Réélu confortablement dès le premier tour, le président seychellois a d’ores et déjà marqué de son empreinte l’archipel de l’océan Indien.
Qu’elles semblent loin les années 1970 et 1980, quand les Seychelles étaient régulièrement agitées par des tentatives de coup d’État et des intrusions de mercenaires. Aujourd’hui, le paysage politique de l’archipel aux 115 îles ressemble à un long fleuve tranquille. Le 21 mai, le président sortant, James Michel, a été confortablement réélu à l’issue d’une campagne sans relief et d’un scrutin sans remous. Le candidat du parti au pouvoir depuis 1977, le Lepep (ex-SPPF), l’a emporté dès le premier tour avec 55,4 % des suffrages. Son principal opposant, Wavel Ramkalawan (Seychelles National Party), a recueilli 41,4 % des voix.
« Ensemble, nous allons créer ces Nouvelles Seychelles [« En nouvo Sesel » était le slogan de sa campagne, NDLR] dans la paix et l’harmonie, respectueuses de la diversité des opinions », a déclaré le vainqueur, avant d’assurer qu’il poursuivrait les réformes engagées ces dernières années, lesquelles, si elles ont permis au pays d’éviter la banqueroute, en ont laissé quelques-uns sur le carreau. « Elles étaient devenues indispensables, plaide Victor, un partisan de Michel. Nous lui faisons confiance. »
« So british »
C’est peu dire que les Seychellois connaissent leur président. Depuis le coup d’État de France-Albert René, en 1977, James Michel, 66 ans, cordial et mesuré, qui affiche un flegme « so british » et un fort patriotisme, fait partie des meubles du régime d’obédience socialiste. En trente-quatre ans, cet enseignant de formation n’a jamais quitté le pouvoir. Plusieurs fois ministre (Éducation, Intérieur, Défense, Finances), il devient vice-président en 1996. En 2004, c’est naturellement vers son dauphin que René, démissionnaire en raison de son âge avancé, se tourne.
« Les Seychelles d’aujourd’hui ont été façonnées par James Michel, sans accroc, tout en souplesse », explique un collaborateur du président. C’est lui qui, dans les années 1990, a négocié le virage de la démocratisation ; lui qui, en 2008, a entrepris de libéraliser l’économie de l’archipel. Depuis trois ans, Michel s’est donné deux nouveaux objectifs : anéantir la piraterie dans les eaux seychelloises et faire de son pays un précurseur en matière d’écologie. Il lui reste cinq ans pour y parvenir.

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