’ordre protocolaire béninois. « “Monsieur la Rigueur”, comme le surnomment certains de ses concitoyens, est un homme respecté de tous pour sa probité », témoigne Zachari Baba Body, ex-ministre chargé des Relations avec le Parlement. Même dans l’opposition, on salue son côté « structuré, organisé et réfléchi ».
Récompense
Ce poste de Premier ministre est une promesse de campagne du candidat Boni Yayi, mais aussi un moyen de respecter les équilibres régionaux : Pascal Koupaki est originaire de la ville côtière de Ouidah. De quoi satisfaire l’électorat sudiste, qui s’est prononcé pour le président sortant lors de l’élection du mois de mars. Cette nomination est aussi une récompense pour ce technocrate, fidèle parmi les fidèles de Boni Yayi depuis 2006. Les gouvernements se sont succédé, mais lui est resté. Ministre de l’Économie et des Finances (2006), ministre de la Prospective et du Développement (2007), ministre d’État (2009)… Les intitulés se sont allongés, sans que jamais Koupaki ne tente de faire de l’ombre à son mentor, délaissant même la présidence de son parti, l’Union pour le développement du Bénin nouveau (UDBN).
Rompu à l’art de la négociation, c’est lui que l’on envoie au charbon. Qu’il s’agisse de discuter avec les partenaires sociaux ou les bailleurs de fonds. C’est encore lui qui préside les Conseils des ministres, enchaîne les réunions avec les directeurs centraux et vérifie les dossiers.
Premier ministre donc. Mais en pratique, les choses sont plus compliquées. Jamais la possibilité d’inscrire le poste dans la Constitution n’a été évoquée. C’est Boni Yayi lui-même qui a choisi les vingt-cinq autres membres du nouveau gouvernement. Ce qui ne manque pas de provoquer des remarques acerbes. « Ce sera comme avant : Boni Yayi prendra des décisions, et Pascal Koupaki devra se mettre en quatre pour les exécuter. Ou, comme par le passé, prendre les coups à sa place », analyse un journaliste local.

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