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06/06/2011 à 15:59
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Les pays du G8 se sont engagés à aider les États arabes. Les pays du G8 se sont engagés à aider les États arabes. © Jewel Samad/AFP

Lors du sommet de Deauville, les pays riches du G8 se sont engagés à aider les États arabes. Mais à une condition : qu’ils se démocratisent.

Réunis à Deauville (France) pour le sommet du G8, huit pays parmi les plus riches du monde (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie) ont tenté de se racheter une conduite, après des années de complicité avec les dictatures du continent. Le 27 mai, ils ont proclamé leur soutien « aux aspirations du printemps arabe », déclarant « avoir entendu la voix des citoyens » désireux de vivre dans « des sociétés démocratiques et ouvertes ». Ils ont invité à leurs travaux les trois derniers présidents élus de façon régulière à la tête d’États subsahariens, Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Alpha Condé (Guinée) et Mahamadou Issoufou (Niger), les donnant ainsi en exemple.

En présence du Premier ministre tunisien, Béji Caïd Essebsi, et de son alter ego égyptien, Essam Charaf, a donc été lancé le « partenariat de Deauville » destiné à aider les pays arabes « en transition démocratique » à sortir de leur récession et de leur chômage endémique. Les banques multilatérales (Banque européenne d’investissement, Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Banque africaine de développement, Banque islamique de développement) apporteront 20 milliards de dollars sous la direction de la Banque mondiale, les pays riches 10 autres milliards à titre bilatéral, tout comme les États du Conseil de coopération du Golfe.

Nicolas Sarkozy a dit souhaiter étendre ce partenariat « à tous les pays qui veulent se libérer de leurs chaînes ». Il est donc proposé à tous ceux qui espèrent toucher les dividendes sonnants et trébuchants de la démocratie. Il est taillé sur mesure pour les pays qui ne produisent pas de pétrole et dont les populations vivent douloureusement la montée des cours des matières premières. En plus de l’Égypte et de la Tunisie (qui a besoin de 25 milliards de dollars), le Maroc, la Jordanie, la Syrie et le Liban sont concernés. Le Fonds monétaire international (FMI) a évalué à 160 milliards de dollars les besoins de financement de ces pays d’ici à 2013. Lui-même se dit prêt à en fournir 35 milliards. Cette pluie de dollars ne donnera pas lieu à des dons, les pays concernés n’appartenant pas à la catégorie des économies « les moins avancées », à laquelle ces dons sont réservés. Elle prendra la forme de prêts à des taux préférentiels ou de garanties données aux gouvernements pour leur permettre de lever sur les marchés les fonds nécessaires.

Maux chroniques

Les ministres des Finances et des Affaires étrangères des pays ciblés se réuniront avant la fin de juin avec leurs homologues du G8 pour préciser le contenu des programmes à élaborer. Mais on sait déjà que cet argent servira à soulager les budgets mis à mal par les troubles qui ont entraîné la chute des dictateurs et leurs conséquences : tarissement des recettes touristiques, arrêt des investissements étrangers.

À plus long terme, le G8 ambitionne de financer les réformes juridiques, sociales et économiques qui s’imposent pour venir à bout des maux dont souffrent les pays arabes : opacité des affaires, justice à géométrie variable, hypertrophie de secteurs publics inefficaces, inadaptation des formations professionnelles, chômage pouvant atteindre 30 % chez les jeunes. Sans oublier des frontières communes toujours fermées et des échanges régionaux anémiques.

David Lipton, le conseiller du président Obama pour le commerce extérieur, a souligné l’une des raisons pour lesquelles les pays du « printemps arabe » obtiennent 1,5 point de croissance de moins que la moyenne des pays en développement : « Voilà une région peuplée de 420 millions d’habitants, qui, hors pétrole, exporte autant que la Suisse et ses 8 millions d’habitants. » Une longue marche commence pour réintégrer le monde arabe dans le concert économique mondial.

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